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Là, là, mon pauv' vieux, que désastre!
Gn'cn a pas d' pareil sous les astres, Et faut qu' ça soit moi qui voye ça?
Et dir' que nous v'ià, toi z'et moi, Des boufle-la-guign', des citoyens Qu' ont pas V moyen d'avoir d' moyens,
Et que j' suis là, moi, bon couillon, A t' causer, à t' fair' du chagrin, Et que j' sens qu' tu vas défaillir Et que j'ai mêm' rien à t'offrir, Pas un verre... un bol de bouillon!
Ohé, les beaux messieurs et dames Qui poireautez dans les Mad'leines, Curés, évoques, sacristains, Maçons, protestants, tout1 la clique, Maqif rcaux d' vot' Dieu, ne ! catholiques, Envoyez-nous un bout d'hostie :
Gn'a Jésus-Christ qui meurt de faim!
— Et pourtant, vrai, c' qu'on caus' de toi ï (Ah ! faut voir ça dans les églises, Dans les jornaux, dans les bouquins !) Tout 1' monde y bouff' de ton cadavre (Mêm' les ceuss qui t'en veul'nt le plus !)
Sous la meilleur' des Républiques Gn'en a qu' ont voulu t' décrocher, D'aut's inaugur'nt des basiliques Où tu peux seul'ment pas coucher :
r l REVI SANT I07
— Et tout ça s' passe en du clabaud !
Et quand y faut payer d' sa peau,
Quand faut imiter r fils de l'Homme,
Oh ! là, là... gn'a rien d' fait... des pommes 1
Les sentiments sont vît1 bouclés,
A la 1 vmvuiv, un tour de clé !
Les uns y z'ont les pieds nick'lés,
Les aut's y les ont en dentelles 1
— (Toi au moins, t'étais un sincère, Tu marchais... tu marchais toujours; (Ah ! cœur amoureux, cœur amer, Tu marchais num' dessur la mer Et t'as marché jusqu'au... Calvaire !)
— Et dir' que nous v'ià dans les rues (Moi, passe encor, mais toi! Oh! toi!) Et nous somm's pas si loin d' Noël; T'es presque à poils comme autrefois, Tout près du jour où ta venue
Troublait les Brillants et les Rois!
Ah! mes souv'nirs... ah! mon enfance (Qui s'est putôt mal terminée) Mes ribouis dans la cheminée, Mes mirlitons, mes joujoux d' bois!
— Ah ! mes prièr's... ah ! mes croyances !
— Mais! gn'a donc plus rien dans le ciel!
— Sûr! gn'a pus rien ! Quelle infortune ! (J' suis mêm' pas sûr qu'y ait cor la Lune.' Sûr! gn'a pus rien, mêm' que peut-être
Y gn'a jamais, jamais rien eu.....
Ll REVENANT !<*)
Mais à présent... quoi qu' tu vas foutre! Fair' des bagots... ou ben encor Aux Hall's... décharger les primeurs!
(N' va pas chez Drumont on t' bouffrait) Après tout, tu n'étais qu'un youtre!
Si j' te servais tes Paraboles!
Heureux les Simples, heureux les Pauvres, Eul' 1' Royaum' des Cieux est à euss.
t» (C'est avec ça qu'on nous empaume,
lio LES SOLILOQUES DU PAUVRE
Qu'on s' call1 des briqu's et des moellons) Ben, tu sais, j' m'en fous d' ton Royaume; J'am'rais ben mieux des patalons Eun' soupe, eun' niche et d' l'amitié.
(Car quoiqu' t' ai' bien fait ton métier Toi, ton grand cœur et ta pitié, N'empêch'nt pas d'avoir froid aux pieds!)
— Ainsi, a r'gard' les masons closes Où roupill1nt ceuss' qui croient en toi. Sûr qu' t'es là, su' des bénitiers Dans les piaul's... à la têt' des pieux; Crois-tu qu'un seul de ces genss' pieux Vourait t'abriter sous son toit?
LE REVENANT 1 i \
Ah ! toi qu'on dit TEmp'reur des Pauvres Ben ton règne, il est arrivé.
Tu d'vais r'venir, tu l'as promis Assis su' ton trône et plein d' gloire Avec mèm' les Justes à ta droite ; Va te \ 'là seul dans la nuit noire Comme un diab' qu'est sorti d'sa boîte! Sais-tu seul'ment où est ta gauche ?
► h! voui t'es là, d'puis deux mille ans >u' un bout d'bois t'ouvr' tes bras blancs k>mme un oiseau qu'écart' les ailes 'es bras ouverts ouvrent... le ciel lais bouch'nt l'espoir de mieux bouffer lux gas qui n'espèr'nt qu'en la Ronde.
Oh! oui t'es là, t'ouvr' tes bras blancs Et vrai d'puis 1' temps qu'on t'a figé C que t'en a vu des affligés, Des fous, des sag's ou des d'moiselles Combien d' mains s' sont tendu' vers toi Sans qu' t'ai' pipé, sans qu' t'ai bronché!
Avoue-le, va... t' es impuissant, Tu clos tes châss's, t'as pas d' scrupules, Tu protèg's avec 1' mêm' sang-froid L' sommeil des Bons et des Crapules.
Et quand on perd quéqu'un qu'on aime, Tu décor's, mais tu consol's pas.
Ah! rien n' t'émeut va, ouvr' les bras, Prends ton essor et n' reviens pas; T'es l'Etendard des sans-courage, T'es l'albatros du Grand Naufrage, T'es 1' Goéland du Malheur!
VST
Quiens ! ôt1 toi d' là et prends ta course, Débin', cavale ou tu vas voir,
Aussi vrai qu' j'ai un nom d' baptême Et qu' nous v' là tous deux dans la boue, Aussi vrai que j' suis qu'eun' vadrouille, Un bat-la-dèche, un fous-la-faim lu u>i un Guieu magasin d1 gifles.
Ej' j' m'en vas t' buter dans la tronche, .1' vas t' boulotter la pomm' d'Adam, J' m'en vas t' rincer, gare à ta peau ! En v'ià assez... j' m'en vas t' saigner, Car j'ai soupe des Résignés J'ai mon blot des Idéalisa
— Arrière, arrière, n' va pas pus loin !
Y vient un temps où tout s' fait vieux,
Où les pus bell's chos' perd'nt leurs charmes.
(Oh ! v'ià qu' tu pleur's, et des vrai's larmes ! Tout va s'écrouler, nom de Dieu !)
— Ah ! je m' gondole... ah ! je m' dandine Rien n' s'écroule, y aura pas d' débâcle; Eh l'Homme à la puissance divine !
Eh ! fils de Dieu ! fais un miracle ?