‹ Les soliloques du pauvreChapitre 21 sur 32 · LE FURTIF ET LE MYSTÉRIEUX · texte numérisé non relu

LE FURTIF ET LE MYSTÉRIEUX

A présent rappliqu' le Furtif Mossieu 1' Rêveur, dit Crépuscule, Les travailleurs remr'nt et s' bousculent C'est L'heure de l'apéritif!

Les pensc-à-rien, les crache-impôts Rumin'nt par tas noirs aux terrasses, Eun1 bris' d'amour leur fait la grâce Kd' fraîchir un peu leurs troneh's de veaux.

lb\ LES SOLILOQUES DU PAUVRE

Les bras ballants et la voix rêche, Par group's, au coin des carrefours Populo gouale ses amours Et 1' plaisir d'aimer dans la dèche !

(Enfin tant pis — deux ronds d' perlo, Trois sous d' liqueur, deux sous d' mensonge, Deux ronds d' musique et un sou d' songe... Y s' content' de rien, Populo !)

(Et ses dimanche, donc, quelle affaire!) C'est là qu' faut voir 1' lion populaire Ballader ses vieux testicules (Qu'auraient ben besoin d'un coup d' fion),

Et s' tasser dans des véhicules Mal foutus, étroits, mal crépits Sous l'œil de simili-troufions Qu'y z'ont des galons au képi !

Malheur ! lui qu1 a pris la Bastille, Y n1 prend pus que V tram' du mèm' nom h' prend pusd' nombreux canons chez 1' bistrop où qu'y croustille.

(Oh ! là là ! mine' de belle orgie Le jour ous qu'on prendra Mazas, La Roquett', Clairvaux, Pélagie, Dommag' que je s'rai sans dout' pas là.)

L' Dimanch, 1' Pcup' va à la campagne Chercher des trous et des p'tits coins Pour contenter ses p'iits besoins Et engrosser ses pauv's compagnes,

Loin des yeux de l'autorité !

(Tout's ses audac's ont 1' mèm' calibre, C'est sa magnère à c' peuple libre De taire acte de liberté !)

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Mais v'ià qu'arriv' l'heur' de s'en j'ter : Dehors, aux tables des gargotes, L' Fauve Souverain s'empiffre et rote Avec force et tranquillité

Tandis qu' les trams' jouent d' la trompette (Quand c'est qu'y joueront du hautbois !) Et qu' dans leurs costum's de lopettes Les bicycliss's y vont au Bois.

J' vas vous en foutr', moi, des romances, Du vague à l'âme et des primeurs,

I i: ri :

Tout T monde est pas heureux en France, Gn'cn a qui sont d' mauvaise humeur

Avant d' sombrer au coin d'eun' rue, [Mézigue, un quasi-bachelier!!) L' bonheur partout et, la nuit v'nuc, Sûr que j' vas m' mett' à aboyer...

Bon ! à présent quoi c'est qu'embaume?

C'est P Mystérieux, c'est V Consolant, L' Soir endormeur des pauv's 'tits mômes, Qui s' traîne en douce et à la flan.

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L'Flamboyant flanche et va s' plumer Et la preumière Étoile a brille Comme un regard de pauvre fille Dont l'amour s'rait pas estimé.

J' vas pas pus loin, mon tas chancelle, Mes paturons y sont trop las, C'pendant tout vît, éclat', ruisselle, Ça sent la vierge et les lilas !

Vlà la Négress' ! les lamp's s'allument Tous les bécans sont au panier, Sûr que )' vas m' planquer su' bitume, (Gn'a qu'eun' façon d'êt' printanier).

L'Existence est comm' démanchée, Tout vous a un air innocent Et y gn'a pas jusqu'au croissant Qui ne vous prenn' des airs penchés !

Oh ! que c'est mignon les lueurs Qu'on voit partout superposées A chaque étage, à tout's croisées, (Sûr, que ce soir gn'l qu' du bonheur I)

C'est des abat-jour transparents, Cœurs en tatiots brûlants d' tendresse, (Oh ! lesecuss qui, ce soir d'ivresse, Ont pas d1 chérie et pas d' parents !j

Via des insecqu's par tourbillons, Qui. dès qu'y sont nés, làch'nt la rampe Pis des phalèn's, des. papillons Qui vont s* rôtir à tout's les lampes

Et j' me figur' qu' c'est mes désirs (Lesquels n'ont guère eu 1' temps d' moisir) Qui vont itou se griller l'aile Aux clartés roides du réel.

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Des Enlacés pass'nt deux par deux (Comm' la Mort toujours près d' la Vie) Y m' frôl'nt, y vont — je m' fais des ch'veux Car moi j' suis seul et ça m'ennuie,

Mais 1' ciel s' met eun' si bell' liquette,

L'ensemble il a l'air si joyeux,

Y fait si doux, y fait si chouette

Qu' ça s'rait p'-têt' vrai qu'y a un Bon Guieu !

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