‹ Les soliloques du pauvreChapitre 20 sur 32 · LE VU · texte numérisé non relu

LE VU

D'aut's en pus d' dix endroits d' la ville Vont voir pendr' des Hl's de croûtons l'ai des peintr's qui sont ben cent mille l lu su' tout c' tas, gn'en a trois d' bons !)

D'aut's enquiquin'nt des canassons Su' des pist's, des concours z'hippiques, Auteuil-Longchamps! c'est là qu'y sont Tous lesmarlous d' la République!

Oh! là, ça pue bon l'écurie, la sueur d' jockeys et d' bookmakers, Là gn'a tous les Rober.t-Macaire Qu'est la richesse ed' ma Patrie !

Oh ! là, gn'a d' la gonzess' dorée.

Du gibier d' joie à peaux nouvelle Qui sent si bon et qu'est si belle Qu'on s'en a des envi s d' pleurer.

(Car ça c'est pas pour nos z'ognons.)

Mais v'iàquèqu' chose en fil's pressées Qui vous r'pos' l'œil des maquignons :

Ça c'est crémeux, frais et mignon, C'est d' la blancheur su' la chaussée :

(Les v'là,les premiers commugnions.)

Avec leurs petits compagnons,

A pass'nt les petit's fiancées...

Oh ! c' que c'est doux, c' qu'y sont mignons!

(Et moi, j' m'ennuie à la pensée

Qu' la Vie n' leur servira qu' des gnons.)

! INTEMPS I 17

C qu'y ya cor' dans la Capitale?

Des cravailleurs... des enfermés, Des genss qui n'ont pas 1' droit d'aimer, Et qu' des clebs qui font du scandale !

Oh! ceuss'-là mine' de rigolade,

On s'en paye cun' tranch' chez les chiens

Museaux dans 1' cul en enfilade,

Y til'nt, y trott'nt, y connaiss'nt rien...

Leurs affair's, a sont leurs affaires:

Y prenn'nt tous la joie au sérieux.

C'est à croir' qu' dans la Vill' lumière Le Printemps y n' soit fait qu' pour eux !

Ah ! les maqu'reaux y sont pas elbois, Et par meut's entières aux z'abois, En chapelets d' chipolata, Y s' tord'nt, y gueul'nt, y s' font du plat

Et jou'nt un jeu qui les enflamme,

(Caricoco, caricoco,

Et en avant les p'tits bécots

« A-qui-qui-p'lotra-vit'-sa-femme. »)

Leurs mariag's sont pas spirituels

Bien qu'y s' consomm'nt dans un coup d' vent;

C'est des steeple-chas's émouvants,

Gn'a d' quoi faire un Pari Mutuel !

Des fois, y stopp'nt... et pouf, les rVlà Qui se recavall'nt ventre à terre.

— Azor! par-ci, Toto ! par-là, S'égosill'nt leurs poperiétaires.

il PR]

Ah ! oui, j' t'en fous! Y montr'nt leurs s'melles, Y sont quinze après eun' fumclle, La langu' dehors ed' d'pis 1' matin, Comm' dea vieux après un trottin !

D'aut's, rigolards et phizolofs, Revenus des joi's d'ici-bas El i1 gobant plus dans P célibat, Prenn'nt le pavé en guise ed' d'schloff.

Les pans en l'air et 1' blair aux anges, Y s' frott'nt euP râb' su' des cacas; Quant eun' môm' passe et qu'a voit ça A dit : Mon guieu! Que mœurs étranges

(Mais quoi qu'on dise et quoi qu'on gronde, Le Printemps pour tous, c'est P Printemps, El i* connais pus d'eun' tilP du monde Qui n'am'rait ben d'en faire autant.)

l5o LES SOLILOQUES DU PAUVRE

Pourtant, vrai! les clebs, y m' dépass'nt : Chez eux, ça coûte rien la « passe ». « Saluez! c'est l'Amour qui passe ! »

Y s' foufnt de tout, ces salauds-là!

Hé, M'am' Pudeur, voilez vot' face.

Vertu ! Morale ! N' s'rait-ce que des mots? M'sieur Bérenger! Faurait qu'on fasse Des claqu'-dents pour les animaux!

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