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Mes poteaux ? Combien m'ont trahi !
Pourtant m'en rest' quéqu's-uns d' fidèles, Mais pour la mouïse y m' gagn'nt la belle, C'est comme un syndicat d' faillis !
Et 1' meilleur ? Il a peur d' comprendre ! Aucun avec moi n' veut descendre Au fonds d' l'égout d' mon désespoir (Où djà mon propre pas y glisse) ;
Pour s'en r'venir d' chercher la Gloire,
La Vérité et la Justice,
La palme, le glaive et le miroir
Et la scionnée du sacrifice.
Des amours mignons m'ont pâli, Et la Vie les a massacrés, Mes mains les ont ensevelis, Mes yeux les ont beaucoup pleures :
: INTEMPS
Corn m" j" pouvais pas m' faire à la haine, J'en ai longtemps hurlé ma peine, Connu1 le soir hurle su' la Seine La tristesse d'un remorqueur
lu j'en saigne à ce point encore
Qu'y m' sembl1 que quand j' me remémore
Tout c' pauvre tas de petits morts
(Mon cimetière d'innocents),
Y m sembl1 qu'v m' vient un gros flot d' sang Qui m' prend 1' gaviot m'emplit la bouche lu m' t'ait 1' jacqu'ter rouge et farouche, e sang-là m' jaillit du cœu : !
l68 LES SOLILOQUES DU PAUVRE
Seigneur, mon Guieu ! j' suis près d' périr Et v'ià c' que j' souffre et c'est ben vrai, Quand un malade il a eun' plaie Faut-y rien faire ou la guérir?
Et j' me vois comme à l'ambulance Du champ d' bataill' de mes douleurs.
Faut-y toujours téter ses pleurs Et bouffer 1' pain d' l'obéissance ?
Seigneur! au respect que j' vous dois, Le vent y m' souff dans la braguette Et mes sorlots rient en goguette, Au point qu'y découvr'nt mes dix doigts!