‹ Les soliloques du pauvreChapitre 23 sur 32 · CHERCHE A VENDRE UN CŒUR GATE · texte numérisé non relu

CHERCHE A VENDRE UN CŒUR GATE

Mes poteaux ? Combien m'ont trahi !

Pourtant m'en rest' quéqu's-uns d' fidèles, Mais pour la mouïse y m' gagn'nt la belle, C'est comme un syndicat d' faillis !

Et 1' meilleur ? Il a peur d' comprendre ! Aucun avec moi n' veut descendre Au fonds d' l'égout d' mon désespoir (Où djà mon propre pas y glisse) ;

Pour s'en r'venir d' chercher la Gloire,

La Vérité et la Justice,

La palme, le glaive et le miroir

Et la scionnée du sacrifice.

Des amours mignons m'ont pâli, Et la Vie les a massacrés, Mes mains les ont ensevelis, Mes yeux les ont beaucoup pleures :

: INTEMPS

Corn m" j" pouvais pas m' faire à la haine, J'en ai longtemps hurlé ma peine, Connu1 le soir hurle su' la Seine La tristesse d'un remorqueur

lu j'en saigne à ce point encore

Qu'y m' sembl1 que quand j' me remémore

Tout c' pauvre tas de petits morts

(Mon cimetière d'innocents),

Y m sembl1 qu'v m' vient un gros flot d' sang Qui m' prend 1' gaviot m'emplit la bouche lu m' t'ait 1' jacqu'ter rouge et farouche, e sang-là m' jaillit du cœu : !

l68 LES SOLILOQUES DU PAUVRE

Seigneur, mon Guieu ! j' suis près d' périr Et v'ià c' que j' souffre et c'est ben vrai, Quand un malade il a eun' plaie Faut-y rien faire ou la guérir?

Et j' me vois comme à l'ambulance Du champ d' bataill' de mes douleurs.

Faut-y toujours téter ses pleurs Et bouffer 1' pain d' l'obéissance ?

Seigneur! au respect que j' vous dois, Le vent y m' souff dans la braguette Et mes sorlots rient en goguette, Au point qu'y découvr'nt mes dix doigts!

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