I.E PRINTEMPS
Car y s'enferm' dans des usines I > quarante et des cinquante ans, Dans des bureaux, des officines, Alors qu' lea cieux sont éclatants.
Oh! mon Guieu! Si vous existez, Donnez-nous la moiiir d'être libres lu S remett' tout en équilibre, Suivant la grâce et la bonté!
La liberté, la libertél Donnez-nous du pain et des ailes, Donnez-nous les plum's des oiselles, Les pattes des clebs qu'on puiss' call'ter!
Et quant à moi pour le présent J' vourais que mes faims soy'nt assouvies, J' veux pus marner, j' veux viv' ma vie Et tout d' suite et pas dans dix ans!
Car c' soir j'ai comme un r'gain d' jeunesse Un tout petit, oh! bien petit Et si ce soir j' sens ma détresse Demain je r'tomb'rai abruti !
Vlà Lazare qui veut s'couer sa cendre Et flauper 1' monde à coups d' linceul! La liberté où j'vais la prendre.
J1 vas et' mon Bon Guieu moi tout seul!
i i PfONTl ' 177
.1' suis su' la Terr', c'est pour y vivre J'ai des poumons pour respirer
veux pour voir, non pour pleurer Un cerveau pour lir' tous les livres
stomac pour 1' satisfaire Un cœur pour aimer, non haïr 1 1 mains ponr cueillir le plaisir
as turbiner pour mes frères!
Soupe des faiseurs de systèmes
Des économiss's distingués
Des Pseurs de lois qui batt'nt la flemme
(Toute loi étrangle eiin' liberté!)
Soupe des Rois, soupe des Maîtres, Des Parlements, des Pap's, des Prêtres (El comm1 j'ai pas d'aut' bien qu' ma peau, 11 est tout choisi mon drapeau!)
Soupe des vill's, des royaumes Où la miser' fait ses monômes Soupe de c' qu'est civilisé Car c'est 1' malheur organisé !
Nos pèr's ont assez cravaillé
Et bien assez égorgillé
L'Homm' de not' temps faut qu'y se r'pose
Et qu' l'Existence lui tourne en rose.
Oh! mon Guieu, si vous existez, Donnez-nous la force d'êtres libres Et que mes souhaits s'accomplissent.
Car au Printemps, saison qu' vous faites Alors que la Vie est en fête Y s'rait p'-têt' ben bon d'être eun' bête Ou riche et surtout bien aimé.
(Ça s'rait ben bon, s' c' n'est justice !)