‹ Les soliloques du pauvreChapitre 9 sur 32 · I.E REVENANT QI · texte numérisé non relu

I.E REVENANT QI

Ah lui, dont à présent on s1 fout

(Surtout les ceuss qui dis'nt qu'ils l'aiment)

P'tfit1 ben qui n'aurait qu' du dégoût Pour c' qu'a produit son sacrifice Kt qu' cette fois-ci en bonn' justice V aurait envi' d1 nous fout' des coups !

Si qu'y r'viendrait... si qu'y r'viendrait

Quéqu'jour comm' ça, sans crier gare

En douce, en pénars, en mariolle,

De Montsouris à Batignolles

Nom d'un nom ! Que' coup d' Trafalgar !

Devant cett' figur' d'honnôte homme Quoi qu'y diraient nos négociants ?

(Lui qui bûchait su' les marchands) El c'est V Pap' qui s'rait affolé Si des fois, y passVait par Rome

(Le Pap', qu'est pus rien' que Crésus.

J'en ai 1' frisson rien qu' d'y penser Si pourtant qu'y r'viendrait Jésus !

Lui, et sa gueul' de Désolé ?

Eh! ben moi... hier, j1 l'ai rencontré Après menuit, au coin d'eun' rue Incognito comm' les passants Des tifs d'argent dans sa perrugue lu pour un Dieu qui s' paye eun' fugue Y n'était pas resplendissant!

Il est v'nu su' moi et j'y ai dit :

— Bonsoir... te v'ià? Comment, c'est toi?

g6 LES SOLILOQUES DU PAUVRE

(Comme on s' rencontre... n'en v'ià eun' chance!

Tu m'épat's... t'es sorti d' ta Croix?

(Ça n'a pas dû et' très facile...)

Ben... ça fait rien va... malgré 1' froid,

Malgré que j' soye sans domicile

J' suis content d' fair' ta connaissance!

— C'est vraiment toi... gn'a pas d'erreur ! Bon sang d' bon sang... n'en v'ià eun' tuile Que chahut d'main dans Paris

Oh! là là que bouzin d' voleurs!

(Les jornaux vont s' vend' par cent mille !

— Eud'mandez : « Le R'tour d' Jésus-Christ;

— Faut voir : « L'Arrivée du Sauveur!! »

— Ho ! tas d' gouapeurs ! Hé pauv's morues,

Sentinelles des miséricordes,

Vous savez pas, vous savez pas?

(Gn'a d'quoi se l'extraire et s'ia morde !)

Rappliquez, chaud ! Gn'a 1' fils de Dieu

Il Hl

Qui vient d' déringoler des cieux

I qui comme aut'fois est sans pieu,

Su' 1' pavé... quoi... sans feu ni lieu

Comm' nous les muffs, comm' vous les grues! !

— (Chut! fermons ça... v'ià les agents.)

T'entends leur pas... intelligent?

V s' chargeaient d' nous trouver eun' turne

(Viens par ici... pet! crucifié.)

Tu sais... faurait pas nous y fier.

Déjà dans T squar' des Oliviers,

Tu as fait du tapag' nocturne!

— Aujord'hui... ça s'rait P mém1 tabac Autrement dit, la même histoire Et je n' te crois pus l'estomac De r'subir la scèn' du Prétoire!

— Viens! que j' te regarde... ah! comme t'es blanc.

Ah ! comm' t'es pâle... comm' t'as l'air triste.

(T'as tout à fait l'air d'un artiste !

D'un de ces poireaux qui font des vers

Malgré les conseils les plus sages,

Et qu' les borgeois guign'nt de travers,

Jusqu'à c' qu'y fass'nt un rich' mariage !)

— Ah ! comm' t'es pâle... ah! comm' t'es blanc Tu grelottes, tu dis rien... tu trembles. (T'as pas bouffé sûr... ni dormi !) Pauv' vieux va... si qu'on s'rait amis? Veux-tu qu'on s'assoye su' un banc, Où veux-tu qu'on ballade ensemble?

— Ah ! comm' t'es pâle... ah ! comm' t'es blanc. T'as toujours ton coup d' lingue au flanc? De quoi... a saign'nt encor tes plaies? Et tes mains... tes pauv's mains trouées (Qui c'est qui les a déclouées?)

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