PAR
FRANK T,. SHUTT, M.A,, F.LC,
Chimiste des Fermes expérimentales de l'Etat.
Les cinq années passées il a été préparé pour la culture et la colonisation de grandes étendues de terrains dans les districts semi-arides du Canada—plus particulièrement dans certaines parties de la Colombie Anglaise et du sud-ouest de l'Alberta. À juger d’après l'attention que l’on porte maintenant sur les avantages naturels de ces territoires, surtout pour la production des fruits et des légumes dans la Colombie Anglaise, et pour la culture de la luzerne et des plantes agricoles en général dans l’Alberta, il est probable que d’ici à cinq ans il arrivera des nombres encore plus cousidérables de colons tant dans ces régions que dans d’autres encore nouvelles et inoccupées. (est en vue d’être en aide à ceux qui ont déjà des ranches, ainsi qu'à ceux qui se proposent de prendre des terres dans ces districts semi-arides—et dans lesquels on trouve de “ alcali ” par places—que nous présentons les renseignements contenus dans ce bulletin.
Bien que nous ne soyons pas encore à même de préciser les limites de ces districts semi-arides, il ne peut y avoir de doute sur deux points à l'égard d’un grand nombre de ces étendues de terrains maintenant en culture ou qu’on a commencé à travailler, savoir: la nécessité de l'irrigation pour réussir, et l’existence en beaucoup d’endroits de taches d’alcali plus ou moins considérables, soit naturellement présentes, ou qui se sont développées depuis qu’on y pratique l'irrigation sans bon jugement. On a conetruit et est à construire dans certaines localités de vastes systèmes d'irrigation; mai là où il n’en existe point et là où or e peut en construire, beaucoup d'individus eat travaillé chacun pour lui-même à s’approvisicnner d’eau, principalement empruntée à des ‘urs d’eau des montagnes. On voit dan- le district de l’'Okanagan des exemples
nds travaux d'irrigation qui donnent satisfaction, tandis que la plupart des colons des vallées du Colombia, de la ”ootenay et de la Nicola n’ont que des sources d’un faible débit et plus ou moins strictement locales. Pour réussir en agriculture à l’aide de l'irrigation, il faut posséder des connaissances spéciales quant à la manière d'employer l’eau. Lau d'irrigation sert naturellement avant tout à satisfaire aux besoins des plantes cultivées; mais on peut aussi l’employer comme agent important pour assaini- des terrains plus ou moins stériles en raison de la présence de certains sels minéraux, désignés communément sous le nom d’alcali. D’autre part, le manque de jugeuent dans l'emploi de l’eau d'irrigation peut nuire très sérieusement à des terres . «pables de produire d’excellentes récoltes, en causant la “ montée de l’alcali ”. En outre, il faut éviter l’emploi excessif de l’eau, même dan: les terres bien drainées ; car l’effet en est q:'e la maturation naturelle des récoltes se trouve retardée.
D’après ce que nous venons de dire, il est évident que les problèmes de culture dans les districts semi-arides sont très différents de ceux que le cultivateur a à résoudre dans d’autres , adroits du Canada. Nous en discutons deux en particulier,
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savoir: l'assainissement des terres à aleali là où il s'en trouve naturellement, et les précautions à prendre pour prévenir l'apparition de l'alcali dans les terraina actuelle ment fertiles,
# Canada a beaucoup raoins d'aleali que plusieurs des Etats-Unis du Nord- Ouest; l’aicali n’y est pas un obstacle sérieux à la colonisation et an snccèa dans la culture de la plus grande partie de lu zone semi-aride. Il n'y u en Canada que peu d'étendues considérables de terrains à aleali; la principale Jifieulté à cet égard provient des taches d'aleali que l'on rencontre de loin en loin, Ces taches sout de grandeur très variable, depuis une superficie de quelques pieds carrés jusqu’à une étendue de plusieurs acres; et dans la plupart des cus elles sont dues à ce que le sol est imprégné d’uleali “blanc”, Laleali “noir” qui est plus nuisible, est beaucoup plus rare,*