‹ Les sols forestiersChapitre 115 sur 180 · Forêt domaniale de Mondon, près Lunéville · texte numérisé non relu

Forêt domaniale de Mondon, près Lunéville

des taux d'eau très faibles. Entre les profondeurs de 25 et 100 cen-

timètres, ils n'ont oscillé qu'entre 2 et 5 °/,. La provision d’eau se trouve ici presque réduite à son minimum.

Le taux d’eau, ainsi que la faculté d’imbibition — qui n’est que le taux d’eau maximum — sont encore trop souvent exprimés en fonction du poids de la terre plus ou moins humide telle qu’on l’extrait, parce que ce procédé est le plus commode ; mais, pour avoir des nombres comparables, il faut rapporter à 100 de sol sec (*). Mieux vaudrait encore, comme il a été dit plus haut (n° 24), exprimer en fonction du volume; ce qui importe pour la nutrition des plantes, c’est de connaître la quantité d’eau existant dans un espace donné

qui, en passant de l’état sec à l’état humide, augmente plus ou moins

de volume et procure plus de place et d’aliment aux racinés.

En représentant par 1 le volume de divers sols à l’état sec, on a trouvé pour le volume de ces mêmes sols à l’état humide :

Sable — 1 ; sol de lôss — 1,18; lehm calcaire — 1,29; sol humique — 1,34.

. Parmi les circonstances qui influent sur la faculté d’imbibition, il

… faut citer, outre la grosseur des grains dont il vient d’être question,

la texture en grumeaux (n° 89). Celle-ci diminue singulièrement la faculté d’imbibition. Un même sol, suivant que ses éléments fins seront en grains isolés ou cimentés en grumeaux, retiendra 45 °/, d’eau ou seulement 32 °/, (WoLLny). Les terres qui retiennent le plus d’eau, dit ScxLæsinG (?), sont celles dont les éléments sont très fins et qui ne renferment pas une proportion de ciment, minéral ou organique, suffisante pour leur conserver la division en particules (grumeaux). Ce fait est très important dans la pratique agricole ou

— forestière. Par des labours ou par l’adjonction d’humus qui favo- — misent la texture grumeleuse, un sol possédant un excès nuisible

1. Un taux de 22,2 °/, rapporté à 100 de terre humide devient 28,6 rapporté à 100 de terre sèche. Un sol renferme en été 10 °/,, en hiver 30 °/, d'eau, poids rapporté à

—…… 100 de terre humide ; en réalité, ce sol contient non pas trois fois plus d'eau qu'en —… été, mais quatre fois ; car, si l'on rapporte à 100 de terre sèche, on trouve 11,11 au

lieu de 10 et 42,86 au lieu de 30.

2. Con/ribulion à l'étude de la Chimie agricole dans l'Encyclopédie chimique, publiée sous la direction de M. Faemv. Paris, Dunod, 1888, p. 94.

d'humidité peut le perdre ct s’améliorer ainsi d’une manière très sensible.

97. Transpiration des arbres. Recherches de J. R. von Hôhnel. — On a essayé de mesurer la quantité d’eau évaporée par

diverses cultures et de déterminer le rapport entre l’eau transnirée P

et la matière organique produite. En ce qui concerne les céréales, les auteurs qui se sont occupés de la question sont arrivés à des chiffres assez concordants. Pour que la céréale s’accroisse de À gramme de matière sèche, il faut qu’elle évapore 250 à 500 grammes d’eau du sol (*). Quant au poids total d’eau consommée sur un hectare pendant la durée du développement de diverses plantes, les auteurs indiquent des chiffres variant entre 1 200 et 3 000 mètres cubes.

Les expériences les plus récentes et qui se rapprochent le plus des conditions de la nature sont celles qui ont été faites en 1891, 1892 et 1893 à la Station agronomique du Wisconsin (États-Unis), par M. KING avec un dispositif qui donne aux résultats une grande valeur, les essais ayant été exécutés en plein champ, dans les conditions de la culture ordinaire ct répétés plusieurs années de suite sur chacune des plantes étudiées.

1. Lawes a trouvé que le blé sans engrais avait évaporé, dans sa saison de végétation, 247 grammes pour former { gramme de matière organique séchée à 100° ; Hagenr- LANDT à trouvé pour le blé 234 grammes, pour l'orge 247 grammes, pour l’avoine 455 grammes et Riszen 250 grammes ; HerLmecec donne 338 grammes pour le blé, 353 grammes pour le seigle, 376 grammes pour l'avoine et pour les fèves, les pois, le trèfle rouge, le sarrasin, le colza, ses chifires varient entre 280 grammes et 360 grammes. « Parmi les plantes qui contribuent le plus à dessécher le sol pendant la saison de végétation, dit Wozeny (loc. cét., p. 245), il faut compter certainement les fourrages drus, vivaces, à longue période de végétation (trèfle, luzerne, sainfoin, etc.). Les légumineuses à feuillage abondant, cultivées pour leurs graines. ont de moindres exigences vis-à-vis de l'eau ; à elles se joignent, par ordre décroissant, les végélaux forestiers. Les céréales se placent très près de ces derniers, en ce sens qu’elles empruntent au sol tout autant ou quelquefois moins d'eau qu'eux. Les plantes à tubercules ou à racines, cultivées avec large espacement, sont celles qui ont besoin de la moindre provision d’eau... Pour les arbres forestiers, l'absorption de l’eau pendant toute l’année est plus grande chez les arbres verts (conifères) que chez les feuillus, quoique ceux-ci puissent épuiser davantage le sol pendant la saison de végétation... » Nous laissons à l'auteur la responsabilité de ces assertions dont plusieurs ne semblent pas suffisamment étayées.

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