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niveau de l’eau des puits. Cette action vient d’être également constatée dans l’Inde anglaise.
Pendant deux ans (d'avril 1904 à mai 1906), M. RaLpx PEARSON, assistant-conservateur des forêts, a fait une série de mensurations sous bois et hors bois dans une forêt bien pleine, peuplée d'arbres feuillus où domine le teck (Tectona grandis L.) et située dans la présidence de Bombay sous le 23° degré de latitude nord (presque exactement sous le tropique du Cancer).
On est ici dans la zone des grandes pluies d’été qui tombent surtout dans le mois de juillet. La planche C montre qu’au début de juin 1905 les deux courbes sont au point le plus bas ; puis, sous l’influence de la chute énorme de juillet qui a atteint 935 (autant qu’il en tombe en un an dans les points les mieux arrosés de la France), les deux courbes remontent; celle du puits hors forêt s’élance brusquement dans les deux mois de juillet et d’août; en quarante-deux jours, le niveau de l’eau remonte de 4" 66 et de 0" 37 seulement dans le puits installé sous le massif, où, par contre, il continue à monter, mais de très peu, jusqu’en janvier, tandis que le niveau hors forêt atteint son point culminant en septembre, puis s’abaisse vivement (').
Dans ces conditions climatiques si différentes de celles de l’Europe, la forêt manifeste la même influence sur les eaux souterraines.
« Toujours, dit M. PEARSON, leur niveau est, pour une même date, plus bas en forêt, où les oscillations sont moindres.
« L'effet de la pluie se fait sentir plus tard sous la forêt qu’au dehors et avec beaucoup moins d'intensité, mais dure plus longtemps.
« Dans l’Inde il faut plusieurs années pour que la nappe souterraine reprenne son niveau après une année de très faible pluviosité.
1. Cette masse énorme d'eau s'abattant sur la forêt de teck en pleine végétation n'a presque pas profité à la nappe souterraine. L'évaporation sur les cimes, la transpiration des feuilles, l'évaporation et l'imbibition du sol ont absorbé plus de 9 000 mètres cubes par hectare en ces quarante-deux jours. Quelle consommatrice prodigieuse d'eau se révèle ici la forêt tropicale ! Que de mètres cubes de vapeur d’eau lancés dans l'atmosphère ! Ge qui n'a pas immédiatement repassé dans la circulation aérienne a servi à saturer la couverture morte et les 12 mètres de sol forestier riche en humus que l'eau doit traverser avant d'arriver à la nappe phréatique.
« Le niveau moyen de l’eau souterraine pendant les vingt-cinq mois d'observation a été de 4*,74 plus bas dans la forêt de teck (Godhra Range, district de Panch Mahal, présidence de Bombay) qu’en dehors. »
Puisque dans six régions différant par la latitude, la pluviosité, la constitution des peuplements, la forêt exerce la même influence, il est probable qu’il y a là une loi générale.