Les Cévennes, Paris, Delagrave, p
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—. RÉPARTITION DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU SOL 365 | vennes, c’est l'instabilité des pierrailles qui descendent ces pentes —… escarpées et encombrent le fond des vallées de façon à transformer # pis cours d’eau en plages de graviers stériles ».
. Ces calcaires et marnes de l’oolithique sont souvent très accessibles F l'érosion ; il y a de véritables torrents dans les escarpements des ; | Causses de Séverac, de Sauveterre, du Larzac.
— Dans toutes ces parties instables, en affouillement, le reboisement D des périmètres y ont été créés.
… Sur les plateaux il ne reste à peu près rien des anciennes forêts. | Le taux actuel de boisement de la région des Causses ne dépasse » probablement guère 1 °{, : il est absolument insignifiant.
“à En résumé, au point de vue du boisement, les trois petites régions k Laniennes (Ardenne, Vosges, Maures) ont un taux très élevé, conforme aux indications théoriques. Des deux autres, l’une (l’Armorique) est, à juste titre, pour les raisons énumérées, la contrée la moins boisée br France. Ces raisons n'existent pas pour le Massif central dont ee | l'état actuel constitue une véritable hérésie économique.
à . 112. Pyrénées. — Des cinq régions anciennes précédentes, le - Massif central est la seule où le phénomène torrentiel se rencontre, pure sur une échelle très réduite.
Dans l’Ardenne, les Vosges, l’Armorique et les Maures, la culture D brestiore n’est qu’une mise en valeur; son extension ou sa restric- tion se justifient à peu près uniquement par des raisons pécuniaires. « Dans le Plateau central il n’en va déjà plus de même ; la destruction de la forêt peut avoir un fâcheux retentissement sur les régions avoisinantes (inondations, ensablement des rivières), de même que io peut être amené à l'installer sur des sols riches, propres à la culture agricole, mais dont la situation, la pente, l'aptitude à l’af- …fouillement, feraient un danger public s’ils étaient cultivés. L'agent forestier, chargé de protéger les terrains de la plaine et de retenir Le les matériaux dans la montagne, doit ici envisager le sol et ses roches formatrices non plus seulement au point de vue des qualités physiques et chimiques, du classement dans les sols riches (agricoles) ou
pauvres (forestiers), mais encore au point de vue de la résistance à l'érosion et aux agents atmosphériques. Il lui sera utile de posséder des connaissances assez étendues en géologie.
Cette action indirecte, à distance, de la forêt va prendre une bien plus grande importance dans les régions montagneuses plus récentes, telles que les Pyrénées ou les Alpes, dans la composition desquelles entrent des roches plus variées, plus désagrégeables et dont le relief plus accidenté, partant plus instable, n’a pas aussi longtemps subi l’action de la dénudation et n’a pas encore acquis son état d'équilibre. C’est dans ces deux régions, surtout dans les Alpes, que les dégradations soni le plus accusées, que le danger est le plus menaçant; c’est là que se portent surtout les efforts de l’administration forestière.
« La chaîne des Pyrénées paraît beaucoup plus simple, au double point de vue de l’orographie et de la tectonique, que celle des Alpes; mais cela tient en grande partie à ce qu’étant sensiblement plus ancienne, elle a subi l'effort d’une plus longue érosion, qui en a dispersé les éléments superficiels. » (A. DE LAPPARENT.) C’est pour cela que les dégradations torrentielles y sont moins nombreuses et moins importantes que dans les Alpes ; les terrains facilement affouillables sont déjà enlevés.
Les Pyrénées sont une chaîne de montagnes simple, à une seule ligne de faîte d’où partent de nombreuses vallées transversales très profondes (1500 mètres), à versants abrupts ou rapides; elle a 400 kilomètres de long et une largeur maximum de 190 kilomètres. Sa hauteur moyenne est de 3 000 mètres et les cols (ports) sont très peu entaillés dans la ligne de faîte. Les pentes sont beaucoup plus raides sur le versant français, où les dislocations, plissements, charriages sont aussi nombreux que compliqués.
Un coup d’œil jeté sur la carte géologique de France (à l’échelle
du 1/1 000 000°, édition de 1905) permet de se rendre compte de À
la grande diversité des roches pyrénéennes et de leur entremêlement si complexe. Les plus importantes sont :
1° Des roches éruptives (le granite commun, à grain fin, formant les trois quarts des roches éruptives de la chaîne, des granites porphyroïdes, des granulites, des syénites, quelques porphyres, des diorites, des ophites) ;
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2° Du terrain archéen (gneiss, micaschistes) ;
3° Des terrains primaires abondants (siluriens, devoniens, carbonifériens) représentés par des schistes, des quartzites, des calcaires ; … 4° Des terrains triasiques (marnes bariolées avec gypse et car- …. gnieules) [Ariège, Corbières]; | 9° Des terrains Jurassiques alignés, comme les terrains primaires, - en bandes étroites orientées est-ouest et formés de grès, de calcaires, d’argiles ;
6° Des terrains crétacés (inférieur et supérieur) en bande contiguë à la précédente qu’elle borde au nord, constitués par des roches dures (schistes, calcaires très agrégés), bien différentes de la craie du bassin parisien.
Les roches des Pyrénées sont généralement résistantes et les érosions torrentielles s’y présentent avec beaucoup moins de fréquence et d’ampleur que dans les Alpes.
Voici, d’après les observations des agents forestiers (*), les faits les plus intéressants à ce point de vue.
Quelques dégradations se constatent même dans les gneiss, roches d'ordinaire très rebelles à l’action des agents atmosphériques ; mais c’est lorsque leurs feuillets sont dressés ou quand ils sont injectés d’une roche désagrégeable, telle que la granulite (n° 110-gneiss ad nolam). ;
Même les granites se disloquent parfois et se séparent en blocs qui, sur les fortes pentes, comme à Péguère, près de Cauterets, se trouvent souvent en équilibre instable et au printemps, après les pluies, se précipitent dans le fond de la vallée en détruisant tout sur leur passage (°).
Les schistes des terrains primaires se délitent assez facilement ; quelquefois les terres meubles qui proviennent de la désagrégation
1. M. Berr, Restauration des terrains en montagne. NII° Congrès international d'agriculture. Rome, 1903.
2. « Le pic de Péguère est formé par une masse granitique infiltrée à travers des schistes cambriens et des calcaires noirs siluriens. Cette masse graitique est découpée, vers sa partie supérieure, par des fentes de retrait nombreuses, profondes et entrecroisées. Le sommet étant à une altitude élevée (2 187 mètres) où les précipitations atmosphériques sont considérables, et le terrain étant mal boisé, La roche est
des couches superficielles sont exposées à glisser lorsque les strates inaltérées imperméables sur lesquelles elles reposent sont fortement redressées (5
Les gvpses, cargnieules et argiles bariolées du trias sont à signaler parmi les roches les plus altérables.
Dans les Corbières, les marnes du cénomanien se ravinent facilement; les grès du turonien donnent par leur désagrégation des sols sableux sans cohésion, particulièrement instables, et les grès marneux du sénonien sont très sujets aux érosions. Dans le danien, les grès se désagrègent facilement et les marnes rouges sont en général très dégradées. on
La région géologique 1 Pyrénées formée des terrains précédemment énumérés est comprise dans la région forestière pyrénéenne englobant les six départements des Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Pyrénées-Orientales, Aude. C’est une surface de 8377122 hectares avec 634 880 hectares de forêts ou plutôt de soi-disant forêts.
Le taux de boisement de la région ainsi délimitée qui enfotne de grandes surfaces des plaines aquitaniennes peu boisées est donc de 18,8 °/, ; c’est à peu près la moyenne de la France. Il était le même en 1862 ; l’idée forestière n’a pas fait de progrès jusqu’en 1892 . les Ps si l’on en juge d’après la statistique.
En déduisant de la surface des six départements les terrains de plaine, M. pe Gorsse (?) a trouvé, pour la zone montagneuse, 1 276029 hectares avec une étendue de terrains boisés, ou censés boisés, de
soumise à des causes d’allération très actives, sans être maintenue suffisamment par la végélation. Ges conditions sufisent pour expliquer les éboulements qui remontent à une époque déjà ancienne et sont devenus d'une fréquence et d'une importance menaçantes à la suite des pluies continues du printemps de 1884. » (Rapport de l'ingénieur des mines.)
1. Le torrent de Laou d'Esbas, situé près de Luchon, dans la forêt domaniale, se forma en une seule nuit à la suite des pluies prolongées de 1865. De formidables glissements se produisirent dans la partie supérieure de la montagne ; plus de 600 000 mètres cübes de matériaux furent précipités d'un seul bloc dans la vallée. Le mal avait pris naissance dans un plateau pourvu d'abondantes sources, situé au milieu des pelouses, jadis boisées, qui dominent aujourd’hui la forêt.
2. « Les Forêts des Pyrénées » (Revue des Eaux et Foréts, 1894).
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