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le mélèze et, parmi les feuillus, le chêne, le hêtre, le châtaignier, le
bouleau, ont été employés ou peuvent réussir, à condition que l’on choisisse, pour chacune de ces essences, le sol, l'altitude et l’exposi-
tion qui lui conviennent (*).
Les Causses, — La mer jurassique a déposé dans le vaste golfe qui entaille le bord sud du Massit central des couches épaisses de calcaires formant aujourd’hui la région si caractéristique des Causses. Ges calcaires s’étendent sur 500 000 hectares en vastes plateaux dont l'altitude est comprise entre 600 et 1 300 mètres. « Leurs tables de
- pierre constituent d’'Espalion à Montpellier, de Mende à Saint-Affrique,
le talus méridional du Plateau central; elles forment une interruption de 50 kilomètres de largeur entre les montagnes graniliques et schisteuses de l’Aigoual au nord-est et les cimes aiguës et déchiquetées des monts de Lacaune au sud-ouest... Les gigantesques érosions
- qui se sont produites pendant les périodes géologiques postérieures … à la période jurassique ont creusé dans ces immenses plateaux, dont
la surface est presque horizontale, des vallées étroites et profondes, limitées par d’abrupts escarpements (300-700 mètres), au fond desquels coulent les rivières. » (BurFAULT [°].)
Le sol très superficiel est une argile rouge mêlée de pierrailles ; c'est le résidu de la lixiviation du calcaire. La base minéralogique sous-jacente est sillonnée de fentes nombreuses, profondes ; le sol est donc très sec, très filtrant ; de plus, le climat est extrême, glacé en hiver, sec et aride en été. Sur ce sol stérile croît une pelouse rare, courte, sèche que broutent les brebis de la race du Larzec
1. L'opposition des communes au reboisement a pour cause la crainte qu'eiles éprouvent de voir diminuer les surfaces livrées au parcours. M. GEBHART a fzit justement remarquer, par des exemples pris dans le pays même, que cette crainte n'est pas justifiée. « Les bois convenablement traités font disparaître la bruyère qui est rem-
placée par des herbes savoureuses. Les mélèzes et les pins sylvestres ont à ce point
de vue une influence bien établie. » Dans les Alpes, on dit que « le mélèze fait venir l'herbe ». Sous ces peuplements clairs, les vaches pâturent : le sol se maintient en bon état.
2. Le Régime des cours d'eau dans le département de l'Aveyron et la question du reboisement, par Paul Burraucr ([° Congrès de l'aménagement des montagnes, Bordeaux, 1905, p. 172-250).
(330 000 têtes), dont le lait sert à fabriquer les célèbres fromages de Roquefort. La pluie, tombant comme sur un crible, disparaît aussitôt, formant çà et là des entonnoirs, et va se rassembler sur les argiles inférieures où circulent dans des grottes les cours d’eau souterrains. « Le paysan renonce à cultiver ce sol ingrat ; la population y diminue de jour en Jour. Mais les Causses n’ont pas toujours été ces déserts d’aspect morne et triste où rien n'arrête nine repose leregard. ls étaient boisés autrefois. » Les forêts ont disparu par le feu, par … les abus d'exploitation et de pâturage. « Une fois les arbres disparus, dit M. MarTEL (‘), il n’y eut plus d’amas de feuilles, ni d’entrelacements de racines pour former et retenir la terre végétale; les pluies torrentielles l’entraînérent et les fissures du sous-sol, mises à nu, engloutirent toute l’humidité : fontaines et citernes s’évanouirent à travers ce filtre que ne bouchait plus le feutre de l’humus. Ainsi asséchés et privés de tous débris végétaux, les champs ne fructifièrent plus et le paysan, ne voulant plus travailler une terre trop peu rémunératrice, l’'abandonna.… Autre résultat non moins fâcheux : avec « lablation du manteau végétal des Causses les eaux ont perdu le régulateur qui les conduisait goutte à goutte et sans brusquerie dans leurs réservoirs intérieurs. » | Le déboisement de ces hauts plateaux a donc eu très certainement pour effet de diminuer la fertilité du sol, de produire la concentration rapide des eaux pluviales dans les thalwegs et, par suite, de donner aux cours d’eau le caractère torrentiel qui est l’un des principaux facteurs des inondations. À En présence du développement de la culture pastorale dans la région des Causses, on ne peut songer à un reboisement complet; mais un reboisement partiel n’offrirait que des avantages (heureuse M influence sur le climat et sur le régime des cours d’eau, abri contre les vents). Si tous les escarpements qui entourent les Causses étaient M revêtus d’une ceinture de forêts, la dégradation de ces roches cal- u caires ou marneuses serait arrêtée. Or, « sur ces pentes calcaires où le déboisement a atteint ses dernières limites, le danger actuel est M palpable, dit M. G. Fagre, l’éminent géologue et reboiseur des Cé-