‹ Les sols forestiersChapitre 138 sur 180 · ME · texte numérisé non relu

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la Savoie, le flysch a un autre facies ; ce sont des conglomérats, des grès, des schistes ardoisiers dont les forces productives sont en général moindres (**). . « L'urgonien est représenté le plus souvent par des calcaires durs, compacts, de

| décomposition très difficile et de fertilité plus que médiocre. La forêt résineuse y est - clairiérée ou interrompue et ne cube guère plus de 150 mètres cubes à l'hectare ; le

diamètre des arbres dépasse rarement 30 centimètres et la production est souvent inférieure à { mètre cube. Ce n’est qu'exceplionnellement, sur des dépôts d'argile rougeâtre, que la croissance est plus satisfaisante et qu’on trouve des massifs à peu près

“pleins, cubant de 200 à 300 mètres cubes. La forêt urgonienne est donc une forêt à

faible rendement ; le taux y descend souvent au-dessous de 1 °/... « En remontant la série crétacique, nous passons sans transition de la misère à l'opu-

… lence ; les schistes calcaires du néocomien (hauterivien et valanginien) nourrissent en

effet ie superbes sapinières cubant jusqu'à 500 mètres à l'hectare et donnant des

à -accroissements de 10 mètres cubes. [l va sans dire qu'en vantant ici la fertilité des

marnes hauteriviennes et valanginiennes nous faisons abstraction des falaises et des éboulements stériles, assez fréquents dans ces formations géologiques. »

M. Schæffer continue à passer ainsi en revue les principaux terrains géologiques de ce pays de Savoie qu’il connaît si bien (le néojurassique, le mésojurassique, le lias, le trias, le carbonifère, l'archéen), faisant ressortir avec précision les rapports qui existent entre la pr RER ligneuse et la constitution géologique des sols.

* « Essai de géologie forestière » (Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et Belfort,

. +. VIIT, 1906, p. 663).

#*# « Les plus belles forêts du Chablais se trouvent sur les terres profondes et fertiles formées Par la décomposition du flysch et, dans certains endroits, la végétation suffirait à en déterminer

. la ligne de démarcation. » (A. CAZIN.)

chaleurs renommées. Grâce à deux essences, chêne vert et pin

d'Alep, merveilleusement adaptées à ces conditions déplorables, le propriétaire peut encore obtenir un rendement d’une dizaine de francs par hectare et par an. Ce revenu, médiocre, il est vrai, s’augmente peu à peu par la hausse du bois de pin.

Donc déjà la forêt donne à ces sols montagneux, à peu près stériles sans elle, une plus-value considérable en même temps qu’elle les améliore par son humus (?); en outre, elle est appelée à rendre des services indirects importants en augmentant la pluviosité de ce climat sec et en retardant la filtration des eaux pluviales, si rapide sur ces calcaires fissurés ; en un mot, en modérant les crues et diminuant les écarts des débits fluviaux (?).

A mesure que l’on utilisera davantage les forces hydrauliques, ce côté utile de la forêt s’imposera de plus en plus à l’attention (°).

Par la force de ces deux considérations (augmentation de revenu, influence hydrologique), le taux de boïsement, déjà élevé (‘), des

Préalpes méridionales est appelé à s’augmenter quelque peu par.

l’extension de la culture forestière sur les terres incultes (lavandières, mauvaises pâtures).

Chaînes alpines. — Dans la région qui s’étend du Léman à l’'Embrunais, les géologues actuels divisent les chaînes alpines en trois

1. Surtout si elle n'est soumise ni au pâturage, ni au soutrage, ni à l'enlèvement des feuilles mortes, pratiques trop fréquentes dans toutes les Préalpes méridionales.

2. Voir plus haut (n° 111) ce que dit M. Marrez à propos du déboisement des Causses, dont la base minéralogique et l'hydrographie souterraine sont physiquement identiques à celles des Préalpes.

3. L'État est en train de constituer sur la chaîne du Ventoux et, bientôt, sur les monts de Vaucluse, de vastes périmètres de reboisement. Quand des forêts en massif plein garniront ces croupes dénudées que l'État achète à raison de 100 francs par hectare, elles exerceront sûrement une heureuse influence sur le climat et sur le régime de la Sorgue dont l’utilisation industrielle, déjà si remarquable, serait encore bien plus complète si son débit était plus régulier.

4. En comparant la carte géologique et la carte forestière du département de Vaucluse, on constate que les limites de la forêt coïncident exactement avec celles de l'infracrétacé. Dès que l'on quitte les riches terrains irrigués de la plaine de Carpentras où il n'y a pas de bois, pour mettre le pied sur les calcaires de l'étage aptien, on trouve la forêt ; elle suit les sinuosités de l'affleurement géol: gique.

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RÉPARTITION DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU S0L g11

| ; . zones concentriques, grossièrement parallèles entre clles et aux Préalpes, et suivant à peu près la courbure générale de 1 haîne, Ce sont :

1° La zone cristalline du mont Blanc et du Pelvoux ou zone cris- …. talline dauphinoise avec le massif des Alpes maritimes (Mercantour) ; Pr. 2° La zone du Briançconnais (2° et 3° zones de Lory);

3° La zone cristalline du mont Rose ou zone du Piémont.

eu Celle-ci ne nous intéresse pas; elle est entièrement située en Italie. ‘4 La première zone, la plus occidentale, celle du mont Blane, est la moins large, mais la plus importante dans lPorographie. Elle est L' essentiellement constituée par des terrains cristallins et strato-crisne. tallins ; elle commence au nord (en France) par le massif du mont

Blanc, se prolonge au sud par la longue chaîne de Belledonne qui fait face aux massifs de la Chartreuse et des Bauges, et se termine par l’imposant massif circulaire du Pelvoux. Recouverte sur 70 kilcmètres par des terrains plus récents, même tertiaires, elle affleure de nouveau dans le massif du Mercantour.

Elle est presque entièrement constituée par des gneiss, micaschistes et autres schistes cristallins dans lesquels les granites et granulites (protogine) forment des filons considérables. On y trouve aussi des phyllades cambriens. Toutes ces roches résistent en général fort bien à l'érosion. Il y a cependant çà et là quelques dégradations.

Les falaises de granite s’effritent par la gelée et donnent des amas

….… d’éboulis. Les schistes cristallins ont souvent leurs feuitlets redressés

-et sont par suite assez facilement délités et brisés par des alternances de gel et de dégel. Sur quelques points, ces roches cristallines ou archéennes sont recouvertes par des lambeaux de terrains plus ré-

… cents affouillables (lias, boues glaciaires) dans lesquels se forment de

petits torrents.

La forêt garnit abondamment ces terrains jusqu'aux limites de la

végétation forestière (2000 à 2300 mètres); une partie de cette

zone est au-dessus de ces limites ; on y trouve les hauts pâturages, puis des neiges éternelles, des rochers, des glaciers (°).

{. « Cette première zone, dit M. Scuærren (oc. cif.), constitue sur des surfaces énormes, à l'entrée de la Tarentaise et de la Maurienne, des sols forestiers, qui ne sont

C’est dans la deuxième zone, celle du Briançonnais, que se trouvent presque tous les torrents, comme on peut le constater dans les vallées de l’Arc, de l'Isère, de la Romanche, qui sont des coupures

transversales dues au travail des eaux et postérieures à la formation

des chaines. Ces vallées permettent d'observer la structure plissée des chaînons et le plus ou moins de résistance des roches. Ainsi, lorsqu'on remonte l’Arc, on traverse, de Saint-Pierre-d’Albigny à La Chambre, la première zone cristalline où les deux versants se présentent en pentes abruntes, solides, bien garnies de végétation; puis, de La Chambre à Saint-Michel-de-Maurienne, on parcourt la partie affouillable de la deuxième zone ; ce ne sont que torrents; les cônes de déjection se succèdent sans interruption, parce que les couches géologiques sont formées d’assises triasiques, jurassiques et tertiaires fortement plissées, disloquées, peu résistantes aux agents atmosphériques.

Le trias renferme de nombreuses couches de gypses et de cargneules qui se désagrègent facilement. Il faut tenir compte aussi de l’action dissolvante des eaux sur les amas de gypse dont la disparition amène souvent des glissements et des éboulements. Ces gypses et

cargneules forment des sols détestables à tous les points de vue

(aptitude à la dégradation et fertilité) [].

Les terrains Jurassiques sont représentés par des argiles, des marnes et des calcaires bleus plus ou moins schisteux, mais néanmoins très altérables après quelque temps d’exposition à l’air; ce

pas sans valeur. La production y est en moyenne de 3 à 4 mètres cubes et peut s'élever à 6 ou 7 dans des conditions favorables.

« Comme les éléments siliceux dominent dans ces terrains, leur énvahissement par la lande d'airelles et de rhododendrons est extrêmement fréquent et les pâturages y sont presque toujours médiocres. L'archéen est, par destination, le domaine de la forêt et depuis les contreforts du mont Blanc jusqu'aux glaciers de Belledonne, il offre à l'activité féconde du reboiseur un champ presque illimité. » |

1. « Si les gypses purs, garnis presque uniquement de pins de montagne (en Savoie), occupent à peu près le dernier degré de l'échelle des sols avec une production inférieure à { mètre cube, les marnes du keuper fournissent des terres à bois de bonne qualité. Les massifs situés sur les cargneules, les dolomies et les quartzites triasiques sont d'ordinaire médiocres, mais incontestablement supérieurs aux forêts sur-gypse qu'on a accusées, non sans raison, d'appauvrir leurs propriétaires. » (SCHÆFFER, loc. cit.)

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sont eux qui donnent surtout les fameuses terres noires si redoutées

des reboiseurs. |

Dans l’éocène on trouve des schistes, des grès nummulitiques,

44 dans l’oligocëne des grès et des conglomérats peu résistants.

—. Cette portion de la vallée de la Maurienne est le lieu d'élection des

ne - grands torrents ; à chaque pas l’œil est attristé par des érosions

ne. étendues et profondes amenant le glissement et le bouleversement

de pans entiers de montagnes. On y a créé de nombreux périmètres où l’on travaille activement à arrêter ces dégradations et à fixer le

sol par des barrages et des reboisements.

De Saint-Michel à Modane on voit à nouveau des versants solides constitués cette fois par les schistes et grès anthracifères (°); après Modane se montre une étroite zone plissée de trias et de Jurassique, c’est-à-dire de terrains affouillables où réapparaissent les torrents ;

. puis on arrive, près de la frontière, à la troisième zone alpine, la

zone cristalline et solide du Piémont (?).

- Au sud du Pelvoux, la région drainée par la Durance et ses affluents ne se laisse plus diviser en ces trois zones dont on vient de parler. Les roches éruptives et cristallophylliennes y font défaut ; tous les affleurements sont formés par les couches altérables précédentes (trias, jurassique, tertiaire).

Les conditions climatiques deviennent en même temps moins favo- . rables à la végétation et à la conservation du sol (air plus sec, absence de brouillards, petit nombre de jours de pluie, orages violents, mais de courte durée, sans série de pluies à leur suite). En outre, depuis longtemps les forêts ont disparu devant les abus d’exploitation et de dépaissance, le pâturage excessit des mou-

1. Qui ont en ce point leur plus grande largeur et formaient la troisième zone de …. Lony. Ce géologue divisait en deux la zone du Briançonnais. Sur ces schistes houillers, …. Ja végétation forestière est assez belle. La forêt de Saint-Michel-de-Maurienne renferme … des parcelles de futaie jardinée dont Je matériel s'élève à 450 mètres cubes par hecare.

2. D'après M. Termier, cette zone serait due au métamorphisme du terrain permocarbonifère (2° série cristallophyllienne) et des terrains secondaires, peut-être même tertiaires (3° série cristallophyllienne — série des schistes lustrés et des Pietre verdi). |

tons et des chèvres a dégarni le sol, surtout à l’adret (‘), de sa cuirasse végètale, si bien que toutes les circonstances se trouvent réunies pour faire de l’Embrunais et de la vallée de Barcelonnette la terre classique des torrents.

Si l’on s’en tient aux grandes lignes, les versants des vallées de la Durance (dans l’'Embrunais) et de l’Ubaye sont formés, dans leur moitié inférieure, par d’épaisses couches de calcaires argileux et de marnes schisteuses, noires, appartenant surtout aux étages bathonien, Callovien et oxfordien. Ces schistes marneux, durs lorsqu'ils viennent d’être découverts, se délitent très facilement sous les alternatives, incessantes dans les Alpes, de gel et de dégel, de sécheresse et d'humidité, et se transforment en une boue noire plus ou moins fluide, entraînée dans le lit des torrents où, mêlée aux blocs éboulés, elle forme une « lave » qui recouvre tout sur son passage (Voir n° 410 et chap. XVIT.

Ces « terres noires » sont avec les « boues glaciaires » (*) les terrains le plus facilement affouillables, dans lesquels se creusent le plus vite des torrents particulièrement difficiles à corriger (°). |

Au-dessus de ces épaisses couches jurassiques, toujours schisteuses et plissées, règne jusqu’au sommet de ces montagnes (3000 mètres)

1. Les versants exposés au sud (à l'adret) sont en bien plus mauvais état que ceux qui sont tournés vers le nord (à l'ubac), parce que c'est aux expositions chaudes que la neige fond tout d'abord et que l’herbe verdit. C'est là que sont les pâturages de printemps dont les moutons affamés rongent les premières pousses, déracinant les touffes, péélinant le sol humide tout prêt pour l'érosion.

2. Les dépôts pléistocènes (terrain erratique, boue glaciaire, dépôts sur les pentes, alluvions de l'ancienne torrentialité) abondent dans toutes les Alpes, qui n'étaient à ‘l'époque quaternaire qu'un immense glacier. Ges terrains de transport forment des masses peu consistantes renfermant des blocs de toutes grosseurs noyés dans des sédiments plus fins. Leur épaisseur, subordonnée au relief du terrain qui les supporte, peut atteindre plusieurs centaines de mètres. Il s'y forme très aisément de profondes érosions, de véritables torrents.

3. Lorsqu'on s'élève un peu sur les versants au-dessus de Barcelonnette ou d'Embrun, on voit très bien la limite entre les terres noires et le nummulitique, parce que c'est là que commencent les grandes érosions apparaissant de loin sous forme de grosses taches noires; par exemple, dans les torrents du Riou-Bourdoux, de Saint- Pons, de Faucon, du Bourget, les sommets des combes noires sont sur une ligne qui suit à peu près l'inclinaison de la vallée.

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le terrain nummulitique (éocène) constitué par des roches plus résistantes, grès, calcaires, schistes, qui se délitent plus ou moins, mais sans donner la boue noire fluante des marnes jurassiques.

L'administration forestière travaille activement, depuis quarante ans, à cicatriser ces énormes plaies, à fixer le sol par la végétation herbacée ou ligneuse. C’est la forêt qui remplit avec le plus d’efficacité ce rôle protecteur. C’est elle qui doit occuper tous les versants rapides et tous les emplacements ravinés. Par l’extension de la forêt sur les points les plus menacés, par la restauration et la réglementation des pâturages, on peut arriver à arrêter toutes ces érosions, Si vastes qu’elles soient, et à reconstituer à peu près partout l’armature végétale indispensable pour maintenir en bon état de tels sols sur de telles pentes et sous un tel climat.

Le taux de boisement des neuf départements de la région forestière dite alpestre (Voir tableau I) comprenant toute la région géologique des Alpes françaises n’est que de 22,3 °/, ; d’après la statistique, il ne se serait accru que de 1 °}, de 1862 à 1892. Ce taux de 22 °/, est beaucoup trop faible (°).

L'État acquiert les parties les plus dégradées pour y créer des périmètres de reboisement. Ces forêts futures, péniblement installées en vue de leurs services indirects, donneront probablement plus tard, comme celles des dunes de Gascogne, des revenus d’une certaine importance.

Les prix des bois haussent constamment ; ce fait ne peut que s’accentuer à mesure que les voies de communication se multiplieront

1. I] n'est même pas atteint dans les régions où les forêts seraient le plus utiles. Dans l'inspection de Barcelonnette, qui comprend tout le bassin hydrographique de l'Ubaye, soit 103 493 hectares, les forêts ne eouvrent que 17 675 hectares, soit à peine 17°. C’est un chiffre inférieur à la moyenne de la France quand il devrait être au moins le double pour assurer au sol une protection suffisante. On atteindra ce chiffre de 34°/, après la constitution complète et définitive du périmètre de restauration de l'Ubaye qui englobera 18 000 hectares. Malheureusement, pendant que l'État dépense de fortes sommes à restaurer les terrains dégradés de la vallée, les particuliers besogneux, alléchés par le haut prix des bois, exploitent avec excès, créant . de divers côtés de nouvelles érosions. C’est la toile de Pénélope. Pendant qu'on ferme une plaie on en laisse d'autres s'ouvrir. Ce qui se passe dans la vallée de Barcelonnette se reproduit plus ou moins intensément dans toutes les montagnes de France (Plateau central, Pyrénées, Alpes) où le sol se dégrade.

382 ÉTUDES FORESTiÈRES

et que l’industrie, attirée par les forces hydrauliques, viendra s’implanter jusqu’au fond des vallées.

Les Alpes étaient autrefois, comme le Plateau central, une région où le bois, ne pouvant être exporté, n’avait pas de valeur; aussi les forêts ont-elles été saccagées à outrance pour faire place au pâturage dont les abus ont amené les dégradations énormes que l’on constate aujourd’hui.

Des associations joignent en ce moment leurs efforts à ceux de administration pour enrayer le mal et réparer les dégâts (*).

Il y a déjà beaucoup de torrents corrigés; mais l’œuvre de restauration est loin d’être terminée.

115. Bassin parisien. — Le bassin parisien qui englobe plus du quart de notre territoire est une vaste région de plaines et de coteaux s'appuyant de toutes parts sur des terrains anciens, sauf au POS ouest, où elle s'ouvre largement sur la Manche.

Le sol, généralement de bonne qualité, le climat doux, le relief peu accentué (?), la population dense et riche sont autant de conditions favorables à la culture agricole. On n’y trouve nulle part les orandes érosions des régions montagneuses précédentes; le phénomène torrentiel y est inconnu; la forêt n’a donc pas à Jouer ici de rôle protecteur et la culture forestière n’y doit être considérée qu’au point de vue de la mise en valeur du sol ou de l’augmentation de son revenu (°). |

Dès lors, sur cette vaste surface, si les choses se passent confor-

1. Une campagne active se poursuit partout, aux États-Unis comme dans l'ancien continent, en faveur du reboisement des montagnes, « [1 n'est pas possible que de cet effort universel il ne résulte quelque mesure énergique et efficace. » Les congrès internationaux d'agriculture et de sylviculture tenus à Rome (1903) et à Vienne (1907) ont émis des vœux dans ce sens. Les esprits éclairés sont de plus en plus de l'avis de SURELL qui disait excellemment, dès 1872 : « De la présence des forêts sur les montagnes dépend l'existence des cultures et la vie de la population, Ici le boisement n'est plus, comme dans les plaines. une simple question de convenance : c'est une œuvre de salut, une question d’être ou de n'être pas. »

2. Il ne dépasse pas 500 mètres, si l'on ne tient pas compte des basses Vosges,

3. Le maintien de la forêt peut importer aussi, sur les pentes, à l'entretien des sources.

| mément à la logique, l’agriculture devra s’exercer, avec son mode … intensif, sur tous les sols de bonne qualité; les forêts seront conx | servées ou installées sur les terres pauvres, incomplètes, inaptes, sous le rapport physique ou chimique, à une exploitation agricole Dose.

nn C'est ce qui est à peu près réalisé dans le bassin de Paris, depuis wi Jongtemps peuplé et civilisé ; l’exploitation du sol y est presque par- # tout conforme aux données théoriques.

. Les défrichements de la forêt primitive qui couvrait à l’époque romaine presque tout le bassin (*) n’ont généralement porté que sur | les parties les plus fertiles. Les habitants ont sagement laissé la forêt 1 sur les sols qui ne pouvaient rémunérer suffisamment leurs efforts. Pourtant, dans les périodes de grande prospérité financière, quand … la terre, avant l’avènement des valeurs mobilières, avait atteint un prix exagéré, on a défriché de vastes surfaces de forêts en sol mém…diocre. Ces terres donnèrent pendant quelques années de belles récoltes, grâce à l’humus accumulé par des siècles de végétation fores- “…. tière. Mais une fois que cette réserve fut épuisée, le sol revint à sa Ms initiale ; les récoltes se montrèrent de plus en plus maigres, … parce qu'on n’apportait pas à ces terres éloignées des villages les | engrais nécessaires, et beaucoup de ces bois défrichés restèrent — bientôt incultes ; on doit maintenant y réinstaller la forêt qu’on a eu — le tort de faire disparaître. L’agriculteur tend de plus en plus à …. porter tous ses efforts sur les meilleures terres dont il cherche à obtenir le rendement maximum ; celles qui ne sont plus cultivées peuvent être utilisées quelquefois par la culture pastorale, presque toujours, et avec bien plus d'avantage, par la culture forestière. 1 Il résulte de ce qui vient d’être dit qu'il doit y avoir dans le bassin de Paris une relation entre la distribution des forêts et la nature 4 du sol. Nous allons voir qu’elle existe en effet; comme dans cette 5. | région riche et bien peuplée le bois a toujours eu de la valeur, elle - n'a pas été troublée par les circonstances économiques indiquées plus haut pour le Plateau central ou les Alpes.

D'abord on constate (Voir le tableau Il) que dans la moitié occi-

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