‹ Les sols forestiersChapitre 143 sur 180 · TL TT · texte numérisé non relu

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différents aussi. Il y a même un terrain, le terrain crétacé (6), où ce

taux était primitivement nul; les nombreuses taches de forêts que la carte y accuse sont des boisements (pineraies) de nouvelle création. La craie blanche est en train de devenir une région forestière et productive, malgré la nature, grâce aux efforts de l’homme.

Cette troizième zone forestière de l’auréole secondaire, qui suit exactement les limites de l’infracrétacé, est la mieux marquée, parce qu’elle a un taux de boisement très élevé et qu’elle confine par sa lisière occidentale à la large bande crétacée absolument dépourvue de forêts spontanées. Les deux autres zones forestières, celle de l’ancien jurassique inférieur (aujourd’hui mésojurassique) et celle de l’ancien jurassique moyen (compris maintenant dans le néojurassique), sont très boisées aussi, mais ressortent moins nettesacnt, parce qu'il y a encore une assez forte proportion de forêts sur les zones intercalaires (‘). Ainsi la plaine de la Woëvre (callovien, oxfordien inférieur), qui est comprise entre les deux premières zones forestières, celle du mésojurassique à l’est ct celle du néojurassique (corallien) à l’ouest, a un taux de boisement qui s’élève à 14 °L.

L’infracrétacé n’affleure que dans la région orientale du bassin ; il

n'en est pas de même pour le crétacé qu’on trouve aussi à l’ouest

contre la lisière du massif armoricain.

Système crétacé. — Le Système crélacé est presque entièrement

1. On le voit sur la carte de l'Aube où la zone forestière du séquanien ou corallien (n° 9 de la carte), est séparée de la zone forestière infracrétacée (n° 7), par le jurassique supérieur (n° 8), dont les marnes du kimeridgien ou virgulien et les calcaires Mmarneux du portlandien, bien qu'en grande partie réservés à la culture agricole, portent encore quelques forêts dans les parties les moins propices à l'agriculture.

Dans l’Aube on est à la limite méridionale du large affleurement crétacé qui s'étend de Troyes à Rethel et l’on voit qu’au sud-ouest de Troyes, l'infracrétacé (7) touche presque à l'éocène {5) formé là par des argiles à silex, sol éminemment forestier. La Craie blanche qui s'étend sur tout le nord du département se rétrécit au sud de la forêt d'Othe en une bande étroite, du moins comme zone affleurante,

M, Ména estime (Les reboisements dans le département de l'Aube », Revue des Laux et Foréts, 1907, pp. 193-207), que la forêt occupe au moins les deux tiers de la surface de la zone infracrétacée (région du Gault). Le sol y est formé de sables plus ou moins argileux et d'argiles presque toujours recouvertes, dans les parties boisées, par un dépôt superficiel dit « limon des terrasses »,

représenté dans le bassin de Paris par des calcaires crayeux, tendres, d'abord glauconieux (cénomanien), puis marneux (turonien), enfin par la craie blanche du sénonien qui, de Troyes à Rethel, affleure sur une large surface formant les immenses plaines de la Champagne Pouilleuse. Dans cette portion orientale de l’auréole crétacée, les sédiments marneux ou sableux ne se rencontrent qu’un peu à la base (cénomanien) ; tout est de la craie. Dans la moitié occidentale, ces dépôts marneux ou sableux prennent beaucoup plus d’importance. Mais, à l’est comme à l’ouest, les sols formés par toutes ces roches sont de la plus mauvaise qualité. Même la végétation forestière, si peu exigeante pourtant, n’a Jamais pu s'implanter spontanément dans les plaines champenoises. De tout temps elles ont été nues (‘), mais depuis une cinquantaine d’années s’accentue le reboisement de ces landes stériles à l’aide de résineux et notamment du pin laricio d'Autriche. Outre que cette essence, très bien appropriée au sol, donne des revenus importants (300 francs net par hectare à vingt-

1. « Les terrains crétacés couvrent un bon tiers de la surface du département de l'Aube (n° 6 de la carte). C’est un pays nu et misérable se présentant sous l'aspect de plateaux mamelonnés que bordent de petites falaises crayeuses. Sur ces plateaux et ces falaises, le sol, constitué par la craie, est nu, maigre, presque stérile ; c'est à peine s'il peut produire du seigle, de l'avoine, du sarrasin. Las de travailler pour ne rien récolter, le cultivateur abandonna de plus en plus ces terrains pauvres qui, avant les plantations de pins effectuées activement depuis cinquante ans, n'étaient plus que de vastes friches improductives. M. MÉNA évalue à plus de 15 000 hectares la surface occupée par les bois de création récente dans le crétacé de l'Aube. C'est d'abord le pin sylvestre qui a été employé ; on lui préfère, aujourd'hui, à bon droit, le pin noir d'Autriche. Les résineux sont introduits par plantation à 2 mètres de distance dans tous les sens. » (MÉNA-PARDÉ, loc. cüt.)

La configuration des petits massifs rectangulaires portés sur la carte montre bien qu'il s'agit de plantations.

Le taux de boisement est déjà de 8 °/, environ pour tout le crétacé de la Champagne Pouilleuse ; il est probable qu'il sera bientôt doublé.

C'est sur ce terrain crétacé qu'ont surtout porté les reboisements. M. MÉNA estime que, dans l'Aube, environ 500 hectares seulement ont été reboisés sur chacune des trois zones géologiques qui, avec l'éocène, forment tout le département et qui sont : 1° les terrains jurassiques ; 2° les sables et argiles panachées du barrémien, les argiles à plicatules de l’aptien et les sables verts de l’albien ; 3° l'argile téguline et les marnes du gault, recouvertes, par places, de limon des plateaux.

Sur l'éocène (argile à silex) de ce même département, la superficie occupée par les bois créés depuis cinquante ans est évaluée à 1 500 hectares au minimum.

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