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cinq ans, d’après M. MÉNA), c’est elle qui améliore le plus vite les - sols crayeux, grâce à son feuillage abondant qui se transforme peu à
- En présence de la valeur croissante des bois, il est certain que ces
… rcboisements, qui ont été effectués par les particuliers avec leurs … propres ressources, ne feront que prendre plus d’extension et l’on
entrevoit le moment où la Champagne Pouilleuse sera une région
forestière, mais artificielle, due uniquement (fait très rare) aux … efforts de l’homme.
Obtenir sur de tels sols un revenu net de 192 francs par hectare et
par an est déjà un beau résultat ; ce revenu ne pourra qu’augmenter
avec l’accroissement de fertilité qu’amènera sûrement la végétation
…. forestière permanente (').
…… Dans la partie occidentale du bassin, les affleurements crétacés sont
beaucoup moins importants; les étages supérieurs de la série manquent. Il n’y a guère que du cénomanien et du turonien repré-
…sentés par des sables, marnes et craies glauconieux, de la craie … micacée ({uffeau) ; les sols donnés par ces roches sont peu fertiles et … souvent boisés (forêts de Chinon, Loches, Bellême, etc.) [?]].
Système éocène. — Les terrains éocènes sont encore disposés
….circulairement et forment une auréole à peu près continue. On les a
divisés en cinq étages où l’on rencontre surtout des sables et orès g
… (sables nummulitiques du Soissonnais, sables de Beauchamp), des
argiles (argile à silex, argile plastique), des calcaires (calcaire grossier), des marnes et des gypses.
Un certain nombre de ces couches n’ont pas les qualités requises
pour faire de bons sols agricoles et sont restées boisées. Les plus
1. M. Rise donne un chiffre beaucoup plus élevé. « Au bout de vingt à trente ans, les pins valent de 1 000 à 1 100 francs par hectare, soit comme perches, soit comme
bois de chauffage. Le revenu des essences feuillues qu'on mélange souvent par lignes … alternantes avec les pins couvre à peu près les contributions et les frais de garde. En
même temps, le sol s’est amélioré et l'on estime que sa valeur productive a doublé. » (Géologie agricole, t. II, 1889, p. 135.) 2. « Dans le Maine, le cénomanien est presque uniquement arénacé (sables et grès
du Maine) et cela se révèle de suite au grand nombre des bois de pins couronnant les hauteurs qui, avant ces plantations, étaient désertes et arides. » (A. DE LAPPARENT.)
importants de ces terrains foresliers sont, par ordre d’ancienneté de formation : |
4° L’argile à silex. — À l'horizon des plaines de Champagne s'élève la falaise tertiaire (pays d’Othe, montagne de Reims) couronnée par l’argile à silex. Ces silex, qui proviennent de la démolition de la craie, se rencontrent sur toute la partie du bassin qui est à l’ouest des plaines champenoises.
Cette argile, ou plutôt ce conglomérat à silex, est un sol essentiellement forestier (Voir n° 121, sol de la forêt de Bercé) qui porte un grand nombre de nos plus belles forêts de chênes (*). Partout cette formation recouvre la craie, soit directement, soit par l’intermédiaire de l’argile plastique.
La relation étroite qui lie ce terrain à la culture forestière se voit nettement sur la carte forestière ci-jointe du département de l'Aube.
L’éocène (5) est limité par un pointillé très sinueux qui enferme
la pointe orientale de la forêt d’Othe, laquelle se prolonge à l’ouest, 1
sur ce même terrain de l’argile à silex, jusqu’à Joigny, dans l'Yonne.
Le pays d’Othe est un vaste plateau boisé terminé par une falaise sinueuse découpée dans la craie et qui est partout recouvert d’argile plastique avec silex. La forêt couvre environ la moitié de ce dépôt tertiaire dans le département de l’Aube (°);
2 Les sables nummulitiques du Soissonnais, le calcaire grossier et les sables de Beauchamp sont encore des régions très boisées, parce que la forêt peut seule utiliser ces sols pauvres. Les grandes forêts de Saint-Gobain, Coucy, Compiègne, Clermont, Chantilly, Halatte, Ermenonville, Villers-Cotterets, etc., y sont installées.
Système oligocène. — Le Système oligocène renferme dans son étage supérieur (stampien) une assise importante qui est exclusive-
ment réservée à la culture forestière ; c’est celle des sables et grès
nn.
1. Citons les forêts de Bercé, Vibraye, Petit-Perche, Haut-Perche, La Ferté-Vidame, Senonches, Longny, Châteauneuf, Dreux, Blois, Othe.
2. « La culture agricole, dit M. Ména (oc. cit.), n'occupe que les fonds des vallées,
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les abords des villages et, sur le plateau, les terres les plus fertiles... La principale
production de la contrée est le cidre. Les très nombreuses plantations de pommiers …
et de poiriers donnent à tout le pays l'aspect d'un massif boisé ininterrompu. »
RÉPARTITION DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU 80L 393. de Fontainebleau, sur laquelle sont situées les grandes forêts de Fontainebleau et de Rambouillet.
La bordure orientale du plateau oligocène, de Reims à Nogentsur-Marne, est aussi très boisée.
Enfin, dans le Système miocène sont compris les sables de V Orléanais presque entiérement couverts par les 30000 hectares de la forêt d'Orléans. À ces sables de l’Orléanais qui sont au nord du coude de la Loire à Orléans, succèdent, dans la concavité de ce coude, au sud d'Orléans, les sables et argiles de la Sologne, qui étendent, du Gâtinais jusqu’à la Touraine et au Berri, leur nappe imperméable et infertile de 450 000 hectares. Le sol est formé soit de sables secs, soit d'argile imperméable, soit de cailloux agrégés en tuf dur impé-
. nétrable aux racines. Ces terres, remarquablement pauvres au début
du dix-neuvième siècle, constituaient une région misérable et désolée, couverte de landes incultes, de marais où les fièvres régnaient en permanence. Depuis soixante ans celte contrée a été l'objet d'efforts persévérants qui l’ont complètement transformée et la ramènent à son ancien état de prospérité ; car la Sologne était autrefois un pays sain et très boisé. On a mis en culture les meilleures parties ; on a créé des prairies dans les endroits humides et fait des boisements de pin (sylvestre et maritime) sur les terrains les plus mauvais (°).
La Sologne redevient une région forestière ; l’atlas forestier de la France marque déjà de nombreuses taches boisées qui augmentent chaque année.
C’est la création des pineraies qui a surtout provoqué l’asséchement du sol et amené, comme dans les landes de Gascogne, la disparition des fièvres paludéennes (°).
Les terrains miocènes sont les derniers dépôts marins du bassin
parisien. À la fin de l’époque miocène, la mer est rentrée dans ses limites actuelles,
1. M: Ganxox estime qu'exploitées à quarante ans, les plantations de pin sylvestre en Sologne peuvent rapporter 45 francs par hectare et par an.
2. La question « Reboisement des friches ; moyens de le favoriser » a été longuement discutée au VII Congrès international d'agriculture qui s'est tenu à Vienne
les 21-25 mai 1907. Elle a fait l'objet de quatre rapports très approfondis, dus à des forestiers éminents d'Autriche, de France et d'Italie, MM. Drmirz, RugpiA, PARDÉ, P&-
116. Bassin aquitanien. — Ce bassin, aussi appelé bassin de Bordeaux ou encore bassin sous-pyrénéen, est borné au nord par le massif armoricain, à l’est par le Plateau central, au sud par les Pyrénées. À l’ouest, ce vaste plan incliné qui s’appuie sur le bord du Plateau central plonge sous l'Océan.
Les terrains secondaires n’y sont plus disposés en auréoles concentriques, mais en bandes parallèles à la lisière sud-est—nord-ouest du Plateau central. Ces bandes d’altitude décroissante, comme dans le bassin de Paris, sont d’abord les terrains jurassiques superposés parfois à quelques affleurements triasiques, puis le crétacé supérieur, puis l’éocène et surtout l’oligocène, lequel est limité par le cours de la Garonne, depuis Toulouse jusqu’à l’embouchure. Au sud du fleuve jusqu'aux Pyrénées, règnent les terrains miocènes recouverts dans la région landaise par les sables pliocènes ; un bourrelet de dunes (terrain moderne) borde tout le littoral.
Dans ce bassin, la forêt devrait d’abord occuper les terrains qui ne peuvent donner de récoltes rémunératrices. Souvent, en outre, surtout vers les contreforts pyrénéens, il serait utile de l'installer sur les versants fortement inclinés et exposés aux vents pluvieux, pour rete-
roNA. Tous adjurent les gouvernements de s'intéresser au boisement des friches, qui doit être considéré comme une mesure d'utilité publique. Voici le vœu qui, sur la proposition de M. Dimirz, ancien directeur général des forêts autrichiennes, a été formulé par le Congrès : « Étant donné que les progrès dans le domaine de la civilisation matérielle ont pour conséquence un accroissement constant des besoins en bois d'industrie; que, par cela même, les conditions générales de l'Europe démontrent l'utilité de la conservation, voire de l'augmentation des domaines forestiers actuels ;
« Gonvaincu que le boisement des terrains incultes est de nature à favoriser non seulement la culture du sol dans son ensemble et sous toutes ses formes, mais encore le bien-être général,
« Le VIII Congrès international d'agriculture transmet aux gouvernements des États
intéressés à la question le résultat de ses délibérations approfondies, en y joignant Ia prière de favoriser par tous les moyens disponibles le boisement des territoires en friche et, en particulier, la restauration des forêts en montagne. »
Le VII® Congrès international tenu à Rome en 1903 avait déjà émis le vœu « que les gouvernements pourvoient d'une manière plus énergique à la conservation et à l'amélioration des forêts existantes, comme aussi à l'extension du reboisement des terrains dénudés, spécialement dans les bassins torrentueux des hautes montagnes ». Cette question vitale du reboisement préoccupe à bon droit les esprits prévoyants de l'Ancien et du Nouveau Monde.
nir les matériaux et diminuer l’ensablement de la Gironde, si nuisible à la navigalion, pour alténuer l'intensité et la rapidité du ruissellement et, par suite, des crues désastreuses.
Le bassin correspond à l’ensemble des deux régions forestières : languedocienne et landaise (VIT et VIT de la carte ci-jointe).
La région languedocienne (Voir le tableau IT) comprend dix départements ; elle n’a qu’un taux de boisement de 15,7 °},, inférieur au taux moyen de la France. Cette proportion n’a pas varié de 1862 à 1892. Dans cette même période, la région landaise a plus que doublé son coefficient, 1l est passé de 21 °/, à 46 °[, ; c’est actuellement le pays le plus boisé de France. |
Mais le reste du bassin ne l’est pas assez ; beaucoup de terrains incultes ou peu productifs devraient être boisés (*). Les terrains sur lesquels on voit le plus de forêts sont les calcaires jurassiques (forêts d’Aulnay, de Braconne) [*], les calcaires du néocrétacique, qui sont ici des calcaires durs et non plus de la craie, les calcaires et sables tertiaires (calcaires et molasses, sables et grès ferrugineux du Périgord, etc.).
Ces forêts sont d’ailleurs dans le plus triste état et ne donnent que des revenus insignifiants, parce qu’elles sont mal traitées par leurs propriétaires. Les deux départements de la Dordogne et du Lot, les plus boisés de la région (ils renferment ensemble 317 000 hectares de forêts ou soi-disant forêts, c’est-à-dire le tiers de la surface boisée de la région languedocienne [ VIT du tableau), sont complètement privés de bois soumis au régime forestier. Ces 300 000 hectares,
1. Ainsi M. Riscer insiste avec raison dans sa Géologie agricole pour qu'on reboise en Armagnac des coteaux pierreux et stériles « qu'on n’eût jamais dû déboiser. Des bois de chêne occupaient autrefois le cinquième du territoire. Beaucoup ont été défrichés pour faire place à des vignes qui furent bientôt phylloxérées et durent être arrachées. Tous ces vignobles disparus ont créé des friches abandonnées au ruissellement des pluies qui les ravineront, si on ne fait pas un effort pour reconstituer la forêt. Depuis cinquante ans, dans le Lot surtout, les forêts de pins se sont multipliées sur les croupes arides où le Sarothamnus scoparius et l'Erica scoparia, malgré leur rusticité, avaicnt de la peine à végéter. » On sème la graine de pin maritime dans le blé ou l'avoine.
2. Une zone forestière bien prononcée, dirigée du nord-ouest au sud-est, se poursuit, quoique interrompue, des environs de Niort à ceux de HOnFARERR et coïncide avec la bande jurassique de semblable direction.
entre les mains des particuliers ou des sections de communes, ne sont le plus souvent que de misérables taillis, sans arbres, n’ayant de forêts que le nom (°).
La région landaise est une vaste plaine triangulaire où règnent des dépôts récents, des sables pliocènes (landes) et pléistocènes (dunes). Elle est comprise entre l'Océan, la Garonne et l’Adour. La base de ce triangle forme, le long de la mer, une ligne droite de plus de 200 kilomètres; c’est la région des dunes. Son sommet est à Nérac. La surface est d’environ 80 000 hectares ; elle est presque entièrement contenue dans les deux départements des Landes et de la Gironde (°).
Le sol est uniformément composé sur ces immenses plaines par du sable siliceux fin, mélangé à quelques grains d’oxyde de fer et à des débris organiques. Il est d’une extrême pauvreté (n° 122) et repose sur une couche de grès imperméable (alios) dont la formation, qui dure encore, a été expliquée précédemment (n° 57). Cette couche, rapprochée de la surface dont elle suit les ondulations, empêchait V’infiltration des eaux pluviales et transformait la région en une série d’étangs et de marécages. Avant les travaux d’assainissement et les plantations de pins maritimes, c'était une région déserte, inculte et malsaine. Aujourd’hui c’est une contrée des plus prospères, dont les conditions hygiéniques sont excellentes. C’est la forêt qui a opéré cette merveilleuse transformation ; c’est le pin maritime, l'arbre d’or, comme on l’a justement appelé, qui a été le sauveur des Landes.
1. « Sont-ce bien des forêts ? Voyez la Double, qui porte le quart de la surface boisée du département de la Dordogne et dont les taillis sans arbres sont incendiés, rasés et pâturés à merci. » (BrorzzianD.) La Double est une région de 5 000 hectares qui s'étend entre l'Isle et la Dronne au sud de Ribérac. Le sol est très pauvre, formé par les sables et grès ferrugineux du Périgord qui ne sont aptes qu'à la culture forestière. Elle y règne, en effet, mais en quel état ! « La plupart de ces bois sont envahis par les ajoncs et les bruyères qui les transforment peu à peu en landes et le sol
s'appauvrit d'autant plus vite que ces ajoncs et bruyères sont exportés et vendus comme litière. » (RISLER.)
2. Elle forme la pointe sud-ouest du Lot-et-Garonne, jusqu'à Nérac : sans les pineraies qui couvrent presque entièrement ces sables, ce département, dont le taux de boisement est de 14 °/,, n'aurait pas 6 °/, de forêts.
« Nous croyons, dit M. Hurrez (‘), qu’il n’y a aucune exagération à estimer à 44 millions de francs le revenu net total actuel du domaine forestier des communes et des particuliers dans les Landes ; sa valeur
… en capital dépasse certainement 450 millions de francs, ce qui cor- . respondrait à une valeur moyenne d'environ 700 francs par hec-
tare.… Si on ajoute à la valeur des pignadas communales et particulières des landes celle de la forêt domaniale des dunes, on arrive à un total de plus d’un demi-milliard de francs. Telle est la richesse créée par la forêt sur un sol qui paraissait voué à une éternelle sté-
rilité. »
L'État possède sur les dunes qui bordent l'Océan une longue bande de forêts, d'environ 50 000 hectares, peuplées aussi presque exclusivement de pin maritime comme la pignada landaise. Le boisement de cette zûne de forêts de protection a coûté environ 160 francs par hectare. Actuellement (1908), les forêts domaniales des dunes du
- département des Landes, après avoir plus coûté que rapporté jus-
qu’en 1895, donnent un revenu net de 21°60 par hectare. L’ère des sacrifices est passée. L'État sera bientôt rentré dans ses avances (°).