‹ Les sols forestiersChapitre 145 sur 180 · Économie forestière, t. I, 1904, p · texte numérisé non relu

Économie forestière, t. I, 1904, p

2. Entre le Plateau central et le Jura s'étendent, au nord de Lyon, les grandes plaines de la Bresse et de la Dombes, qui forment la partie principale de la région géologique dite bassin du Rhône. La mer miocène y a laissé des couches de molasse

…. recouvertes presque partout par des dépôts pliocènes qui sont, d'abord, les marnes de

la Bresse (dépôt d'eau douce de l'étage plaisancien), puis, au-dessus, des sables ferrugineux, dits de Trévoux, de l'époque astienne. Par-dessus cette nappe de sables et de vailloux se sont étendus d’autres graviers (graviers de Ghagny, étage sicilien) auxquels se rapporterait la majeure partie des cailloutis des forêts de Chaux et d'Arne.

« L'épaisseur de ces sables ferragineux ne dépasse guère 15 à 25 mètres ; mais ils s'étendent sur de vastes surfaces dans les départements du Doubs, de Saône-et-Loire et de l'Ain. Quand ils ne sont pas couverts d'une couche assez épaisse de limon jaune ou lehm, ils ne peuvent guère être cultivés avec profit ; ils conviennent mieux à la production du bois qu'à celle du blé et, en effet, la plupart des grandes forêts de la Bresse, celles de Ghaux (25 000 hectares), de Rahon, du Gatey, de La Ferté, de Givry, de Marloux, de Chagny, etc., occupent les sables ferrugineux, quelquefois couverts de graviers quartzeux et parsemés d'ilots de limon jaune. » (Riscer.)

zone des montagnes dénudées des environs de Constantine est due uniquement à la dévastation ancienne dont les effets persistent et s’aggravent par l'impossibilité de protéger les restes de broussailles qui pourraient devenir l’embryon de la reconstitution forestière. »

Après ces courts extraits du rapport de M. Ficheur, citons sa conclusion qui affirme, de la façon la plus catégorique, la relation existant — ou devant exister — entre les forêts et la nature géologique du sol :

« 4° Les terrains boisés, complètement ou partiellement, aussi bien dans la région littorale que dans les massifs du Tell et dans les chaînes du Hodna, du Belezma et de l’Aurès, appartiennent à des zones de constitution géologique bien définie, formées par des assises qui fournissent un sol essentiellement forestier et, par la nature même de ses roches, impropre à la culture et à la colonisation, sauf sur quelques points particuliers très limités ;

« 2° Il faut considérer que la forêt s’est adaptée sur les terrains qui lui étaient propices et qu’à l’époque présente une grande partie des chaînons montagneux, jadis incontestablement boisés, et dont la constitution géologique est identique à celle des zones forestières, ont été dénudés par la dévastation graduelle qui se poursuit sous nos yeux;

« 9° Les contrées de broussailles qui représentent, à l’heure actuelle, une partie du domaine forestier, correspondent bien à des terrains où le boisement pourrait se développer, et dans lesquels ces broussailles jouent un rôle de protection efficace sur le maintien des terres et sur linfiltration superficielle en mettant un obstacle à l’évaporation si active dans nos régions (‘). »

1. En 1904, M. Jonnart, gouverneur général de l'Algérie, a institué une commission dite d'éludes forestières, en vue de procéder à une étude sur l'administration, la conservation et l'exploitation des forêts d'Algérie. Cette commission, composée de vingt membres choisis parmi les hommes les plus compétents, se mit immédiatement à l'œuvre.

Le compte rendu de ses séances et les dix rapports présentés forment un volume d'où ont été extraits les passages précédents. Ils montrent l'intérêt que l'on attache partout à la solution de ces deux questions si importantes pour l'avenir économique

: fe L eut pays : 1° l'établissement du taux de boisement le plus convenable eu égard aux re: ns de climat, de sol, de relief ; 2° la répartition des boisements sur les sols les

-conditit Fius pauvres ou sur les RARE abruptes ou sur les points menacés par l'érosion.

D Éranririon DES FORÊTS ET DÉGRADATION DU SOL 401

"0 a de bonnes raisons de croire que la situation forestière de | VAlgérie va dorénavant aller en s’améliorant. La colonie prendra 4 4 à soin de plus en plus de son domaine boisé, à mesure que les revenus À ea de ce domaine acquerront plus d'importance. Les biens qui enri- #04 chissent leurs propriétaires sont toujours les mieux soignés. Or, les 210 forêts commencent à devenir une source très sérieuse de revenus 5 pour l’Algérie. Avant 1898, les forêts domaniales rapportaient moins d’un million. En 1905 leur revenu a été de 4 millions et demi (!).

…. … Par arrêté du gouverneur général en date du 24 décembre 1907, Me il a été créé un service spécial de reboisement en Algérie, ce qui ‘2 fait espérer que l’on veut donner une vigoureuse impulsion à la reconstitution des forêts algériennes.

3% 1. Même les forêts les plus éloignées du littoral acquièrent de la valeur, Dans le … massif de l'Aurès, sur l'Atlas saharien, un lot de 100 000 mètres cubes de bois de È FA cèdre vient d'être adjugé (en 1908) au prix de 650 000 francs. C’est de bon augure pour l'avenir,

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