VOSGES
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Cinquante-cinq de ces sols accusent moins de 1 °{,, de potasse (*).
Néanmoins, certains de ces sols si pauvres en acide phosphorique, en potasse, même en chaux (forêt de Bercé par exemple), donnent de très beaux produits en bois lorsqu'ils sont suffisamment humides et profonds. |
Nous allons décrire sommairement, à titre de spécimens, quelquesuns de nos sols forestiers, en choisissant ceux où des coupes nettes du terrain permettent d'apprécier la nature de la base minéralogique, épaisseur du sol formé par elle et les peuplements auxquels ce sol a donné naissance.
118. Granite des Vosges (Forêt de Gérardmer). — La planchelI(?) représente une coupe du sol de la forêt domaniale de Gérardmer (Vosges) : Parcelle D“ de la première série. — Canton : Droile-du- Peillard.
La base minéralogique est formée par le granite commun, à petit grain, exploité dans cette carrière pour la fabrication des pavés (°). La figure montre nettement la structure massive de la roche traversée par des fentes se croisant en tous sens. Le sol, l’arêne, provient presque entièrement de la décomposition du granite sous-jacent ; il s’y mêle quelques débris minéraux (parfois des blocs) descendus des pentes voisines. On peut constater les grandes variations qui se produisent à très faible distance dans l'épaisseur du sol, suivant la résistance du substratum à la désagrégation. En B, la roche vive affleure, il n’y a pas ou à peu près pas de sol et la végétation s’en ressent,
tandis qu’un peu à gauche, au point A, le sol est profond; les épi-
céas ont là une bien plus belle croissance.
1. « Au-dessous de 1 °/,,, la teneur en potasse est habituellement insuffisante pour subvenir aisément aux nécessités des récoltes et l'addition d'engrais polassiques est utile. »
2. Nous devons les clichés des planches [, HE, IT et IV à l'obligeance de M, le garde général Ménard, qui les a pris en 1905, alors qu'il participait, comme élève, aux excursions géologiques de l'École forestière,
3. En 1897, la Société anonyme des granites porphyroïdes des Vosges acquit de l'État, moyennant une redevance annuelle de {1 500 francs, le droit d'exploiter le graaite sur une surface de 2,13 hectares. Le matériel ligneux de cette surface était alors de 231 mètres cubes à l'hectare.
Comme il arrive d'ordinaire dans les Vosges, le sol, d’après les
analyses de M. Grandeau, est riche en acide phosphorique (2,3 ° Jo)
et en potasse (3,1 °[.), mais ne contient que des traces de chaux
(n° 86 du tableau 1). Quand à de telles qualités chimiques s’unissent une profondeur et une humidité suffisantes, on a un excellent sol forestier.
Voici, du reste, les documents fournis sur cette parcelle par M. l'inspecteur INGoLD :
« La parcelle D‘ (34/13) est située en pente rapide et assez rapide au sud. Sol granitique assez profond, frais, parfois humide, rocheux avec bancs de rochers. Deux petits murgers sans importance ; mousse légère, parfois épaisse par places ; herbes, ronces, myrtilles et fougères ; faignes sur environ à hectares. Terrain maigre et sans profondeur sur 5 hectares, contre B*.
« En 1892, le peuplement est un perchis (épicéa : 0,9 ; sapin : 0,1) de quarante à quatre-vingts ans, entremêlé çà et là de futaies de cent à cent dix ans, avec quelques vieux bois épars, le tout formant massif assez complet et entrecoupé de nombreux fourrés, gaubis et jeunes perchis de sapin assez bien venants.
« Végétation assez active en général, »
On y a exploité, de 1881 à 1904, 64 par hectare et par an, ce qui donne, en estimant le mètre cube à 15 francs, un revenu annuel de 100 francs par hectare et la parcelle s’est plutôt enrichie.
119. Grès vosgien (Forêt de Laneuveville). — La forêt communale de Laneuveville, près Raon-l’Étape (Vosges), est assise sur le grès vosgien, étage géologique important, qui forme, avons-nous dit, les montagnes des basses Vosges. La planche II représente une carrière ouverte dans cette forêt pour l’exploitation des moellons. On distingue les bancs régulièrement stratifiés dont l'épaisseur varie entre 50 centimètres et 1" 50 et dont la dureté est très inégale; ici ce sont les lits inférieurs qui, étant les plus épais et les plus résistants, sont seuls exploités (‘). Sur les montagnes, ces bancs plus durs,
{. « En 1895, la parcelle 4, canton de Fosse-du-Rôle, où se trouve la carrière, portait une fulaie entreméêlée de perchis, en massif généralement complet ; jeunesse peu