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Comme au canton Marchais-du-Héron

devient languissante ; les arbres, insuffisamment alimentés dans la zone superficielle si pauvre, ne peuvent aller chercher plus profondément la solution minérale qui leur est nécessaire ; d’autre part, le sol . pèche souvent par manque ou par excès d’eau. Ces défauts physiques et chimiques se traduisent par le rabougrissement et la mort en cime des arbres. Le chêne et le hêtre y végètent très péniblement.

Dès que le sol est découvert il se garnit soit de bruyère (Calluna vulgaris), soit d’une plante herbacée appelée augette dans le pays et qui n’est autre que la molinie bleuâtre (Molinia cœrulea), soit même, parfois, de bruyère et d’augette réunies. L’ajonc, la fougère impériale, le sarothamne, la bruyère à balai, sont aussi abondants.

Lorsque le sol qui, dans cette forêt, n’a guère que 25 à 35 centimètres d'épaisseur, est ainsi recouvert de cet épais tapis végétal, les racines de la bruyère et de la molinie forment un lacis serré qui épuise et assèche le sol, rendant impossible toute régénération naturelle. On est obligé d'intervenir par des semis ou des plantations (chêne, pin maritime, pin sylvestre) qui souvent n’ont donné que des résultats incomplets (‘). Il faut des efforts persévérants pour maintenir les massifs existants et pour reboiser les vides (?). Les coupes de régénération assises dans des peuplements feuillus ruinés ne donnent aucun résultat pratique ; l’ensemencement naturel dis-

1. De 1846 à 1875, des repeuplements de ces trois essences ont été tentés sur 4 527 hectares, presque uniquement par semis (soit par bandes alternes, soit en plein après dégazonnement et piochage ou hersage, soit sur bruyère, ete.) ; ils n'ont réussi que sur Î 234 hectares.

Outre les mauvaises qualités du sol, les gelées printanières, si malfaisantes dans cette forêt, et le gibier (cerf, sanglier) sont encore une cause de l'insuccès des réensemencements naturels et artificiels en chêne.

Le pin se régénère très bien ; il aide souvent les semis de chêne à se tirer d'affaire ; c’est surtout le pin maritime qui joue ce rôle ; aujourd'hui on ne met plus guère que du pin sylvestre.

2. Il n'y a pas de droit d'usage à la litière, mais on donne des permis d'extraction de litière comme menus produits. Dans les coupes secondaires ou définitives on oblige les adjudicataires à enlever la bruyère ; cette mesure est nécessaire pour favoriser la régénération, mais elle contribue à appauvrir des sols arrivés déjà au dernier degré de misère chimique.

MM. Borr et Jozver citent certaines landes des environs du Mans où, à force de couper la bruyère, on est arrivé à un état d'appauvrissement tel qu'elle-même, si frugale pourtant, s'est refusé d'y croître.

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paraît au bout de peu de temps et on est obligé d'introduire le pin sylvestre par voie de plantation. Cette essence, si peu exigeante, végète convenablement et donne des produits très rémunérateurs.

La végétation est, en général, médiocre ou mauvaise. Le sol, tron compact, présente souvent un excès d'humidité, même dans les parties élevées (*). |

La forêt ne rapporte que la somme très minime de 9 francs net par hectare et par an, tandis que la forêt domaniale de Loches, voisine, donne un revenu de 50 francs par hectare. Elle est assise sur les mêmes terrains géologiques, mais le sol est bien meilleur et n'est pas envahi par cette abondante végétation parasite (bruyère, molinie, fougère, genêt) qui, à Chinon, contribue à détériorer le sol et produit de l’humus de mauvaise qualité.

Le canton de Maupas où ont été pris les échantillons n° 19, 20 et 21 était peuplé, au moment de l'analyse (1898), d’une jeune futaie de chêne avec quelques hêtres.

Une fouille permettait de constater que, sur 1" 50, le sol était formé par de l'argile ou plutôt du sable fin mélangé de cailloux de silex. Au-dessous on voyait de l’argile compacte, sans cailloux, reposant sur la craie jaune de Touraine (tuffeau), étage de 20 à 30 mètres présentant un facies très variable (craie sableuse, tendre, alternant avec des calcaires durs ou des grès).

La première zone (de 0 à 20 centimètres) est très pauvre, plus encore que ne l'indique l’analyse, puisque les chiffres se rapportent à la terre fine qui ne forme que la moitié du volume du sol.

Les échantillons 24 et 25 proviennent du canton de Fosse-Plale, «couvert en 1898 d’une jeune fulaie de quatre-vingt-trois ans en chêne pur, mais avec le tiers de la contenance en clairières repeuplées en

. pins maritimes de vingt-cinq ans, aussi mal venants que possible; les

racines ne s’enfoncent qu’à 20 centimètres. » Il est probable que la mauvaise végétation du pin maritime y est due, en partie, à la dose assez élevée (2,5 °/.) de calcaire assimi-

1. Par exemple dans les grandes Noues, au centre de la forêt, où nous avons vu en 1900 des chênes de trente-cinq ans fort chétifs, presque tous morts en cime, Le Corœbus bifasciatus y était très abondant et contribuait, pour une large part, au mauvais état du peuplement.

lable. Ce qui tend à le faire croire, c’est que, au canton Fort-des-

Anglais, peuplé, à l'endroit de la fouille, de pins maritimes de vingtcinq ans, assez élevés et d’une bien meilleure croissance que les précédents, le sol renferme six fois moins de calcaire assimilable qu’à Fosse-Flate, tout en ayant la même proportion de terre fine; c’est encore qu’au canton des Brélots, quatre échantillons pris de 0 à 20 centimètres, de 20 à 40, de 40 à 60 et de 60 à 80 n’ont accusé à l'analyse que des traces non dosables de carbonate de chaux et d'acide phosphorique (*), et cependant « le canton est peuplé de pins maritimes bienvenants de quatre-vingl-deux ans. » Cet exemple est à rapprocher de celui des cases de végétation de l’École forestière, où le pin maritime vient très bien dans le sable pur.

Quant à l’azote, il n’a été dosé que dans la treizième parcelle de la troisième série où ont eu lieu les essais d’engrais dont il est parlé plus loin. Cette parcelle, peuplée d’un perchis de chêne et hêtre de

quarante ans (en 1900), contenait 1,40 °[, d'azote dans la couche

superficielle, 0,70 °/, dans la couche moyenne (de 20 à 40 centimètres) et 0,69 °/, dans la couche profonde (40 à 60 centimètres).

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