LAS PES © PT AUS, CR
Ce n’est pas évidemment sur ce dernier sol que se trouvent les
beaux peuplements. Le chêne vient, au contraire, très bien sur les
sables fins mélangés d’argile, suffisamment perméables et dont l’épais-
seur est d'environ 25 mètres. Cette couche d’argile à silex repose directement sur la craie-tuffeau qui forme un banc irrégulier de
quelques mètres d'épaisseur, très fissuré et très perméable. Ce n’est
qu’à une profondeur de 30-35 mètres qu’on trouve une nappe d’eau qui coule sur les grès verts supérieurs. Les seules sources qu’on rencontre dans la forêt émergent également sur les grès verts au fond de trois vallées profondes, situées toutes trois dans les belles parties de Bercé.
Dans ce sol profond, suffisamment frais grâce à la ténuité des particules, mais dont la nappe souterraine, d’un écoulement assuré, est toujours trop éloignée de la surface pour gêner les racines, le chêne prospère à merveille (*), bien que, parait-1l, ses racines ne s’enfoncent pas à plus de 40 à 50 centimètres, même dans les points où le sol perméable a une grande épaisseur.
« À deux cents ans, le diamètre moyen atteint 50 centimètres et la hauteur de 50 à 38 mètres. Il n’est pas rare de rencontrer des arbres qui ont jusqu’à 30 mètres de füt sans nœuds (?). »
Il n’en est pas de même dans la forêt de Chinon, où ces sables très fins s’agglutinent trop souvent en une couche imperméable retenant les eaux près de la surface et s’opposant à la pénétration des racines. Le tableau montre que le sol de Bercé est plus riche en éléments nutritifs que celui de Chinon ; mais il est bien certain que c’est essentellement la différence dans la profondeur et la compacité qui amène la différence si marquée dans la végétation,
Du reste, le sol de la forêt de Bercé ne porte pas partout des peuplements comparables à la célèbre futaie des Clos, « Là où le sable est très fin, nous écrit M. RouLLEAU, ce sable jouit de toutes les qualités de l'argile et nous avons des arbres splendides. Quand il
1. La figure 38 du livre de MM. Borre et Jouvet : Les Foréts, qui représente une fataie de la forêt de Bercé, donne une très bonne idée de la superbe végétation du chêne sur les argiles à silex à grain fin.
2. Économie forestière, par G. Hurrez, t. 1, p. 369. Se reporter à cet ouvrage pour ce qui concerne le traitement et le rendement de cette magnifique forêt.
se mélange à quelques graviers menus, la végétation est moins belle et elle devient misérable quand les éléments sont grossiers et caillouteux. » |
Le tableau TI donne les résultats de l’analyse chimique de la couche superficielle et du sol (jusqu’à 1 mètre de profondeur) en trois points de la forêt : l’un, au canton des Clos, où le sol, couvert d’un sous-bois continu de hêtre et de houx, porte un massif réputé de vieille futaie de chêne de deux cent vingt ans; l’autre, au canton de La Boulaie, dans une partie qui était rebelle à l’introduc-
tion du chêne ; le troisième, au canton du Grand-Hêtre, dans les plus
mauvaises parties de la forêt.
Complétons ces données par les résultats de l’analyse physique et de l’azote (!) :
LES CLOS LA BOULAIE |LE GRAND-HÊTRE EE — Sol Sol Surface | jusqu’à | Surface | jusqu’à | Surface | jusqu’à 1 mètre 1 mètre
Cailloux de plus de 5 millimètres.
| Graviers de plus de { millimètre.
Terre fine :
Sable fin. . 24,84 | 26,00 Sable très fin. . AE 27,441 11,00 APRES MARS AE Hess à 8,66] 1,62 Calcaire. . 0,07! 0,18 Humus . . 3,88 | 50,20 Humidité . . n 1,13 | 10,96
A CE PRE 99,41 | 99,96 Axel 0) 57 SAR: PT 0,042] 0,76
On voit sur ce tableau que le sol du canton des Clos, presque uniquement formé de terre fine, portion la plus importante pour la
1. Les analyses physiques et chimiques de ces sols de Bercé ont été faites en 1894 au laboratoire de chimie du Mans.
nutrition, est le mieux pourvu en chaux, potasse et acide phosphorique.
. Sur À mètre de profondeur, tranche dans laquelle s’alimentent les chênes, le sol des Clos renferme quatre fois plus de potasse et de chaux, deux fois plus d’acide phosphorique que les autres. Cette supériorité dans la composition physique et chimique du sol fait pressentir une plus grande fertilité. Le sol du canton de La Boulaie, déjà moins bien doté au point de vue chimique, renferme le tiers de son volume de cailloux et graviers ; & priori, il doit être moins fertile. … Quant au sol du Grand-Hêtre, sa couche superficielle, toute d’éléments fins, est formée pour plus de moitié d’humus acide; c’est, #3 comme nous l’avons vu, une proportion beaucoup trop forte pour une bonne végétation. Cet humus donne une solution d’acide humique qui dissout les principes contenus dans la couche sous-jacente et l'appauvrit. |
Le faible taux de potasse (0,18), comparé aux taux de ce principe dans les deux autres cantons (0,68 et 3,20), met nettement en relief : l’action dissolvante et l'influence néfaste de ces dépôts excessifs d'humus acide dont il faut poursuivre la destruction. |
122. Sables des dunes. — Le littoral de l'océan Atlantique est souvent formé, sur les côtes de France, par des sables qui, sous l’action des vents, s'accumulent en monticules (dunes). On fixe ces sables par la végétation forestière et l’on atteint ainsi deux résultats importants : on évite l’ensablement des régions situées derrière ces monticules des dunes et l’on met en production de grandes surfaces qui, sans la forêt, seraient absolument stériles. Ces sables des landes et des dunes deviennent par le travail de l’homme une zone forestière artificielle.
A ce titre, nous croyons utile de donner ici, où nous cherchons à réunir le plus possible de documents chimiques, quelques analyses de ces sols qui prennent rang, chaque jour davantage, parmi nos sols forestiers.
Les sables et l’alios gréseux de la forêt domaniale de Lège (dunes de la Gironde) ont fourni les résultats inscrits sous les n° 13, 14 et 15 du tableau I, page 306.
NE ER nt nid + DAS NE D AE
Quelle pauvreté en chaux, potasse, acide pnosphorique |
Le sol et le sous-sol de la dune de Longaville (Vendée) sont beaucoup plus riches en calcaire, mais tout aussi mal pourvus des deux autres éléments.
Avec ce contingent si faible de principes nutritifs — on ne saurait trop insister sur ce point capital, le peu d’exigence de la végétation forestière — les forêts domaniales des dunes portent, au moment de la régénération, à soixante-quinze ans, en moyenne trois cent vingthuit arbres par hectare, donnant un volume de 124 mètres cubes et, en ajoutant au prix du bois (*) celui de la résine, un rendement en argent de 2382 francs, soit 33 francs par hectare et par an, en coupe principale seulement (?). Que peut-on souhaiter de mieux ?
Déjà sur l’alios gréseux de Lège on peut vérifier que cette couche d'allos emmagasine les principes solubilisés par l’acide humique: elle renferme plus de chaux, de magnésie, de potasse et d’acide phosphorique que les couches sableuses supérieures ou inférieures à Palios. Ce fait s’accuse bien mieux pour l’acide phosphorique et la magnésie dans le sol des landes des environs de Mont-de-Marsan où l’'alios revêt la forme d’un grès ferrugineux. L’an-':se indique dans
SABLE ALIOS SABLE supérieur ferrugineux inférieur
LL ARRETE CEE ER CNE ou 0,32 2,20 0,39
Matière organique. . . . . . 0,52 5,25 0,28
Résidn insolmble 1555; 99,00 76,26 99,00
Sesquioxyde de fer. . . . . . 0.16 15,12 0,20 |
CHAUX 2 AA ANNEE es traces traces 0,02
Mapniésies 0 0e CANONS 0,06 0,93 0,29 |
PARANSO AR MSN ER RNr fe traces traces 0,02 |
Acide phosphorique . . . . . 0,06 0,59 0,01
Acide sulfurique. . . . . . . 0,01 0,15 traces Tobin RE AS 100,13 100,50 100,19
On voit que l’alios ferrugineux, dix fois plus riche en acide phos-
1. 7 francs le mètre cube grume sur pied en moyenne pour les forêts domaniales des E' dunes de l'inspection de Mont-de-Marsan de 1900 à 1905 (ne Lapasse, Revue des « Eaux et Foréls, 1906, p. 330). |
2. L'hectare de coupe d'éclaircie de bois d'âges moyens (de vingt-cinq à cinquante R ans) a produit 132 francs (bois et résine),
… phorique que le sable supérieur où s’alimentent les végétaux mérite
… bien le nom de caisse d'épargne de la bruvère qu’on lui donne aquelpars yere q q
… quefois (n° 57) [].
À l’autre extrémité de la France, de neue à la Somme, s'étendent les dunes, dites du Nord, qui couvrent environ 12 000 io
ares.
Trois analyses ont été faites sur les échantillons pris à 30 centi-
| mètres de profondeur provenant d’une dune située aux environs de - Boulogne, en bon état d'entretien et fixée sur la plus grande partie
par des plantations ou semis de résineux.
Voici les résultats :
s0L OL SOL
à 500 mètres à 1200 mètres à 2000 mètres
de la mer de la mer de la mer A DD ie 0,34 0,86 0,86 Os 98.61 97,52 97,97 Aluminium et fer. . , . . . 0,36 0,47 0,36 EP Aire Li 0,60 0,55 0,78 MARRAINE CNE 99,91 99,40 99,97
On voit que cette teneur en calcaire, correspondant à environ 3°}, de chaux, est dix fois plus forte que celle de la dune de Lège, tout en étant très inférieure à celle de la dune de Longaville (°).
C’est ce qui explique la bonne croissance du pin laricio. « Sur ces dunes on sème du pin maritime, à l’abri duquel, quand il a atteint l’âge de trois à quatre ans, on plante du pin laricio de Corse. Le pin maritime ne résisterait pas aux fortes gelées; il n’est employé que
comme essence transitoire pour faciliter l’installation du laricio. Sur
ces sables, les plantations de pin laricio, de peuplier, de saule, de troène réussissent parfaitement (°). »
1. Les analyses des sables et alios de Belgique, d'Allemagne, de. Danemark ‘accusent
toujours une richesse plus grande dans l’alios que dans le sable supérieur (Voir pour
le Danemark les analyses de Muczer dans son beau livre Sur Les Formes naturelles
- de l'humus [Berger-Levrault et Cie, 1892]).
2. Il est reconnu que ces différences considérables dans les taux de chaux des diverses dunes tiennent à la plus ou moins grande abondance des coquilles marines
calcaires rejetées par la mer, Gertains points en reçoivent beaucoup plus que d’autres : . cela dépend des courants et de la répartition de la faune marine avoisinante,
3. Renseignements dus à M. Bapké, inspecteur adjoint des forêts à Boulogne-sur-Mer,
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