‹ Les sols forestiersChapitre 155 sur 180 · TERRE NOIRE (TORRENT DU BOURGET · texte numérisé non relu

TERRE NOIRE (TORRENT DU BOURGET

à 1400 mètres d’altitude © ©

Cle Na SN AMEN (MI D

1893 1894 1895 1903 Carbone #4 ete 0,98 0,90 0,84 9,79 Protoxyde de fer . . 0:47 0,52 0,51 x Sesquioxyde de fer, . 0,23 0,49 0,50 »

Cham ms 9,29 9,28 9,22 9,24 Magnésie . . . . . 0,17 0,18 0,18 0,17 Acide sulfurique . . 0,21 0,18 0,03 »

Hydrogène sulfuré. . 0,06 0,08 0,08 »

Le carbone et le protoxyde de fer s’oxydent, il est vrai, mais combien lentement ! Le carbone paraît se trouver presque intégralement à l’état libre ; car l’oxydation a fourni à peine une trace perceptible d’eau. S'il y a de l'hydrogène combiné, ce n’est qu’en très petite quantité. Ce carbone pourrait être comparé à de la houille maigre ; on a une sorte de schiste carbonifère.

Il est singulier que la chaux et la magnésie persistent au même taux, quand il est avéré que la chaux diminue d’ordinaire rapidement par lixiviation.

1. Je saisis cette occasion de remercier M. Bauby, garde général à Barcelonnette,

qui envoyait chaque année au laboratoire une portion de la surface du lot de terre en

expérience.

L'hydrogène sulfuré qui provient des sulfures n’a pas diminué ; il aurait, au contraire, plutôt augmenté. Ce fait curieux montre que dans ces terres ce sont les réactions réductrices qui dominent.

Le seul élément qui ait notablement diminué après deux ans

est l’acide sulfurique. Ce fait se relie à la production des efllorescences.

Efflorescences. — Les terres noires se couvrent souvent pendant les temps secs d’efflorescences à saveur amère ; on dirait une poudrée de neige ressortant nettement sur le fond noir du terrain. Là où elles abondent le sol est stérile.

M. Garnier, inspecteur des forêts, a recueilli de ces efflorescences en vingt-six points différents sur les divers étages qui s’échelonnent du lias à la molasse. Leur analyse, faite au laboratoire de l’École forestière, a montré qu’elles sont formées de sulfate de magnésie hydraté cristallisable (MgOS0®+7aq) ou epsomite, associé à de petites quantités de sulfate de chaux hydraté.

Ces efflorescences sont dissoutes par les pluies et partiellement entraînées dans le sol ; puis l’évaporation due à la sécheresse les fait remonter à la surface.

Elles se forment par double décomposition : les sulfures de fer réagissent sur les schistes calcaréo-magnésiens pour donner du sulfate de magnésie et du sulfate de chaux (*). Les cristaux de gypse que l’on rencontre fréquemment dans les argiles liasiennes du bassin parisien, riches en nodules pyriteux, ont la même origine.

124. Argile du lias (Forêt d'Amance). — La forêt domaniale d’Amance, près Nancy (971 hectares), est située sur les argiles du lias (marnes à Hippopodium, calcaire ocreux [*]), recouvertes sur presque toute la surface par du limon décalcifié provenant soit de la lixiviation du terrain sous-jacent, soit d’un transport par ruisselle-

ee —————— te

1. Une efflorescence très pure recueillie à Senez (Basses-Alpes) a donné 29,7 d'acide sulfurique, 15,6 de magnésie, 1,33 de chaux et 50,75 d'eau.

2. Ge calcaire ocreux est exploité sur plusieurs points de la forêt pour l'empierrement des routes.

ment. Ce sol meuble, très pauvre en calcaire, est peu favorable à la culture des céréales ; aussi est-il très fréquemment boisé ; le chêne y présente une très belle végétation (*). C’est là que se trouvent les forêts les plus productives de la région. C’est un sol qui garde bien son eau (*), même trop ; et les forestiers ont toujours dû lutter contre l'excès d'humidité au moyen de fossés d’assainissement dont le réseau doit être maintenu constamment en bon état d'entretien. Il y a à craindre, comme sur toutes les argiles compactes, l’envahissement du sol par les grandes herbes et les ronces.

Dans les quarante dernières années (1867-1906), on a exploité en moyenne par hectare 4° 95 pour une valeur de 59 francs.

En ajoutant à cette somme le prix de la location de la chasse et certains autres revenus, on arrive au chiffre de 62 francs pour le revenu brut annuel par hectare.

Pour donner une idée de la composition chimique de ces riches sols forestiers, nous groupons dans le tableau ci-après les taux obtenus pour les diverses zones de la parcelle B° jusqu’à 80 centimètres. Les racines des plus gros chênes ne dépassent pas cette profondeur (°).

Nous y joignons l'analyse d’un sol de taillis sous futaie d’une forêt communale voisine (Laïtre-sous-Amance), également située sur le

1. Sauf dans les parties où une couche peu épaisse de limon recouvre le calcaire ocreux dans lequel les racines des arbres ne peuvent s’enfoncer suffisamment ; leur cime présente alors de bonne heure des signes de dépérissement.

2. Les nombreux dosages qui y ont été faits à toutes les saisons et aux diverses profondeurs jusqu'à 90 centimètres ont décelé des taux variant entre 14°}, et 25 °/, avec des écarts de 8 °/, à 10°/, dans les zones superficielles et de 3°/, seulement pour la couche profonde, où l’on trouve toujours de 15 °/, à 18 °/, d'humidité.

3. La bêche entre assez facilement dans ce sol argileux jusqu'à 45 centimètres ; plus

bas, il devient très compact et ne renferme plus gnère de racines. Des analyses phy-

sico-chimiques du sol de B° prélevé après une longue sécheresse, ont donné les résul-

tats suivants :

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