‹ Les sols forestiersChapitre 166 sur 180 · kilogr. phosphate Thomas, . . 60 fr · texte numérisé non relu

kilogr. phosphate Thomas, . . 60 fr

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« En dehors des frais de défoncement, disent les reboiseurs belges, en faisant une année de culture de lupins pour lesquels on prend { 200 kilogr. de phosphate Thomas, 900 kilogr. de kaïnite et 100 kilogr. de graines; puis une culture de seigle par 120 kilogr. de graines avec addition de 120 kilogr. de sulfate d'ammoniaque ou 150 kilogr. de nitrate de soude, on ne dépasse pas 250 francs en moyenne de frais par hectare. Ces frais sont amplement compensés par la récolle du seigle. »

MM. Husenry et HALLEux, dans leur brochure, Les Engrais chimiques en sylvi-

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dans la forêt domaniale de Chinon (Indre-et-Loire), à la suite de la revision de l'aménagement en 1900.

Sur des coupons de 50 ares on a fait, en décembre 1901, des plantations de chênes avec des plants d’un an non repiqués; sur le coupon n° À, plantation sans engrais, après simple coupe de l’augette (molime) ; sur le coupon n° 2, même façon de procéder après répandage de 750 kïlogr. de scories de déphosphoration (1500 kilogr. à l’hectare) ; sur le coupon n° 5, plantation sans engrais après dégazonnement complet du sol et enfin sur le n° 4 même façon de procéder, mais après répandage de 750 kilogr. de scories.

On a installé trois séries identiques, comprenant chacune ces quatre coupons d'expériences, dans des coupes de régénération très claires, sans semis naturels et où le sol était couvert de bruyère et d’augette,

Un des effets les plus mamifestes de l’engrais phosphaté a été de provoquer une végétation exubérante de genêt à balai dont l’enlèvement a dû être effectué pour sauver la régénération.

Sur quatre autres coupons de 50 ares on fit des semis de glands à la volée à raison de 12 hectolitres à l’hectare.

Coupon n° À, semis sans engrais, après simple coupe de la bruyère.

Les glands ayant été semés après la chute de la majeure partie des feuilles, on a fait un hersage pour recouvrir légèrement la semence et se rapprocher ainsi des conditions naturelles,

Coupon n° 2, même opération que pour le coupon n°1, mais après répandage de 750 kilogr. de scories.

Coupon n° 3, même opération que dans le coupon n° 4, mais après extraction complète de la bruyère. £

cultire, Naeseyck, 1904, signalent (p. 65) les avantages culturaux et économiques de l'emploi des engrais : garantie de réussite ; réduction des frais de regarnissage ; rapide accroissement des jeunes plants qui dépassent vite la zone où sévissent les tordeuses ; résistance plus grande aux champignons et aux insectes ; meilleure qualité du bois, mais surtout réduction notable de la révolution. « Ge sont là, disent-ils, des arguments qui réduisent {riomphalement à peu de chose l’objection principale qu’on puisse opposer à l'emploi des engrais dans la culture forestière et qui est celle-ci : Les

engrais augmentent dans une forte proportion l'avance de fonds exigée par le boisement. »

Coupon n° 4, même opération que dans le coupon n° 2, après extraction complète de la bruyère (°). |

Cinq ans après, en 1907, le rapport de l'inspecteur des forêts constate que « dans les places occupées par les semis ou plantations, la végétation paraît nettement plus active dans les coupons régénérés après culture du sol et emploi d’engrais ».

Les observations vont être complétées par la détermination du pourcentage de réussite et de l’augmentation moyenne dans l’accroissement.

136. Engrais dans les peuplements âgés. — Reste un troisième cas à examiner.

Est-il avantageux de chercher à activer par des engrais la végétation médiocre de peuplements âgés (trente-cinq à quarante ans, par exemple) croissant sur des sols très pauvres, comme celui de la forêt de Chinon ? En d’autres termes, voilà des forêts dont le sol ne renferme que des traces des principes minéraux nécessaires, mais dans lequel pourtant ont vécu de tout temps des massifs formés par les essences spontanées de la région. Faut-il laisser mdéfiniment ce sol à lui-même, comme on le faisait pour l’agriculture dans les procédés primitifs de la culture extensive, ou, appliquant les lois de la culture intensive, doit-on chercher à améliorer sa production en modifiant sa composition chimique défectueuse sous la condition expresse, déjà énoncée pour le cas précédent, que l’on rentrera dans ses déboursés ?

C’est là une question à l’ordre du jour. |

Certains agronomes prétendent que les administrations forestières et les propriétaires de forêts ont grand tort de ne pas suivre le progrès et de ne pas s'adresser, pour augmenter la production du bois en sol pauvre, aux engrais chimiques qui ont donné de si beaux résultats en agriculture et dont l’emploi a pénétré jusque dans les villages les plus arriérés.

Is les accusent de routine.

1. Les semis ont été effectués en novembre 1901 dans des conditions de température favorables et avec des glands de bonne qualité. Comme les sangliers sont très nombreux dans la forêt de Chinon, les semis ont été entourés d'une clôture en forts treillages.

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Bien qu’il nous semble très probable que, dans de vieilles forêts et

sur des peuplements déjà âgés, les frais d'apport des engrais ne seront

que bien rarement compensés par la plus-value de la production, il faut avouer que c’est là une simple opinion ne s’appuyant sur aucune expérience scientifique et pouvant très bien être, dans certains cas au moins, erronée.

Pour faire un premier pas vers la solution de cette question importante, l'administration des eaux et forêts de France a prescrit d’ins-

- {aller des expériences dans un perchis de pin sylvestre de trente-six

ans et dans un perchis de chêne et hêtre de quarante ans, situés tous deux dans la forêt domaniale de Chinon dont le sol (Voir tableau I, p. 306) est un des plus pauvres que l’on connaisse.

S’il est un sol où les engrais devront produire leur effet maximum, c’est bien certainement celui-là.

Dans la parcelle 13 (3° série) garnie d’un perchis de chêne et hêtre âgés de quarante ans, on a délimité six lots de 50 ares chacun; les lots n° À et 4 sont restés sans engrais pour servir de témoins; les coupons n* 2 et 5 ont reçu 1 000 kilogr. de scories chacun (soit

2000 kilogr. à l’hectare), c’est-à-dire plus que la dose habituelle- . ment employée en Belgique et en Allemagne; les coupons n°* 3 et 6

ont été couverts de 3000 kilogr. de scories chacun (soit 6000 kilogr. à l’hectare). C’est là une dose vraiment massive, qui n’a pas encore été usitée. On a voulu l’expérimenter pour les raisons suivantes.

Il s'agissait d’influer sur les racines déjà profondes d’arbres de quarante ans. Pour réduire les frais le plus possible et ne pas léser les racines on a répandu l’engrais en couverture sans cultiver le sol. Dans ces conditions le phosphate de chaux peu soluble ne devait pénétrer que très lentement dans la terre ; il n°y avait donc pas d’inconvénient à forcer la dose pour compenser ainsi quelque peu la. moindre efficacité bien connue de l’épandage superficiel. Enfin on est sûr que tout cet engrais, en définitive, profitera au sol puisqu'il n’est pas volatil et que les phosphates solubilisés par les pluies sont énergiquement retenus, en vertu du pouvoir absorbant du sol, dans les couches explorées par les racines.

Il sera toujours temps, si l’on constate l’inefficacité des scories en couverture, de piocher une partie des 50 ares ainsi fumés au maxi-

mum et de comparer, au bout d’une autre période de cinq ans, l’accroissement de la surface terrière, d’une part avec celui de la partie fumée non piochée, de l’autre avec celui d’une partie (qu’on piochera en même temps) du lot témoin, ce qui permettra de dégager nettement l'influence, soit de l’enfouissement de l’engrais, soit de la culture du sol. |

On a opéré absolument de même dans la parcelle 24 (3° série) garnie d’un perchis de pin sylvestre de trente-six ans, sauf que les coupons ont une surface double ; chacun des trois lots mesure 1 hectare.

Le cubage des peuplements a été fait avec un soin minutieux en septembre 1901, en prenant toutes les précautions pour qu’il soit exécuté dans cinq ans (après la saison de végétation de 1906), absolument dans les mêmes conditions, et l’on a calculé la surface terrière aussi exactement que possible (1.

L'administration a prescrit pour les perchis de chêne et de pin des cubages échelonnés de cinq en cinq ans pour savoir à quel moment commence à se faire sentir l'influence de l’engrais, combien de temps elle dure et quelle est son intensité. |

Voici les résultats obtenus au bout des cinq premières années :

Dans le perchis de chêne la surface terrière a augmenté de 1°°,8570 dans les deux coupons sans engrais, de 2%°,3558 dans les deux coupons avec 1 000 kilogr. de scories et de 2%°,3273 dans les deux coupons avec 3 000 kilogr. de scories.

En représentant par 109 la surface terrière initiale (de 1901) :

Celle de 1907 s’est accrue de 18,15 °/, dans les coupons sans engrais, de 24,80 °}, dans les coupons avec 1 000 kilogr. de scories et de 23,07 °/, dans les coupons avec 3 000 kilogr. de scories.

Dans le perchis de pin la surface terrière a augmenté de 6"°,6236 dans le coupon sans engrais, soit un accroissement de 24,91 °/,, 5"?,7983 dans le coupon avec 1 000 kilogr. de scories, soit un accroissement de 21,43 ‘| et de 6“°,4142 dans le coupon avec 8 000 kilogr. de scories, soit un accroissement de 27,46 °/..

1. Tout le mérite de cette importante expérience, faite dans de rares conditions de précision, revient aux agents forestiers de l'inspection de Tours ; à M. Rollet, inspecteur, à M. Boureau, inspecteur adjoint (cubage de 1901), et à son successeur, M. Decencière-Ferrandière (cubage de 1907).

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On voit que, pour ces cinq premières années, les chênes ont fabriqué plus de bois dans les lots fumés que dans le lot témoin ; Paction de l’acide phosphorique et de la chaux est bien moins marquée sur les pins sylvestres ; même le coupon sans engrais montre un accroissement supérieur à celui du coupon qui a reçu 4 000 kilogr. de scories à l’hectare (?).

On procède en Belgique à des essais analogues (pins sylvestres de vingt-cinq ans et sous-bois d’épicéas).

De ce bref exposé de la question des engrais en sylviculture il résulte que l’on en est encore à la phase des essais préliminaires. Elle durera assez longtemps en raison des conditions spéciales de la végétation forestière. En agriculture, au bout d’un an ou, en tout cas, de trois ans au plus, on est fixé sur l'efficacité d’un engrais; 1l n’en est pas de même en sylviculture où il faut prolonger les observations pendant de longues années, où l’on peut — où l’on doit même — employer de préférence des engrais à action lente, où les conditions climatiques (température, pluie) jouent aussi un grand rôle (?), où, surtout, il est plus déficile d'estimer la plus-value afférente à l’engrais.

. En tout cas, en raison de l'importance que la fumure artificielle pourrait avoir pour la production ligneuse dans des conditions déterminées, il est du devoir de l’expérimentation forestière de multiplier les essais déjà faits dans cette direction afin d’arriver à préciser les

1. De nouvelles mensurations auront lieu dans cinq ans, peut-être l'effet de l'engrais s’accusera-t-il alors davantage.

On va procéder à l’enfouissement de l’engrais et à l'adjonction de kaïnite sur des portions bien délimitées des coupons primitifs. On a voulu d’abord essayer l’action de l'engrais sous son mode le plus simple, le moins coûteux, qui est le répandage en couverture d'une seule matière. On a commencé par les scories parce qu'elles apportent à la fois la chaux et l'acide phosphorique, les deux principes qui manquent le plus à Chinon, et parce que, dans certains cas, l'adjonction du phosphate seul a eu les meilleurs résultats. En vertu de la loi du minimum (loi de Liebig), c'est peut-être l'insuffisance de la potasse qui paralyse l'effet du phosphate, le mélange de kaïnite permettra de résoudre la question.

2. Dans les années très sèches les engrais n'opèrent que très imparfaitement et dans les années pluvieuses et chaudes les plants, même en sol sablonneux très pauvre, végètent si bien qu'on ne peut faire de différence entre les parcelles fumées et celles qui n’ont rien reçu.

circonstances dans lesquelles les engrais chimiques ou les engrais verts peuvent être employés fructueusement.

Sans parler des pépinières permanentes pour lesquelles la question est résolue, il est déjà bien établi que les engrais seront employés avec grand profit à la suite de récoltes agricoles, pour reconstituer les pineraies en sol sablonneux pauvre, épuisé par un soutrage continu (Campine), pour sauver des plantations languissantes, pour se libérer des invasions d’insectes ou de champignons qui s’attaquent aux jeunes plants.

Même en dehors de ces cas, et d’une manière générale sur les très mauvais sols, le propriétaire peut trouver un avantage pécuniaire à se servir des engrais. Supposons que, moyennant une dépense de 200 francs par hectare (100 francs pour l’achat et le transport de l’engrais, 100 francs pour le travail du sol), on obtienne à vingt-sept

ans des pins aussi beaux que ceux de trente-cinq ans en sol non

fumé. Ces pins donnent souvent 1 500 francs par hectare.

200 francs, placés à intérêts composés à 5 °/,, ont quadruplé au bout de vingt-sept ans et donnent 800 francs.

D'autre part, si l’on touche ces 1 500 francs à vingt-sept ans, au lieu de trente-cinq ans, c’est-à-dire huit ans plus tôt, et qu’on les place pendant ce temps à intérêt composé à 5 °/,, on obtient 2 325 qui, si l’on en retranche le capital de 1 500 francs, laissent une différence de 825 francs, supérieure à la somme de 800 francs fournie par le capital employé à l’achat de l’engrais et au travail du sol.

L'opération serait déjà justifiée au point de vue financier, même en ne tenant pas compte de l’augmentation de fertilité dont profiteront les peuplements futurs.

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