‹ Les sols forestiersChapitre 39 sur 180 · AUGMENTATION · texte numérisé non relu

AUGMENTATION

HAUTEUR VOLUME AS Pie d GE se Réel absolue 0/0 Centimètres Cent. cubes Cent. cubes Terre avec vers" 5.1 296,24 63.9 Je Terre sans vers. . . . 4,0 232,34 ; à

Le volume de l’air occlus est donc sensiblement augmenté ; l’état physique du sol est modifié par les vers de terre, dans un sens favorable à la croissance des végétaux, parce qu’ils provoquent la formation des grumeaux du sol et le rendent plus perméable.

Bien que les invertébrés aient la plus grande part dans ce travail d'ameublissement, il faut mentionner aussi l’action concurrente des insectivores ou des rongeurs souterrains (musaraignes, mulots, campagnols, etc.) qui abondent dans le sol forestier et le sillonnent de leurs larges galeries. (

Retournant après une année sur les places d’essai de la forêt domaniale de Haye (fourrasses de Villers) où J'avais enlevé la couverture pour en déterminer le poids à l’hectare, j'ai constaté que la surface du sol était aussi dure, aussi compacte que l'aire d’une grange, bien que le dôme complet de feuillage ait dù rompre la violence de la pluie. On sentait très bien, les veux fermés, lorsqu'on se trouvait sur le sol muni de sa couverture ou sur la place ratissée. Les vers, larves, insectes, n’ayant plus de nourriture, avaient émigré et cette grève de quelques mois de nos laboureurs ordinaires, jointe à la mise de l’argile à l’état colloïdal, par manque de sels minéraux et d'acide humique, avait suffi pour provoquer cette détérioration du sol.

Toutes les couvertures mortes ne jouissent pas de cette faculté ameublissante si précieuse (*). Seules, celles qui produisent le terreau neutre, l’humus forestier, la possèdent et c’est la principale raison pour laquelle nous devons toujours surveiller de près le mode de décom-

1. Le D Ramann a publié, dans le Zeitschrift fur Forst- und Jagdwesen de 1898, ses recherches relatives à l'influence de diverses couvertures sur les propriétés physiques du sol. Nous croyons utile d'en donner le résumé.

Il part de cette idée, exacte, qu’à identité de composition chimique un sol est d'autant plus favorable à la végétation qu'il est plus poreux, qu'il présente à un plus haut degré la structure grumeleuse. Pour déterminer le degré de porosité, il mesure le volume des vides (ou pores) qui séparent les particules de terre et, en se fondant sur - ses nombreuses déterminations, il sépare les sols sablonneux en : sols très compacts, dont le volume des pores est inférieur à 50 °/,; — sols compacts, dont le volume des pores varie de 50 à 55 °/,; — sols meubles, dont le volume des pores varie de 55 à 60 °/% ; — sols très meubles, dont le volume des pores dépasse 50 07, (*).

Il y a un rapport évident entre la fertilité d'un sol et sa compacité. On ne constata une compacité très forte que sur les sols les moins fertiles, et les sols les plus productifs étaient toujours des sols meubles ou très meubles.

«€ 1° La détermination du volume des pores donne un moyen simple de suivre les modifications qui interviennent dans la compacité des sols forestiers ;

« 2° L'espèce d'humus qui se forme a une action très nette sur la compacité et sur les principales propriétés physiques et chimiques du sol ;

€ 3° L'humus brut (Rohhumus) est, dans tous les cas, nuisible, même sous une faible épaisseur :

« 4° Les diverses couvertures (hêtre, épicéa, fougère, airelle, mousse, etc.) influent différemment suivant qu'elles provoquent ou qu'elles écartent la formation de l'humus brut ; leur action sera d'autant plus favorable qu'elle contribuera plus à produire et à maintenir sur le sol de la forêt le terreau neutre ou humus forestier ;

« 5° Le hêtre (et probablement le charme), parmi toutes les couvertures mises en expérience, fournit la meilleure à ce point de vue ;

« 6° L'épicéa, par sa couche compacte d'aiguilles qui se décompose facilement en humus brut, a une influence moins heureuse ; sous les épicéas, la couverture se laisse difficilement pénétrer par l'air et par l'eau. Les détritus abondants retiennent beau- COUP d'eau, si bien que les petites pluies sont absorhées par la couverture. Les racines longuement traçantes de l'épicéa absorbent une très grande partie des précipitations, à ce point que les arbres à enracinement pivotant, mélangés à des épicéas, souffrent du manque d'eau :

« 7° La fougère impériale agit dans le même sens que les arbres feuillus tant qu'il ne s'est pas formé d'humus brut :

« 8° Les herbes ont une influence favorable en détruisant les couches d'humus

* Ces chiffres concordent parfaitement avec ceux que cite P. P. DEméRaix (oc. cit., p. 416), lequel a trouvé pour le volume des pores 63,5 dans une terre de jardin ; 62,2 dans la terre d’une case de végétation très bien travaillée ; 53,4 dans la terre d’une case sans travail depuis trois ans et 48,5 dans la terre d’une case non travaillée depuis six ans.

Bd. LA ER Def, se

position de la couverture. Ceiles qui donnent des humus acides, soit de l’humus brut (Rohhumus des Allemands) telles que la terre de bruyère, soit de la tourbe, éloignent les vers de terre et ne favorisent aucunement l’ameublissement du sol.

brut ; mais, par tous les autres côtés (desséchement du sol, avortement des jeunes plants, diminution de la vie animale dans le sol), ce sont les pires ennemis du sylviculteur ;

« 9° Les airelles et les bruyères détériorent le sol par leur enracinement et par la formation d'humus brut (terre de bruyère). »

D'après les recherches et les observations de l'auteur, un sous-étage de hêtre et de

charme sous des essences à couvert léger est le meilleur moyen d'entretenir et d'amé-

livrer la fertilité du sol. Sous le couvert du hêtre, le sol de la pineraie est maintenu en bon état ; il ne se forme pas d'humus brut (terre de bruyère) et les plantes nuisibles ne se développent pas ou meurent. Le genre de décomposition des détritus organiques et son influence sur la structure du sol expliquent les avantages des peuplements mélangés. |

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