MATIÈRES
GRAMMES Organiques CENDRES
Pour le premier extrait, . . . . 16,65 dont 14,32 et 2,33 — deuxième extrait, , ,, 9,66 7,97 1,87
L’objection que les modifications éprouvées par la couverture mise en contact avec de grandes quantités d’eau n'étaient pas comparables à celles qu’elle éprouvait dans les conditions naturelles a été détruite par les recherches de RAMANN, qui laissa des feuilles de chêne et, ensuite, des aiguilles d’épicéa exposées sur un pluviomètre à toutes les intempéries, et montra que l’action des pluies était semblable à celle d’un lessivage dans une ceriaine quantité d’eau.
En un an, 40°}, de la potlasse existant primitivement dans les feuilles de chêne ont été dissous et une proportion plus grande encore (90 °/.) dans les aiguilles d’épicéa.
En forêt, l’érémacausis va si vite qu’elle dépasse la lixiviation, puisque les feuilles décomposées sont plus riches en principes minéraux que celles qui viennent de tomber et, comme nous l’avons déjà vu, cet enrichissement s’accentue à mesure que progresse la décomposition, à tel point que les couches les plus altérées de la couverture peuvent renfermer 30 à 40 °/, de cendres.
C'est ce que montrent encore les chiffres suivants, empruntés à Raman, et se rapportant à 100 de substance sèche.
CENDRES POTASSE SILIOR
| Feuilles {à leur chute. .
| de chêne | 2 ans après.
| Aiguilles ( à leur chute. .
à d'épicéa | { an 3/4 après. .
Il sera toujours très difficile, généralement même impossible, de déterminer exactement l’importance respective des quatre facteurs dont 1l vient d’être question, quelle part revient à chacun d’eux dans l’œuvre de la décomposition, parce que, pour un même point, pour un même sol, suivant les ‘conditions climatiques, si variables d’une année à l’autre, la contribution de chacun variera.
D'ordinaire c’est celle des bactéries qui domine.
Dans l’expérience suivante, on ne peut invoquer l’action des ani-
maux ni des hyphomycètes ; seules, la dissolution par l’eau et l’activité des bactéries étaient en jeu et, néanmoins, la destruction de la matière organique a été rapide.
900 grammes de feuilles de chêne furent soumis sur un pluviomètre aux influences atmosphériques ; les dessiccations fréquentes dues au dispositif employé n'étaient sûrement pas favorables au développement des bactéries. Malgré cela, au bout de huit mois, les feuilles ne pesaient plus que 225 grammes et, un an après, 185 grammes. La matière avait donc perdu 95 °/, de son poids dans la première année et 18 °/, dans la seconde, soit en deux ans 73 °/, ou les trois quarts de son poids et, comme il ne se trouvait dans l’eau que 19 à 15 grammes de matière organique dissoute, il faut bien admettre que les bactéries ont détruit le reste.
A ces chiffres dus à RAMANN ajoutons, pour leur donner plus de poids, les résultats obtenus par Kosryrcnerr sur de l'herbe et des feuilles de bouleau.
Sur 200 grammes de substance sèche il restait :