‹ Les sols forestiersChapitre 55 sur 180 · FEUILLES · texte numérisé non relu

FEUILLES

HERBE DÉTRUIT di houléan DÉTRUIT gr. ‘lo gr. lo Après 6 mois . . 119,3 40,3 124,7 37,6 Après 12 mois , . 70,8 24,2 75,5 24,6 Aprés 18 mois . . 43,0 13,9 47,6 13,9 78,4 76,1

Ici encore, en dix-huit mois, les trois quarts de la matière organique ont été détruits, et toujours 1l y a d’abord une période de décomposition très active ; une fois celte sorte d’explosion terminée, le phénomène a une marche de plus en plus lente.

46. Influence du sol. — Outre les influences atmosphériques, la nature du sol joue un rôle important dans ce phénomène de lhumification ; car c’est uniquement sur les terrains siliceux qu’on rencontre l’humus imparfait, dit terre de bruyère, et l’on sait aussi que les terrains calcaires sont ceux où lérémacausis est le plus rapide. À

Dans le but de constater avec quelle vitesse se fait la décomposi-

tion quand les feuilles mortes sont exposées à l’air sur divers substratums, je mis, le 7 mars 189%, dans une caisse en zinc de À mètre carré, placée horizontalement sur un toit, 2 kilogr. de feuilles mortes (presque toutes de hêtre) provenant de la forêt de Haye. Le fond de la caisse était garni de pierres calcaires sur lesqueïles reposait le lit de feuilles.

Ces feuilles contenaient 19,70 °/, d’eau et équivalaient à 4 746 grammes de feuilles séchées à 100°.

Pendant six mois elles sont restées exposées aux intempéries ; l’eau de pluie s’écoulait par un tube de dégagement.

Au bout des six mois de printemps et d’été, pendant lesquels se fait surtout la décomposition microbienne, ces feuilles (pesées le 18 septembre) avaient perdu 221 grammes, soit 12,6 °/, du poids primitif à 100°. | :

Dans une caisse identique, voisine de la précédente, mais dont le fond était garni de cailloux de quartz el de granit, on disposa également 2 kilogr. des mêmes feuilles. Six mois après, ces feuilles avaient perdu 205£',4, soit 11,8 °|, de leur poids primitif à 100°, c’est-à-dire sensiblement autant que les feuilles sur substratum cal- Caire.

Pendant l'automne et l’hiver qui suivirent, du 18 septembre au 18 mars, la neige a couvert le sol sans interruption du 28 décembre au 12 mars.

Durant ces six mois, la décomposition fut insignifiante, 3,14 °..

Enfin, dans la seconde période de chaleur (printemps et été de 1895, du 18 mars au 18 octobre), la perte en matière organique a Fibde42,99 DIS

Donc, en un an et demi, du 7 mars 1894 au 18 octobre 1895, les feuilles mortes exposées à l’air dans une caisse métallique garnie de pierres, soit calcaires, soit siliceuses, ont perdu 928,71 °/, de leur poids à 100°, soit moins du tiers de leur poids primitif.

Dans la première année, du 7 mars 1894 au 18 mars 1895, la décomposition microbienne (érémacausis) a détruit 12,65 + 3,14 — 15,79 °[, du poids primitif des feuilles mortes.

Puisque les feuilles placées soit sur du calcaire, soit sur du granit, avaient été prises et élaient restées dans les mêmes conditions, on

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doit conclure de cette expérience, unique il est vrai (!), que la nature du substratum, qu’il soit calcaire ou granitique, n’a pas d’action sensible sur la vitesse de décomposition.

47. Influence des sels de zinc. — Dans une autre série d’expériences, on exposa à l'air libre, dans des caisses en zinc munies d’une dalle soit de calcaire, soit de grès bigarré, des feuilles mortes

d'une même essence et cueillies sur de jeunes arbres, en novembre

1894, un peu avant l’époque de leur chute naturelle.

Un an après (15 décembre 1895), les feuilles de chêne sur le calcaire ont perdu 21,62 °/, de leur poids primitif à 100° et au bout de deux ans, 29,64 °/,. Les feuilles de charme sur le grès bigarré ont perdu dans le même laps de temps 95 °/ et en deux ans (15 décembre 1894-28 décembre 1896), 28,61 °/, du poids primitif à 1400°.

Ce sont là des chiffres très inférieurs à ceux que donnent le D' Ra- MANN et M. KOSTYTCHEFF.

Est-ce à la présence du zinc qu’il faut attribuer cette différence, ou à des périodes de dessiccation pendant lesquelles, comme on sait, toute décomposition est suspendue ? |

Pour déterminer l’influence des sels de zinc, je disposai, en novembre 1897, des feuilles dans des caisses en bois remplies, l’une de sable pur, l’autre de craie et recouvertes d’un filet en ficelle, par conséquent sans aucun contact métallique, et d’autres dans les caisses en zinc des essais précédents.

Je voulais, en comparant la décomposition dans les deux genres de caisses, déterminer l’influence de l’enveloppe métallique.

Onze mois après, le 9 octobre 1898, les 100 grammes de feuilles de tremble étalées sur le sable et sur la craie ont perdu sur le sable 92,05 °/, de leur poids primitif (?) et 45,20 sur la craie.

Ces mêmes feuilles, placées dans une caisse en zinc avec dalle de

grès bigarré, n’ont perdu que 30,36 °/, du poids primitif.

Il est donc hors de doute que l’action nocive des sels de zinc sur

1. 11 serait intéressant de reprendre ces expériences en employant des substratums variés.

2. Un ver s'est introduit dans la caisse de sable, si bien que le chiffre 52,05 °/, est trop fort de ce que le ver a dévoré, On ne peut faire état que du second nombre.

les bactéries de l’érémacausis est la cause dominante du peu d’intensité de la décomposition.

De même, des feuilles de hêtre placées dans une caisse en zinc n’ont volatilisé en un an que 22,5 °/, de leur poids primitif, chiffre très voisin de ceux (21,62 et 23,02) trouvés en 1895 pour le chêne et le charme, tandis que le poids de feuilles de ces deux essences restant un an en plein air, en dehors de tout contact métallique, a diminué de 38,54 °], pour le chêne ct de 49,9 pour le charme.

Ces derniers résultats : 45,20 °/, de diminution de poids en un an pour les feuilles de tremble ; 88,54 pour celles de chêne ; 49,90 pour celles de charme, se rapprochent beaucoup de ceux qui ont été obtenus par les autres expérimentateurs.

Conclusions. — 1° L'action des sels de zinc entrave dans une large mesure l’activité des bactéries de l’érémacausis ; tandis que la décomposition s'élève à 40 ou 50 °|, dans la première année, en dehors de tout contact métallique, elle s'abaisse à 15-23 °|, — soit moins de moitié — dans les caisses en zinc ;

2° Confirmant un fait bien connu, ces résultats montrent que la décomposition, intense en élé, est à peu près nulle en hiver ;

3° Les feuilles de charme (Carpinus betulus L.), beaucoup moins coriaces et tannifères pourtant que celles du chéne (Quercus robur L.) ne se détruisent pas plus vile qu'elles, si elles ne sont soumuses qu'aux aclions chimiques el microbiennes.

Les chiffres donnés ci-dessus le prouvent, ainsi que des recherches encore inédites de M. Fzicne qui, voulant déterminer le poids de matière organique se volatilisant dans des feuilles placées dans une chambre et de temps en temps humectées, a trouvé 45,2 °|, pour les feuilles de charme et 49,1 pour celles de chène.

Si les feuilles de charme disparaissent si vite de la couverture

morte et se transforment si rapidement en humus, c’est uniquement dû, nous l'avons déià dit, aux vers de terre.

48. Expériences faites en forêt sur la vitesse de décomposition de la couverture. — Les seules données que nous possédions sur la vitesse de décomposition des feuilles en forêt, dans les

es

La

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conditions naturelles, c’est-à-dire avec libre intervention des bactéries, des hyphomycètes, des animaüx et de la lixiviation, sont dues aux forestiers bavarois, dont nous avons déjà cité (n° 16-18) les résultats concernant le poids de la couverture annuelle dans divers peuplements. Sur un certain nombre de ces parcelles mises en expérience dans quatre-vingt sept stations différentes de Bavière, au lieu de récolter toute la couverture chaque année, on attendait soit trois ans, soit six ans, pendant lesquels une partie des détritus avait le

temps de se transformer en humus et de s’incorporer à la terre vé-

gétale.

Voici les moyennes des poids à l’hectare de la couverture dessé-

chée à l'air (').

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