‹ Les sols forestiersChapitre 69 sur 180 · AN UE EN A A NE M PT ST PTE QE PE PNA · texte numérisé non relu

AN UE EN A A NE M PT ST PTE QE PE PNA

caire actif dépasse certaines limites, les espèces calcifuges (chêneliège, châtaignier, pin maritime, etc.) ne réussiront pas ou seront chlorotiques. Des appareils simples, appelés calcimètres (*), permettent d'arriver rapidement à une détermination suffisamment approchée.

Outre le calcaire que les arbres, même les plus nettement calcifuges, absorbent en grande quantité, les végétaux forestiers ont besoin, comme les végétaux agricoles, de trouver dans le sol, sous une forme assimilable, de l'azote, de l’acide phosphorique et de la potasse : la seule différence est que les premiers se contentent de doses qui seraient insuffisantes pour donner des récoltes agricoles rémunératrices.

L'analyse chimique d’un sol forestier doit tout d’abord porter sur ces quatre éléments, de beaucoup les plus importants (*). Il faut v ajouter la détermination de la matière organique.

Quant aux autres éléments : silice, alumine, oxyde de fer, magnésie, soude, chlore, soufre, ils ne semblent pas agir sensiblement, du

1. L'un des plus employés est le calcimètre BEernanD, décrit dans la plupart des ouvrages de chimie agricole.

2. Si, dans la plupart des cas, ce sont les propriétés physiques qui influent surtout sur la végétation des peuplements (n° 86 ad notam), il arrive que, sur les sols très pauvres, le dépérissement soit dû à la différence dans le taux des principes minéraux « Entre les brins serrés outre mesure, la lutte pour la vie s’est établie; ils se sont affamés réciproquement par les racines en même temps qu'étouffés par la cime et, dans l'état de souffrance où ils se trouvaient, une année de séchcresse, une invasion de chenilles (accidents auxquels des arbres vigoureux auraient facilement résisté) ont suñi à les faire périr en masse. » C'est de cette façon que M. Jougaire explique le mauvais état de certaines parcelles de la forêt d’Aulnay (Charente-Inférieure et Deux-Sèvres). Analysant leur sol, il a trouvé à l'hectare, pour des sols de qualités physiques identiques (voir Revue des eaux et foréls, 1874, p. 345-362), sur une couche de 80 centimètres d'épaisseur, les quantités suivantes des trois éléments les plus importants pour

la fertilité (azote, potasse, acide phosphorique) : pe 2 AZOTE POTASSE :

phosphorique Perchis (chêne et hêtre), soixante ans. Chênes assez bien RUOgr: EHAGE Kilogr. venants ; hêtres presque tous morts ou dépérissants. . 9 448 2 381 725 Futaie de hêtre assez complète, cent cinq ans. Arbres élancés et encore bien portants . . . . . . . . . .. 13 032 2 296 1616

Il semble bien probable qu'ici c’est la pauvreté en azote et surtout en acide phosphorique. de la première parcelle, qui a causé le dépérissement des hêtres. La teneur en calcaire est la même dans les deux parcelles et largement suffisante.

moins avec les taux et sous les formes qu’ils ont habituellement dans les sols, sur la végétation des peuplements forestiers, et leur détermination présente beaucoup moins d'intérêt (°).

La méthode à suivre dans les analyses des sols forestiers doit être la même que pour les sols agricoles, afin de permettre les comparaisons ; 1l faut qu’il y ait identité dans la préparation de l’échantillon, dans la nature de l’acide employé pour la dissolution, dans la durée et la température de l’attaque ; car toutes ces conditions ont

une grande influence sur la quantité de matière minérale dissoute, de sorte que les résultats ne sont comparables que quand ils ont été

obtenus de la même façon.

C’est pourquoi le comité consultatif des stations agronomiques de France a précisé avec soin les détails de la méthode qui doit être suivie par tous les laboratoires pour l’analyse des sols. Celle-ci n’a qu’une valeur relative, en permettant la comparaison d’une terre qu'on ne connaît pas avec une autre dont le degré de fertilité a été déterminé par l’expérience.

La terre fine soumise à l’analyse est attaquée à chaud par des acides énergiques (nitrique, chlorhydrique) dont l’action dissolvante est infiniment supérieure à celle des forces naturelles. Si l’analyse n'indique que des traces de potasse ou d’acide phosphorique, il n’y a pas de doute sur l'utilité qu’il y a d’apporter à ce sol ces éléments qui lui manquent; mais tel sol pourra être plus riche que tel autre en ces deux principes si importants et lui être néanmoins inférieur en fertilité, si la potasse ou l’acide phosphorique sont engagés dans des combinaisons acluellement inassümilables.

En d’autres termes, on peut concevoir, pour les diverses substances utiles, deux formes distinctes, savoir :

1° Celles qui sont immédiatement assimilables ;

2° Celles qui ne le deviendront que plus tard et qui constituent ce qu'on à appelé la réserve du sol.

1. Dans des cas exceptionnels cependant (excès de sels de fer au minimum, de sel marin, de gypse, etc.), ils peuvent amener la stérilité des sols, même pour la végétation forestière. Les sols dolomitiques ont une flore herbacée quelque peu spéciale ; mais jusqu'alors on ne voit pas que la magnésie exerce une influence notable sur la composition des peuplements forestiers.

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