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C'est dans cette terre, fort peu calcaire, que fonctionnent les racines ; le calcaire du sous-sol n’a guère plus d’action que les parois d’un vase. |
Il est bien certain que, dans la plupart des cas, c’est de cette façon que se concilient ces opinions en apparence contradictoires et, dans les localités où il y a plus de 3 à 4°, de chaux dans la terre fine, les châtaigniers, s’ils ne meurent pas de suite, prennent un aspect maladif, restent chétifs et rabougris et ne peuvent lutter contre les végétaux spontanés, à moins que, par une exception très rare, ils ne s’adaptent si bien au milieu qu’ils puissent soutenir la concurrence (?),
avons souvent discuté dans l’école l'opinion des forestiers français sur cette question et nous avons toujours conclu que si les châtaigniers vivent mieux sur les terrains siliceux, ils vivent bien cependant sur les sols calcaires, comme il arrive dans les provinces basques où se trouvent de magnifiques châtaigniers et même des châtaigneraies en terrain calcaire et non dolomitique. »
1. Ces châtaigniers de haute tige, plantés dans le jardin de l'École forestière de Naucy, s'y maintiennent depuis douze ans, mais ont une végétation languissante.
2. Gette opinion a déjà été émise par plusieurs auteurs. On lit dans le Trailé des rapports des plantes avec le sol, par M. Roux (p. 379) : « Selon que le calcaire est compact, tendre, pierreux, marneux, etc., on a des sols différemment chlorosants pour la même teneur absolue en carbonate de chaux.
« À. BenNanD a particulièrement insisté sur l'influence de la éénuilé du calcaire et a
Nous nous bornons à cet exposé sommaire de la végétation des essences forestières silicicoles dans des sols à doses croissantes de calcaire assimilable, nous proposant de publier prochainement le compte rendu détaillé des observations faites sur la végétation des divers arbres (calcicoles et calcifuges) des cases pendant les dix premières années (1895-1906), sur celle des sous-arbrisseaux (CGalluna, Erica, Vaccinium) et des plantes herbacées qui y ont été cultivées, ainsi que sur la faculté d’imbibition, l’évaporation, la lixiviation de ces sols artificiels.
68. Lixiviation du calcaire. — La plupart des sols de eouleur rouge qui recouvrent les calcaires jurassiques ou infracrétacés si souvent occupés par la végétation forestière se sont formés par l’accumulation des résidus insolubles laissés par la dissolution lente des
montré que l’action du calcaire devient toujours prépondérante dans un sol s'il y est à l'état d'extrême division, présentant une grande surface de dissolution et de contact avec les racines. La pulvérisation el l'assimilabilité du calcaire marchent de pair… Houpaizze et Semicnon (1894) ont étudié avec grand soin les variations de vitesse d'attaque ou vitesse de réaction des différents calcaires. Les calcaires friables des formations tertiaires et crétacées sont attaqués plus vite et engendrent une chlorose plus intense que les calcaires durs et compacts du jurassique et des terrains primaires. »
Däns l'important ouvrage de M. Roux publié en 1900 on trouvera tous les renseignements bibliographiques sur ces questions si discutées des rapports des plantes avec le sol et sur la chlorose, l'exposé et la critique des diverses opinions, les expériences et observations personnelles de l'auteur. Ses expériences montrent nettement l'action nuisible du calcaire sur certaines plantes et comment cette nocivité varie avec les doses de calcaire et avec les espèces. « Il a le premier, dit M. Macnin, observé et décrit les altérations caractéristiques de la cellule chlorotique et signalé la possibilité de l'intervention de microorganismes soit dans la production, soit dans la propagation de la chlorose. » M. Roux ayant observé des microorganismes mobiles dans les cellules chlorotiques, et d'autant plus abondants que la chlorose est plus accusée. est disposé à leur attribuer un rôle important dans la production de la chlorose (?). Geci est fortement contesté par À. DEMENTIEW, de Tiflis (*), qui a vu ces organismes aussi nombreux dans les feuilles saines que dans les feuilles chlorotiques où ils sont loin de se rencontrer constamment. Pour ce dernier auteur, ce sont les pucerons parasites des racines qui apparaissent comme la première et la plus importante cause de la chlorose. Gette opinion a déjà été émise par Ravaz qui dit que le phylloxéra provoque ou aggrave la chlorose. — Bref, la ou les causes de la chlorose sont encore très mal connues.
(*) La Chlorose des plantes et les moyens de la combattre, par ARKADII DEMBNTIEW. Traduit de l’allemand dans les Annales de la Science agronomique française et étrangère, 1904, t. II, pp.63-81
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couches géologiques, sous l’action incessante des eaux météoriques (').
Le sol des forêts des collines calcaires, là où il n’existe pas de diluvium, s’est formé certainement de cette façon. On trouve dans le sol de la forêt de Haye, par exemple (forêt située entre Nancy et Toul sur le médio-jurassique entièrement calcaire), les mêmes éléments minéraux et en même proportion que ceux qui restent dans le vase après la dissolution du calcaire sous-jacent par des acides faibles (°). |
Malgré le dôme de feuillage et la couverture morte qui amortissent le choc de la pluie et diminuent sa force de pénétration, l’infiltration des eaux météoriques dans les interstices du sol amène fatalement la décalcification des zones superficielles, C’est là un . phénomène général qui acquiert son maximum d'intensité dans les sols forestiers, à cause, a-t-on dit déjà, de la production presque continue d'acide carbonique aux dépens de la couverture morte ; or, l’eau carbonique dissout cinquante fois plus de calcaire que l’eau pure. Ainsi le sol de la forêt de Champenoux (forêt située sur le lias, ne contient que 0,09 de chaux pour 1000 de terre fine dans la couche de 0 à 10 centimètres, 0,36 dans la couche de 40 à 20 et 0,39 dans la couche de 40 à 50.
1. M. Fucns dit que les terres rouges en Italie, en Grèce, dans le Karst se forment sur les différents calcaires. Il a remarqué cette formation typique sur des calcaires très blancs, très compacts ; mais il n'en a jamais trouvé sur des calcaires crayeux ou sur les calcaires tendres, marneux (Scnimrer, Pflanzengeographie, p. 263). L'analyse du sol de la forêt de Roquevignon, près de Grasse (voir ci-dessus), montre à quel degré peut être portée la lixiviation du calcaire par les eaux carboniques des sols
forestiers.
2, « On peut constater expérimentalement que les calcaires en apparence les plus blancs, tels que le marbre et la craie, donnent, quand on les traite par un acide, un résidu argileux rougeâtre. La constance avec laquelle les terres rouges recouvrent tous les affleurements calcaires, pénétrant dans leur masse sous forme de cavités déchiquetées qu'on ne saurait, en aucune façon, rapporter à des effets mécaniques d'érosion et de ravinement, autorise à penser qu'on a sous les yeux le produit, accumulé à la suite d’une longue exposition à l'air, de la dissolution même du massif sousjacent » (A. DE LarparenT, Traité de géologie. 4° édition, p. 325). Laissés pendant vingt et un jours en contact avec de l'acide acétique étendu au 1/100, le marbre blanc a perdu 4,1 °/0, la pierre d'Euville 3,1 °/60, la pierre de Savonnières 5 °/, et la craie de Meudon 4,1 °/c0.
Cette dose faible de 0,36 °/,, se retrouve dans les 15 ou 20 centimètres qui forment toute l’épaisseur du sol des mauvaises parties de la forêt de Haye (fourrasses de Villers). Et cependant cette terre rouge est mélangée de nombreuses pierres calcaires de toutes dimensions.
La décalcification est si intense que des espèces calcifuges par :
excellence, telles que le genêt à balaï, s’y installent par places.
Ceci explique la grande utilité des feuilles mortes, — véritable engrais calcique, — même pour les sols superficiels qui reposent sur des bancs calcaires. Les racines de la surface trouvent dans cette couche de feuilles mortes qui se renouvelle chaque année la chaux qui leur est nécessaire et qui provient des couches inférieures de la base minéralogique où vont la puiser les racines profondes. Grâce à la couverture, cette chaux des zones inférieures se trouve incessamment ramenée à la surface pour le plus grand bien de la végétation (*). C’est un de ces nombreux circuits que l’on constate si fréquemment dans la nature.
69. Autres principes minéraux (magnésie, fer, manganèse, gypse, sel). — Les trois principes minéraux dont on vient de parler sont les plus importants pour la végétation ; c’est sur leur teneur et sur leur assimilabilité que doit se porter surtout l'attention. Aussi passerons-nous rapidement sur les autres éléments dont certains, tels que la magnésie, le fer, sont indispensables aux arbres forestiers comme aux plantes agricoles — on les trouve dans les cendres de tous les arbres — mais existent toujours dans les sols forestiers en quantité suffisante; dont les autres, tels que le sel, le gypse, sont, à haute dose du moins, nuisibles à la végétation.
Magnésie. — La magnésie existe dans les sols à l’état de carbonate ou de dolomie (carbonate double de chaux et de magnésie) ou de silicate.
Les sols forestiers analysés (tableau TD) contiennent de 0,2 à 3 de magnésie pour 1000 de terre fine.
1. Les agriculteurs sont obligés de recommencer de temps en temps les chaulages ou marnages pour entretenir dans le sol la quantité de chaux nécessaire aux récoltes ; la forêt y subvient seule, par le simple jeu des forces naturelles.