‹ Les sols forestiersChapitre 89 sur 180 · Comptes rendus de l'Académie des sciences · texte numérisé non relu

Comptes rendus de l'Académie des sciences

2. D'après des analyses récentes, ce taux est trop élevé et doit être ramené à 8 ou 10 kilogr. au plus, E. GuevanDier trouve 1,07 d'azote en moyenne dans des tiges de

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En admettant que le bois de quartier renferme 0,18 °/, d'azote, le rondin 0,30 °/ et les fagots 0,60 °/,(), on voit que l’azote fixé annuellement par le bois et perdu pour le sol s'élève seulement à 745,590 pour le hêtre, à 7*6,85 pour l’épicéa, à 7*,56 pour le pin.

Toutes les analyses montrent que le taux d'azote s'accroît dans les axes à mesure que leur diamètre diminue.

Ce sont les brindilles qui sont le plus riches en azote(?) et le taux minimum se trouve dans le duramen des troncs des gros arbres. Cette loi est en parfait accord avec ce que l’on sait de la répartition des principes minéraux essentiels et de l’émigration de l’acide phosphorique, de la potasse et de l’azote dans les jeunes axes de l'automne. En admettant que les feuilles retournent intégralement au sol, celui- 1 perd néanmoins 8 à 10 kilogr. d’azote fixés par les tissus ligneux.

75. Influence du mode de traitement. — Le mode de traitement exerce la plus grande influence sur le stock d’azote des sols forestiers. ;

hêtre de soixante-dix ans ; 0,74 dans des branches et 0,65 dans de jeunes brins. C'est d'ordinaire la proportion inverse que l'on constate et des hêtres de cet âge de la forêt de Haye n'accusent que 0,15 °/, d'azote.

1. Ge sont les chiffres les plus élevés trouvés par Scarôper (Forstchemische und pfianzenphysiologische Untersuchungen, Dresden, 1878, p. 48). 11 est à remarquer que, si l’on n'aperçoit pas de différence entre les feuillus et les résineux quant aux exigences des axes en azote, il semble, d'après les analyses de KRUTZSCH, citées par SCHRÔDER, qu'il n'en est pas de même pour les feuilles. Elles seraient moins riches en azole, de même qu'en acide phosphorique et en potasse.

KaoTzsca a trouvé une moyenne de 1,34 ‘|, d'azote pour des feuilles mortes de hêtre; 1,06 pour des aiguilles d'épicéa et 0,91 pour des aiguilles de pin sylvestre.

Nos analyses ont donné des résultats analogues (p. 35).

2. Dans les années de disette de fourrage, en 1893 notamment, on les a utilisées, broyées et fraîches ou ensilées, pour la nourriture du bétail. Des analyses faites à cette époque (Journal d'agriculture pratique, 1893-1894) ont accusé :

0,5 à 0,6 °/, d'azote dans les brindilles de hêtre ;

0,4 à 0,5 — — chêne de 5 à {5 millimètres de diamètre.

0,7 à 0,8 — — chêne au-dessous de 5 millimètres de diamètre ;

1,1 dans les pousses de l'année (axes et feuilles) de sapin et d'épicéa ;

0,8 dans les pousses de deux ans — nus

“(Noir La Forêt el la disette de fourrage, par L. GRANDEAU. Paris, imprimerie Pariset, 1893.)

Les chiffres précédents se réfèrent à l’exploitation en futaie. On n'enlève que des arbres de cent à cent vingt ans (‘); les quatre cinquièmes du matériel sont à 0,18°/, d’azote.

Mais, si l’on exploite en taillis simple à la révolution de quinze ans, on n’exporte que de jeunes tiges beaucoup plus riches en azote et, au lieu des 8 à 10 kilogr. qui représentent le minimum de l'épuisement en azole par la culture forestière, on arrive à des chiffres bien plus élevés, puisque toute la production ligneuse se fait en jeunes axes, trois fois plus riches en azote que les vieux bois.

Pendant une révolution de futaie de cent vingt ans, il y aura, sur

les forêts traitées en taillis simple à la révolution de quinze ans, huit exploitations dont les produits consisteront uniquement en fagots avec quelques rondins. En supposant qu’au lieu de 3 200 à 3 600 kilogr. de bois il ne se produise, comme moyenne de ces quinze ans, que 2 000 kilogr. de bois à l’hectare — ce qui est évidemment un minimum — Ja perte en azote qui, avec le régime de la futaie, était pour le total des cent vingt ans, de 74,6 x 120 — 919 kilogr., sera, avec le taillis, de 2 000: X 0,6 °7, — 194 X 190 —1 440 kilogr., accusant un excédent de consommation d’azote de 5928 kilogr. ou, par an, de 4k5,4.

Et le sol sera bien plus appauvri encore par ce fait que la couverture morte dans les taillis n’atteint guère son chiffre normal que dans les coupes ayant une dizaine d’années (p. 25); or c’est la couverture morte, avec ses 30 à 50 kilogr. d'azote annuellement restitués au sol, qui est la principale cause du maintien, voire de l’augmentation du stock d’azote des sols forestiers. Dans de telles conditions, on ne peut plus dire que la forêt soit une accumulatrice d’azote; le sol maintient alors à peine sa provision et, si l’on enlève les feuilles mortes, 1l court très vite à la stérilité, quelle que soit sa fertilité primitive.

C’est dans l’éducation des jeunes plants en pépinière que la culture forestière épuise le plus le sol en azote et en principes minéraux,

1. Ge sont des durées faibles pour des révolutions de futaie, elles sont souvent appliquées en Allemagne ; en France les révolutions sont d'ordinaire plus longues et par suite l'exportation d'azote est encore moindre.

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