‹ Les sols forestiersChapitre 92 sur 180 · PL ONE ST · texte numérisé non relu

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Il ressort de l'examen des chiffres du tableau B, et notamment des moyennes, que la chaux forme environ les trois quarts du poids des cendres des axes ; l’autre quart renferme surtout de la potasse (9 °/,), de la magnésie (6 °/,) et de l'acide phosphorique (5 °}.).

Tableau B | POTASSE CHAUX MAGNÉSIE ES DR ES RS CE A 1 a MUR Pet dE Pa PEN PP 00 D DO KE SO DE PE 1 2 NE: 2 o cn = Es ss] ja = En rs) = = NAN NAN CI LERn SUTIS TSI = SES 3 Le af:

es e2 Be 4 Res] La & >) Ca ODRErTP ARASPEUZS | ner mms | CRM | CREUSE, | D | EEE À omeumes | RSS | epcmexe | LOTUS Alisier torminal. . . . . , .| 5,5| 9,6] 5,9/24,5/16,1170,5181,1142,6| 6,8| 7,3| 6,4! 10,0

Pommier sauvage. , . . . .| 8,3] 5,2| 3,7124,7|75,8180,7186,2153,4| 4,7| 4,7| 3,6| 5,5 Cerisier merisier . . . . . , 5,1| 8,7| 3,9123,2166,1171,5,82,5|42,6|13.8| 5,7| 5,0 12,3 F Coudrier noisetier. . . , . .! 8,91 7,3| 1,6118,3173,3173,6187,5152,7| 2,2| 5,6| 3,5| 7,0 Charme. . . . . . . . . . .| 4,9] 5,1| 2,2112,1173,9176,5187,6161,1| 6,0) 2,8! 8,0! 5,5 Peuplier tremble. , , . . . .[11,8| 9,0! 7,7118,4171,2177,8|72,8|49,6| 3,8) 5,3| 7,1 4,0 Érable champêtre. . . . , .| 9,1| 7,9| 4,2125,4174,3|70,7181,8/30,9] 5,6| 8,6| 3,9] 10,5

M RS en 14,5/11,8| 5,1121,8/60,2|66,5183,4144,3| 4,5) 5,3| 3,6] 7,3 - Chêne rouvre. . . . . . . .| 9,8/14,2| 2,9122,4/76,2/69,2187,9/47,0| 3,6! 6,81 2,0| 2,9 : Orme de montagne . . . . .| 6,2| 6,9] 2,6123,7177,8167,4184,0129,3| 5,3111,7| 3,5| 8,4 | Frêne commun, . ..... 13,2117,6| 8,3118,7162,1164,4180,2139,4] 5,8) 3,1| 2,3| 8,1

Moxexws. . . . . .| 8,8 9,4) 4,4121,2/71,4171,7|83,2/44,8| 5,7| 6,1! 4,0| 7,4

SESQUIOXYDE DE FER

ACIDE PHOSPHO- RIQUE

| Branches Feuilles | Branches | Écorce

: Feuilles Branches

Asie FOrmInALe. =... . . 3,2| 2,8| 0,8! 0,9 3,4 | Pommier sauvage. . . . , .| 2,0| 1,4! 0,6]! 1,1 3,3| 1,7| 0,7| 2,3 Cerisier merisier. . , . . . .] 2,2| 2,5] 1,1] 0,9 4,6| 2,7| 1,4| 2,7

Coudrier noisetier. , , . 1,8| 1,2| 1,0| 3,6 4,3| 3,1| 1,3| 5,8 2 NTM FE 1,4! 1,9| 1,0| 2,7 2,2] 2,0] 1,2| 5,8 Peuplier tremble. , . . . . ,| 1,2| 1,1| 3,0] 2,0 2,71 2,2| 2,2] 7,5 Érable champêtre. . . . . . 2,0 2,9| 1,8| 1,3] 11,0 PRO RE ET RE AS Per 24 5,6| 3,7|10,5 CRéne rouyre.;: !. . 1,6| 0,8| 5,2 Orme de montagne . 3,2| 4,5! 19,9 FTén6 COMRUR 0: 0210) 1,8 1,4 2,6 | a ee À À) À | V4 À | ———— L MOYENNE. : . . ... , 2,6| 1,8| 6,8

Les feuilles, à cette époque (15 juin), ont une composition de cendres bien différente de celle des axes; la. chaux n’y entre pas

même pour moitié du poids et les taux de potasse et d’acide phosphorique sont plus du double de ceux des axes.

En dehors de ces faits généraux ressortant de l’examen des moyennes, il y a des variations considérables tenant à l’espèce.

78. Influence de l'espèce. — Comme le taux de cendres peut varier, d’une espèce à l’autre, du simple au double et celui de chaque élément du simple au triple, on ne peut se faire une idée nette des exigences minérales d’une essence qu’en rapportant chaque principe au poids total de l'arbre, ainsi qu’il a été fait dans le tableau C où les espèces ont été rangées d’après leurs exigences en (P? 0° + K°0) qui sont les deux principes reconnus pour avoir le plus d’influence sur la végétation (°).

Ces résultats d'analyse concordent avec les faits She E dans la nature aussi bien qu’avec les nombres déjà obtenus — quoique d’une manière plus incomplète — par divers auteurs qui n’ont analysé que les feuilles. Ainsi chacun sait que le hêtre et le charme végètent encore très bien dans des sols pauvres et superficiels où, grâce à leurs faibles exigences, ils peuvent croître en massif, tandis que les ormes, chênes, érables, trembles ne montrent une vigoureuse croissance que dans les terrains suffisamment riches et profonds ; chacun sait aussi que le frêne est très exigeant et n’acquiert de belles dimensions que « dans les plaines basses, dans les grandes vallées, dans les vallons à sol frais et fertile ». Sa forte teneur en acide phosphorique, en potasse et en azote explique qu’on ne le rencontre qu’à l’état disséminé, sauf dans les cantons extrêmement riches, et que ses feuilles soient les plus appréciées comme fourrage.

D'autre part EBERMAYER (°) distingue parmi les arbres feuillus :

4° Les feuillus à grande consommation avec un taux moyen de 6 à 8 °/, de cendres dans la matière sèche des feuilles. En tête de ce

1. Il est à remarquer que les taux d'acide phosphorique et de potasse croissent à peu près dans le même ordre. Les exigences en acide phosphorique entraînent des exigences similaires en potasse; le charme seul a fait exception dans nos analyses ; frugal en potasse, il demande beaucoup en phosphate.

1. La Nutrilion minérale des arbres des foréts. Traduction dans les Annales de la Science agronomique française ct étrangère, 1894-1895, t. I, p. 234-259.

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groupe se place le frêne, arbre forestier le plus exigeant, dit l’auteur allemand. Puis viennent le peuplier pyramidal, l’orme champétre, les tilleuls, le robinier, les &'ables (plane et sycomore) ;

2° Les feuillus à consommation moyenne avec un taux de cendres pures s’élevant en moyenne à 5 °/, de substance sèche.

Ïs sont moins exigeants que ceux du premier groupe et demandent un sol de qualité moyenne. A ce groupe appartiennent, en ordre décroissant, les érembles, les saules, les chénes, les charmes, les hétres et les érables champétres. Les trembles, saules et chênes ont

des exigences plus grandes et veulent un meilleur sol que les hêtres

et charmes ; 3° Les feuillus à faible consommation avec un taux moyen de cendres pures égal à 4 °/, de substance sèche des feuilles.

À ce groupe appartiendraient les bouleaux et les aunes. D’après les analyses de J. ScHRÔDER, le bouleau fournirait même moins de cendres pures que le sapin et l’épicéa (°).

Quant aux résineux, on sait qu’ils demandent moins au sol que les feuillus et qu’ils remplacent peu à peu ceux-ci partout où le so! s’appauvrit, soit par des enlèvements exagérés de la couverture, soit par de mauvaises exploitations. Ce ne sont pas seulement les feuilles (?), mais aussi le bois, l’écorce et les branches qui renferment sensiblement moins de cendres que les mêmes organes chez les feuillus. La teneur des feuilles en cendres pures varie entre 1,4 et 3,6 chez les résineux tandis qu’elle s’élève entre 4 et 10°}, chez les feuillus, et les cendres des premiers sont aussi plus pauvres en potasse et en phosphales.

En tête des résineux vient le sapin (3 °|, de cendres pures dans les aiguilles en moyenne), qui dans le bois comme dans les aiguilles est plus riche en principes minéraux rares que l’épicéa, puis le méléze et l’épicéa (2,50 °}, de cendres), le pin Weymouth et enfin le pin noir, le‘pin sylvestre et le pin de montagne qui demandent le moins au sol, surtout en potasse et en acide phosphorique. Aussi est-ce

{. Tandis que les jeunes arbres de la forêt de Haye absorbent, dans leurs axes, de 9 à 18 °/, de cendres pures pour 1 000 de matière sèche, le sapin en absorberait 8,32 ‘00, l'épicéa 5,70 © et le bouleau seulement 4,20 °/.

2. Voir (p. 52) le tableau relatif à la composition de diverses couvertures mortes.

aux pins que l’on s'adresse de préférence pour boiser les sols pauvres

ou dégradés.

Avec les données des tableaux précédents il est aisé de calculer l'épuisement du sol de la forêt de Haye en acide phosphorique, potasse, chaux par hectare. Comme les principes minéraux des feuilles retournent au sol dans la couverture morte, 1l n’y à qu’à tenir compte des axes et à retrancher des nombres qui précèdent ce qui est afférent aux feuilles.

Ainsi les tiges et branches de coudrier pèsent secs 145,519 renfermant 236 grammes de cendres avec 11 grammes d’acide phosphorique. L’érable champêtre a fixé dans ses axes 35 grammes de potasse. Le frêne a fixé 275°,77 d’acide phosphorique, soit 0,63°/, d’axes (matière sèche), tandis que le hêtre voisin de même âge et de même poids n’a fixé que 13 grammes d’acide phosphorique, soit 0,32°/,. du poids des axes supposés desséchés à 100, c’est-à-dire moitié moins.

Donc si on n’enlève pas les feuilles mortes, le frêne épuisera deux

fois plus vite le sol en acide phosphorique que le hêtre, et si on pra-

tique le ratissage de la couverture ou sion récolte les feuilles comme fourrage, le frêne sera trois fois plus épuisant que le hêtre (le taux pour 1 000 étant pour l’arbre tout entier de 0,52 pour le hêtre et de 1,83 pour le frêne).

Nous ne possédons pas d'analyses faites sur les résineux des forêts françaises. Mais en Allemagne plusieurs chimistes forestiers(®) se sont occupés de cette question d’épuisement du sol en matières minérales par les principales essences forestières de ce pays (hêtre, épicéa, pin sylvestre). D’après EBERMAYER (pour le hêtre, l’épicéa, le pin) et d’après ScHRÔDER (pour le sapin et le bouleau), 1l y aurait en cendres pures :

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