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LA MORT GLORIEUSE

Glacé, pâle, sanglant et perdu sous la nuit, Le héros sent la Mort qui rôde et qui s'approche, Soudain, elle surgit de l'ombre d'une roche, S'arrête une seconde et s'avance vers lui...

Devant elle, voilà que tout émoi s'enfuit !

Ce n'est pas le farouche et sinistre fantoche

Qui chez le sombre Holbein à tout vivant s'accroche,

Mais l'Honneur l'accompagne et le Salut la suit.

Elle a les ailes d'or qu'on donne à la Victoire,

L'âme de la Patrie étincelle en ses yeux,

Son front divin est lourd du poids de notre histoire,

Elle tend une palme au blessé radieux,

L'enlève avec amour entre ses bras d ivoire

Et l'emporte, en plein vol, au fond des justes Cieux.

AUGUSTE DORCHAIN

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