‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 25 sur 74 · L'ARTILLEUR · texte numérisé non relu

L'ARTILLEUR

{Sonnet prophhique, publié en 1880.)'

Le Mars des anciens jours est devenu pratique : Il calcule en lorgnon, assis : sur ses apprêts Plane la gravité de la Mathématique, Et le Dieu n'aime plus à combattre de près.

La puissance du cœur et du poignet abdique : Et plus d'un vrai héros songe, plein de regrets. Aux combats corps à corps avec le glaive antique La mort est sans beauté ; le péril sans attraits.

Oui ! le jour n'est pas loin peut-être où, la science

Ayant sur la moindre vaillance Etendu froidement son monstrueux pouvoir,

Les grandes nations, armées D'engins mystérieux sans bruit et sans fumées, S'extermineront sans se voir !

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