LE REVE S'INCARNE
A Adolphe Brisson.
La nuit tombe. Au lointain des horizons voilés Par les vapeurs de mort qui flottent dans la plaine, Nos canons qui chantaient leur sombre cantilène, Reposent maintenant, muets, dans les grands blés...
Déroulant ses anneaux déjà tout mutilés, Aux marais de Saint-Gond — noirs de sa bave obscène,- Le monstrueux serpent, qui sifflait vers la Seine, Périra sous la faux des Gaulois assemblés.
Mais, dans l'ombre on entend chuchoter la Victoire, Jetant sur nos soldats son chaud manteau de gloire Pour écraser, demain, le reptile encerclé.
Et dans la plame immense, au soir de la bataille. Ils veillent jusqu'au jour leur sommeil étoile Oij passe le frisson du « Rêve " de Détaille...