LA MARSEILLAISE
Ah ! ne la chantons plus par pitié pour nous-mêmes !
Paul DÉROb'LÈDE
Hymne sacré ! longtemps profané dans nos fêtes, De qui, — nous les vaincus, — n écoutions le refram. Que le cœur gros de honte et de colère étremt, Et le rouge à nos fronts marqués par les défaites,
Nos vengeurs sont venus et l'heure où tu t'apprêtes A bondir sur leurs pas, guerrière au sombre crin, Telle que du Munster, sentinelle du Rhin, Jadis tu pris ton vol bercé par les tempêtes.
Aujourd'hui, que la gloire, en sa pourpre de deuil, Fait tressaillir d'envie et frissonner d'orgueil Les os désespérés des morts de Soixante- Onze,
Plus haut que nos canons, plus clair que nos tambours, Sonne ! ô Chœur triomphal, par tes strophes de bronze Le réveil en français aux cloches de Strasbourg.