A MAURICE BARRÉS
En ces heures de guerre où l'on marche au canon, La jeunesse t'écoute et te suit ; c'est justice. Il faut un maître ami qui de haut l'avertisse ; A ce devoir d'ainé tu n'as jamais dit non.
Dans la chaîne des temps tu seras le chaînon Qu'aura forgé la Muse aux jours du sacrifice. Ah ! dis-nous en ton cœur quelle fièvre se glisse, Quand ceux qui vont mourir ont acclamé ton nom î
Cette couronne-là manque à d'illustres vies :
Les jeux les plus parfaits de l'art les ont remplies
D'une gloire impuissante à combler leur orgueil ;
Mais toi, quand tu reviens dans ton jardin de Charmes, Aux échos de victoire entends-tu, sur le seuil. Ta strophe qui s'accorde au tumulte des armes?