‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 48 sur 74 · A L'AMBULANCE · texte numérisé non relu

A L'AMBULANCE

On trouva une main d'enfant dans la poche d'un moribond allemand.

(Les Journaux.)

« Oh ! cette main d'enfant qui tramait dans ta poche, Dis-nous, qu'en faisais-tu ? Mais réponds, monstre boche ! » Et l'homme qui râlait déjà, tourna le cou Et dit : « Je ne sais pas, j'avais bu, j'étais saoul ! »

Il a ce geste lent du mourant qui s'accroche

A ses draps. L'œil est fixe. Allons la mort est proche !

Il délire : « Oui, c'était là-bas... je ne sais où...

« On brûlait tout... on tuait tout.... On était fou. »

La sœur pensait : « Pourtant c'est singulier qu'il meure « Sans blessure apparente. — 11 en a pour une heure, « Dit le major, un choc... ça se voit... » 11 se tut.

L'homme étouffait. On entendait un bruit de forge. Penchés sur lui, nous lui disions : <^ De quoi meurs-tu? « — Je sens comme une main qui me tient à la gorge. »

ANDRÉ PÉRATÉ

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