‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 49 sur 74 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

Je n'étais qu'un enfant et j'allais au lycée. Je revois tout, la cour et ses arbres pelés, Et l'auvent sous lequel, sagement assemblés, Nous répétions en chœur la leçon commencée.

Nous n avions cependant qu'une même pensée, La guerre sans pitié, le pays désolé, Lorsqu'un grand nous cria : « Metz a capitulé ! » Nous restâmes muets et la tête baissée.

Et, depuis ce temps-là, j'ai vécu, j'ai vieilli. J'ai goûté la douceur des jours, sans que l'oubli Ait effacé jamais le deuil de nos défaites.

Et, quand sonnait le nom de l'insolent vainqueur, Chaque fois j'ai senti me remonter au cœur Cette honte impuissante et ces larmes secrètes.

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