‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 56 sur 74 · LE BLESSE · texte numérisé non relu

LE BLESSE

« Je te donne ma vie et le sang de ma veine, La force de mes mains et l'éclair de mes yeux ; De tout cela fais-en une farouche hame Et conduis ma colère à des combats joyeux.

« Que ta voix héroïque à son appel m'entraîne Vers la balle sournoise et l'obus monstrueux Et que mon bras défende à la horde germaine Les foyers de la race et le sol des aïeux.

« Déesse de la guerre aux armes éclatantes, J'offre à ton dur baiser mes blessures saignantes : Serre-moi longuement sur tes seins cuirassés ;

« Prends mon corps douloureux et prends ma chair meurtrie Mais de mon sang, au moins, laisse-moi juste assez Pour que batte en mon cœur l'amour de la Patrie ! »

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