LE BLESSE
« Je te donne ma vie et le sang de ma veine, La force de mes mains et l'éclair de mes yeux ; De tout cela fais-en une farouche hame Et conduis ma colère à des combats joyeux.
« Que ta voix héroïque à son appel m'entraîne Vers la balle sournoise et l'obus monstrueux Et que mon bras défende à la horde germaine Les foyers de la race et le sol des aïeux.
« Déesse de la guerre aux armes éclatantes, J'offre à ton dur baiser mes blessures saignantes : Serre-moi longuement sur tes seins cuirassés ;
« Prends mon corps douloureux et prends ma chair meurtrie Mais de mon sang, au moins, laisse-moi juste assez Pour que batte en mon cœur l'amour de la Patrie ! »