‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 6 sur 74 · HYMNE AUX BLESSES · texte numérisé non relu

HYMNE AUX BLESSES

O Christs de la Patrie, ô blessés, je vous aime, Chers preux éclaboussés des fureurs de l'assaut^ Tout exaltés encor du combat, le cœur chaud De vous être toisés avec le trépas même.

Mars vous a conféré, sous le feu, son baptême. Guerroyant chevronné, homme fait, jouvenceau. Dont la vertu, passant l'ardeur du lionceau. Des Flandres à l'Alsace arrêta le Hun blême.

Salut, Héros; salut, sublimes insurgés,

Qui maintenez la France et qui la protégez

'Contre l'orgueil dément et la sauvagerie ;

ïlmules des aïeux de Valmy, fiers soldats,

Je vous admire tous, ô Christs de la Patrie,

Que la gloire a marqués du grand sceau des combats.

TU RETROUVAS SOUDAIN

Tu retrouvas soudain les qualités guerrières De tes siècles de force et de tes grands aïeux, France, quand te dressant à la face des cieux, Tu frappas l'ennemi franchissant nos frontières.

Les trois couleurs, flottant au front de tes bannières, Rallièrent dans un même élan radieux, Confondus pêle-mêle et tels de jeunes dieux, Les enfants des manoirs, des villes, des chaumières.

Ils partirent, quittant, cœur ferme et regard clair, Pour le fusil les sports ou la plume de fer, Pour le canon l'outil ou la paix pastorale.

Et je salue ici, glorieux mutilés.

Ceux qui, dans le combat, eurent par une balle

De fiers rubans de sang à leur sein épingles.

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