DEPART (AOÛT
C'est le soir, le train siffle et se Kâte et gémit,
Le train qui nous emporte au Nord vers la frontière ;
Je regarde pensif à travers la portière
S enfuir le paysage au loin comme un ami...
Mais voici qu'évoquant la minute dernière
Où mon cœur déchiré sur son cœur a frémi.
De ce passé d'amour qui s'était rendormi
Une larme est montée, honteuse, à ma paupière...
Soudain les mots d'espoir sont en moi revenus Car, devinant sans doute où vont ces inconnus, Une femme, là-bas, s'arrête dans la plaine.
Et seule, sans savoir qu'on peut l'y découvrir. Esquisse dans la brume où je la vois à peine Le baiser de la France à ceux qui vont mourir.