‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 60 sur 74 · DEPART (AOÛT · texte numérisé non relu

DEPART (AOÛT

C'est le soir, le train siffle et se Kâte et gémit,

Le train qui nous emporte au Nord vers la frontière ;

Je regarde pensif à travers la portière

S enfuir le paysage au loin comme un ami...

Mais voici qu'évoquant la minute dernière

Où mon cœur déchiré sur son cœur a frémi.

De ce passé d'amour qui s'était rendormi

Une larme est montée, honteuse, à ma paupière...

Soudain les mots d'espoir sont en moi revenus Car, devinant sans doute où vont ces inconnus, Une femme, là-bas, s'arrête dans la plaine.

Et seule, sans savoir qu'on peut l'y découvrir. Esquisse dans la brume où je la vois à peine Le baiser de la France à ceux qui vont mourir.

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