L'ANONYME
L ennemi ayant dissimulé la marche d'une de ses colonnes derrière un front de zouaves prisonniers, et arrêté ainsi le feu de nos troupes, un des zouaves leur cria : — Tirez donc N. de D...
Et le feu se rouvrit.
{Les Journaux, 1914.)
Tirez donc, N.. de D... ! Celui qui dit cela. Qui, déjouant ainsi la fourberie alboche. Fit ce geste, imprévu de leur lourde caboche, Est parmi les plus grands dont l'Histoire parla.
Zouaves prisonniers, on les avait mis là, Pour masquer la manœuvre et l'ennemi tout proche. — C'était un simple cœur, mais fait de quelle roche ! Et d'un coup, aux héros, cette âme s'égala.
La décharge suivit l'appel, comme la foudre. Courage et lâcheté, confondus sous la poudre. Nous dûmes les coucher dans le même trépas.
Mais on voudrait, au rang de nos plus hautes gloires. Fane vivre un tel nom dans toutes les mémoires. Et, ce martyr superbe, on ne le connaît pas.