‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 70 sur 74 · L'AVEUGLE · texte numérisé non relu

L'AVEUGLE

« Guidez-moi, sans me plaindre, enfants ! — Calme et soumis, « J'attends chaque matin ce que mon cœur présage : « Car mes yeux, pour le monde à jamais endormis, « De regarder en moi m'ont enseigné l'usage.

« J'y vois de fiers assauts, des fuites d'ennemis, « La Victoire qui plane avec un bon visage, « Et là-bas, sur le fond d'un vaste paysage, « Le lever du Soleil à nos espoirs promis

« Enfants, pour mieux m'aider à bénir cette épreuve,

« Quand se taira la voix du canon souverain,

« Menez-moi vers l'Aurore aux rives du grand fleuve :

« Que j'écoute avec vous, guéri de tout chagrin,

« D'une musique — douce infiniment et neuve —

« Le long des bords français chanter l'onde du Rhin ! »

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