‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 72 sur 74 · LE VŒU · texte numérisé non relu

LE VŒU

Les ans lui donnaient droit au repos, loin du front.

Mais, brûlant de pitié pour son pays, mystique,

11 sentit dans sa chair un besoin frénétique

De s'offrir d'un grand vœu d'amour que rien ne rompt.

Rien, sinon le trépas... Oh ! pouvoir d'un cœur prompt. Constant, — comme un martyr qui meurt dans un cantique, Souffrir, mourir cent fois fibre à fibre, — extatique, En songeant aux aïeux comme à ceux qui naîtront !

Souffrir ! Voilà son vœu comblé... La cicatrice Joint d'un horrible trait en son cruel caprice A l'œil qui toujours pleure une lèvre qui rit.

Qui pourrait voir ce saint sans aimer et sans croire ? Sur la face du preux, pur reflet de l'esprit, La Patrie a gravé ses douleurs et sa gloire.

iM

Page 1