‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 13 sur 155 · LAURE. XXV · texte numérisé non relu

LAURE. XXV

austère. Par sa sobriété, par sa piété, il édifia les famTïïers de sa maison". Un peu de vin, beaucoup d'eau, de la viande ou du poisson sales, des herbes crues, des fruits, voilà quel était son ordinaire. Il jeûnait trois jours de la semaine, et ne prenait le samedi que du pain et de l'eau. Il dormait peu, souvent tout vêtu, et se levait au milieu de la nuit pour louer Dieu.

Avant vécu jeune en Toscane et en Provence, il avait en quelque sorte deux patries et, dans chacune d'elles, des amis et des souvenirs qui l'attiraient tour à tour. C'est à cela peut-être qu'il faut attribuer la mobilité de son existence. Jamais homme, avec un cœur aussi constant dans l'amour et l'amitié, n'a plus souvent changé de pays et de domicile. Que de fois il quitta Vaucluse pour l'Italie et l'Italie pour Vaucluse! Que de fois, au delà des Alpes, il transporta ses pénates d'une ville à l'autre ! Ce goût des voyages et des transplantations ne l'abandonna jamais. Quatre ans avant sa mort, il bâtissait une nouvelle demeure; et, depuis* quelques mois seulement, il était de retour d'une mission délicate à Venise, lorsqu'il rendit son âme à Dieu dans sa campagne d'Arqua, près de Padoue, le 18 juillet 1374, à l'âge de soixante-dix ans.

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