XXIV INTRODUCTION
son attachement pour les lieux où, poète, amant et philosophe, il avait trouvé ses plus belles inspirations1. »
Pétrarque était de grande taille, de belle et noble figure. Il s'habillait avec élégance dans sa jeunesse. Il aimait et cultivait la musique. Le chant même des oiseaux le captivait. Son intelligence et sa mémoire merveilleuses, le son agréable de sa voix et sa profonde érudition prêtaient à sa conversation un charme infini. Tout ce qui était bien et beau excitait son enthousiasme. L'idée d'une rénovation italienne l'électrisait, tant il était patriote. Jaloux de sa dignité personnelle et de son indépendance, il ne cherchait pas la fortune, et parlait avec franchise aux plus grands personnages.
Après sa seconde faute (V. le préambule de la série IV), il maîtrisa son tempérament de feu, et, dès l'âge de quarante ans, il siéloigna des femmes. Sa vie devint
1 Fête de Pétrarque en Provence. Aix, 1875, p. 7 et 1 1.— Pétrarque voulut que sa maison de Vaucluse servît d'hôpital aux « pauvres du Christ. » 11 testa, le 4 avril 1370, à la veille d'entreprendre un voyage qu'il n'eut pas la force de continuer. Son intention était d'aller à Rome pour répondre à l'invitation du pape Urbain V, installé au Vatican depuis 1367. Dans l'intérêt de la religion et pour l'honneur de l'Italie, le lauréat du Capitole avait pressé tous les papes et Urbain lui-même de rétablir le saint-siége à Rome. Heureux de la détermination d'Urbain, il se faisait un plaisir de l'en féliciter de vive voix, ne se doutant pas alors que, peu de mois après, le même Urbain, cédant à des considérations politiques, ramènerait la cour pontificale au palais d'Avignon. — N'oublions pas la glorieuse marque de vénération qui fut donnée à ce pape, lors de sa rentrée à Rome, le 21 octobre i368, au retour d'une villégiature. L'empereur Charles IV, qui l'avait devancé de quelques jours et qui l'attendait à la porte Colline, près du château Saint-Ange, descendit de sa monture à son approche, et, prenant les rênes du cheval blanc sur lequel le Saint Père était monté, le conduisit, toujours à pied, jusqu'à la basilique de Saint-Pierre. (Mém., III,- p. 733.) Qu'il y a loin de cet humble et respectueux empereur à Virtor-Emmanuel, le spoliateur de Pie IX, et à Guillaume, l'emprisonneur des évêques !