‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 20 sur 155 · LAURE. XXXIII · texte numérisé non relu

LAURE. XXXIII

1 327 une fille de vingt ans ni même de douze à treize;

20 cette fille n'aurait pu épouser son oncle Hugues, attendu qu'il se maria en premières noces avec Laure

de Noves et en secondes noces avec Verdaine deT'rentelivres, laquelle vivait encore en i36-i, lorsqu'il fit son

testament à l'âge de soixante ans.

En terminant ce paragraphe, démasquons une insigne déloyauté d'un champion du célibat de Laure.

Le coupable est Antonio Marsand, professeur de Padoue, bien connu par son édition de Pétrarque et par la vente de sa collection pétrarquesque a notre bibliothèque nationale. Cet érudit ne s'est-il pas avisé de dire que l'abbé de Sade doutait du mariage de Laure? Voici ce qu'il s'est permis d'écrire pour soutenir sa thèse : « Lo stesso abate de Sade (è pur necessario che cio tutti sappiano), dopo di aver esposti e corredati di quella maggior for^a di ragionamenti e di prove che il suo ingegno, la sua erudi^ione ed il suo amor proprio gli suggerivano , tutt'i suoi argomenti per dimonstrare che Laura ebbe marito e che questi fu il signore Ugone de Sade, conchiuse con queste parole, che si leggono in fine del ter^o volume : Ce ne sont là après tout que de très-fortes conjectures, qui, réunies ensemble, entraînent l'esprit, mais n'excluent pas tout doute. Ora, se allô stesso abate de Sade rimane il dubbio, ed a che voler noifaticare dimostrarloz? » L'argument est bien trouvé. A quoi bon prendre la peine de réfuter l'abbé de Sade, puisque, après tant de raisonnements et de preuves, le doute lui est resté? Décidément Laure était fille, voilà ce que doit se dire le lecteur candide. Mais un mot va l'éclairer sur la valeur dudit argument. La phrase citée en français n'est pas a la fin du troisième volume, comme l'indique le peu scrupuleux Marsand pour lui donner l'air d'une con-

1 Brève ragionamento interno al celibato di Laura, dans Le Rime di Francesco Petrarca, édition Didot de 1866, p. 192.

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