‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 100 sur 113 · LE CENTENAIRE DE PETRARQUE · texte numérisé non relu

LE CENTENAIRE DE PETRARQUE

De saint Pierre le Rhône avait reçu la barque, Et les papes français se faisaient provençaux, Lorsqu'un vendredi saint tu vis Laure, ô Pétrarque; Cinq siècles ont, depuis, passé sur vos tombeaux.

Trop loin d'elle, tu dors sur la colline d'Arqué; Vaucluse tu rappelle au milieu de ses eaux; Les sonneurs de sonnets t'y nomment leur monarque, Viens compter tes sujets dans ces chanteurs nouveaux.

Au bruit de nos concerts, dont elle semble fière, Ta dame, secouant son antique poussière, Se lève du cercueil que lui garde Avignon.

1 i'iece couronnée. Sonnet sur Pétrarque : Troisième prix, médaille d'argent.

Oj6 SONNETS A PETRARQUE ET A LAURE.

Triomphe du sonnet qui la rend immortelle! La voici, grâce aux vers qui célèbrent son nom, Vieille de cinq cents ans, mais toujours jeune et belle.

Comte Lafond.

Pour la gloire de l'art et du génie humain, La forme a resplendi dans le marbre ou l'argile; Passant de Phidias au doux art de Virgile, La forme ouvre à l'idée un multiple chemin.

Et Pétrarque, à son tour, consacre leur hymen; Il consacre l'essor de la pensée agile; Il sait rendre immortelle une plume fragile : Son cœur donne la vie à l'œuvre de sa main.

Quand il subit la loi de toute créature,

La mort prit la moitié de sa double nature,

Son âme survit, seule, à son corps expiré.

De l'art sous cette loi l'œuvre n'est point placée; Et le grand sentiment à Pétrarque inspiré, Eternise, à la fois, la forme et la pensée1.

Eugène Lambert.

l L'assonance des quatre dernières rimes pèche un peu contre l'ail que l'auteur glorifie d'ailleurs avec un vrai talent.

Cinq siècles n'auront pas vainement traversé Le vallon où Pétrarque a promené sa Muse: Dans les bois, la cognée a tant de fois passé!... L'usine emplit de bruit le désert de Vaucluse.

De sa puissante main, le Temps a renversé La maison du Poète; et la Sorgue confuse, En voyant sur ses bords son cours bouleversé, Précipite ses flots qu'emprisonne l'écluse.

Pourtant le grand rocher est toujours là, debout, Majestueux vieillard dont la tête chenue Aujourd'hui comme hier interroge la nue.

Pareil à ce géant qui doit survivre à tout.

Le front ceint de laurier, apparaît dans l'histoire

Celui dont l'amour fit le tourment et la gloire.

HlPPOLYTE MaTABON.

Page 1