‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 59 sur 113 · LE RETOUR DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE RETOUR DU PRINTEMPS

Zefiro lorna, el 'l bel tempo ritnena.

Le printemps ?ions ramène avec sa tiède haleine Le cielpur, les beaux jours, les plantes et les fleur s, Et Progné gazouillant et Philomène en pleurs, Et tout ce qui verdoie aux monts et sur la plaine .

Mai réveille l'amour dont la nature est pleine. 'Tout s'émeut, tout s' anime aux premières chaleurs : L'insecte pour aimer prend de vives couleurs ,• Au bois aime la biche et dans l'air la phalène .

Plus douloureux, hélas! moi, je sens revenir Les soupirs que j'exhale au touchant souvenir

Les prés y les champs, les fleurs, les oiseaux que f aimai

Et les chastes beautés, tout cela désormais

N'est pour moi qu'un désert plein de bêtes sauvages.

Dei gratta, facile erit prœteriti temporis curas supervacuas, spes inanes, et inexpectatos exitus acriter ac viriliter cogitanti.

que je renonce à Babylone, puisque le lien le plus fort qui m'y attachait vient d'être brisé. Cela, grâce à Dieu, me deviendra facile en considérant avec une résolution virile les soins superflus du passé, les vaines espérances et l'imprévu des événements.

Plusieurs écrivains que cette note contrarie n'osent pas nier qu'elle soit de Pétrarque. Pour l'écarter, ils supposent, malgré les témoignages en faveur du manu propria, que le texte conservé sur le Virgile n'est pas l'original, mais une copie infidèle. Suivant M. d'Olivier Vitalis (p. 2o3), le copiste aurait simulé l'exactitude avec VS du commencement, abréviation de sic. Le même auteur veut que l'on traduise forte tune par peut-être alors, pour faire entendre que Pétrarque n'était pas sûr de sa mémoire. — Voilà de quels pauvres arguments se servent les adversaires de l'abbé de Sade.

La principale objection contre l'authenticité de la note latine consistait à dire que le manuscrit de Virgile était passé par plusieurs mains dans le cours du quinzième siècle avant d'arriver à la bibliothèque Am-

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