‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 60 sur 113 · LES PLAINTES DU ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LES PLAINTES DU ROSSIGNOL

Quel rosignuol che si soave piagne.

Ce rossignol, qui si mélodieusement Pleure ses fils peut-être et sa chère compagne, A rempli de douceur le ciel et la campagne Par ses chants qu'on dirait empreints de sentiment.

Et, pour renouveler , chaque nuit, mon tourment, Au vallon solitaire il vient et m'accompagne. Mais je n'en veux qii'à moi du trouble qui me gagne Pourquoi crus-je immortel le trésor d'un amant ?

Sans peine le destin trompe l'âme amoureuse. Ai-je pensé jamais qu'en terre ténébreuse Se changerait sitôt tout ce que j adorai ?

L'épreuve de la vie et des torrents de larmes M'ont appris qu'ici-bas il n'est rien d'assuré Qu'un cortège incessant de douleurs et d'alarmes.

brosienne, et que pendant ces migrations la note avait pu être supposée ou altérée.

L'abbé de Sade explique, dans sa dissertation sur cette note, que le précieux manuscrit fut légué par Pétrarque à son ami Jean de Dondi ; que Gabriel de Dondi, fils de Jean, le légua en 1 388 à son frère Gaspard: qu'il se trouva, on ne sait comment, à la bibliothèque de Pavie au milieu du quinzième siècle; qu'il en sortit d'une manière également inconnue pour devenir la propriété d'Antonio Pirro, puis d'Antoine Augustini et de Fulvio Ursini, et qu'à la mort de celui-ci, en 1600, il fut acquis par le cardinal Frédéric Borromée, qui le déposa dans la bibliothèque Ambrosienne.

Mais ces migrations ne sauraient être invoquées, selon l'abbé de Sade, contre l'authenticité, attendu que la note fut insérée, telle que nous la connaissons, dans les anciens manuscrits et dans les premières éditions des œuvres de Pétrarque. On la copiait et on l'imprimait sous le titre de : Memorabilia quœdam de Laara manu propria Fr. Petrarchœ scripta in quodam codice Virgilii in Papiensi bibliotheca reperto. Personne jusqu'à Velutello ne douta qu'elle ne fût écrite de la main de Pétrarque.

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