‹ Les sources d'idées, textes choisis et commentésChapitre 8 sur 67 · TRADUCTEUR DE VIRGILE · texte numérisé non relu

TRADUCTEUR DE VIRGILE

« L ENEIDE »

Imprécations de Didon (1)

La reine alors, voyant du haut séjour

De ses créneaux blanchir l'aube du jour,

Et s'avancer les voiles roide et fort

Par ordre égal, aussitôt que du port

Et du rivage aperçut assez loin

Toute la flotte, elle frappa du poing

Trois, quatre fois sur sa poitrine belle,

Et, dérompant ses blonds cheveux, dit-elle :

« Ah! Jupiter, cet étranger ici

S'en ira donc, après avoir ainsi

Tenu mon règne en fraude et moquerie ?

Le suivra point l'armée de Tyrie,

Et de la ville entière les gendarmes

Iront-ils point saccager de leurs armes

Tous leurs vaisseaux ? Allez : tôt portez flammes,

Voiles au vent donnez, tirez aux rames.

Que dis-je? où suis-je? en quelle fureur forte

Ai-je le sens ravi qui se transporte?

(i) Liv. IV, vers $84. C'est par la traduction de Louis des Masures que Y Enéide a été surtout vulgarisée, mais, deux ans avant des Masures, Joachim du Bellay avait déjà traduit le quatrième livre dont nous donnons ici un extrait.

LOUIS DKS MASURES ===== 29

Hélasl Didon, née en malheur exprès,

uel sort te touche or* {aujourd'hui) de bien près. B à l'heure que ton sceptre

Tu lui baillais... Voilà la sainte dextre, Voilà la foi de celui qu'on dit tant Qu'il va les dieux domestiques portant lues soi, qui a son père .

«outenant sur son col, soulagé.

N'ai-je eu pouvoir lui démembrer le corps,

ndre en mer, rendre tous ses gens morts? Même Ascanie à coups de fer trenchànt En pièces mettre et au père méchant Le présenter sur sa table à manger?

de la guerre en ceci le danger Etait douteux. Eh bien, qu'il fût en doute!

qui pouvais-je avoir crainte, étant toute à mourir? J'eusse de tout côté Par le tillac l'ardente flamme éparse, Le fils, le père et la race entière arse {brûlée). Moi, je me fusse aussi mise au-dessus.

Soleil, qui vois de tes rais {rayons) de là-sus (là-haut) Tout ce qu'on fait en cette terre basse, Et toi, Junon, qui sais comme je passe,

lui entends le cours de mes ennuis, Toi, I ix carrefours des nuits

Par les cites ayant cris lamentables, Vous, au venger .Furies non traitables, Lt tous les dieux de la mourante Elise {Didon), Chacun de vous mes dits reçoive et lise. Tous inclinant vos déités soyez A ces malheurs, et ma prière oyez.

S'il est besoin qu'au port se vienne rendre L'homme exécrable, et doive terre prendre, S'ainsi le veut la destinée ferme De Jupiter, là est préfix le terme, Qu'au moins pressé par armes et par guerre D'un hardi peuple, aille secours requel t ranger pays qui le recule

gracieux embrassements d'Iule; Que 1 ns les morts cruelles voie;

Et, quand aux lois et à l'inique \<»ic aix contrainte il se sera soumis,

3o = LES SOURCES DIDÊES — CHAP. II =

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rudes flots mis,

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; >mbattent les cohortes. »

urnait l'inse: De

jhant bientôt Que de plus voir elle n'avait en

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