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TRADUCTEUR D'OVIDE

f LES HÉROÏDES »

E pitre de Brisé is à /fchille (fin) (1).

S Achilles, par les os je te jure De mon mari, mal mis en sépulture Et trop soudain, os qu'à jamais j'honore, Et par les trois que comme dieux j'adore, Les espérits de mes trois frères morts, Et par ton chef conjoint avec le mien, Pareillement par- ce dur glaive tien, Connu des miens, qui leur coûte la vie,

unemnon je n'eus onc (jamais) compagnie: Si je te ments, veuille-moi délai- Or, maintenant si je te viens presser De dire au vrai, et de grand serment faire, Si tu n'as eu à autre femme affaire, Certaine suis que jurer tu n'en veuilles. Mais les Grecs vont pensant que tu te deuflles, Et ce pendant le luth à gré te vient, Et ton amie en son giron te tient.

(i) Edit. de if$6, p. 60. — Briséis était une esclave aimée d'Achille. Elle se tbandon ou la laisse son maître. On sait que la querelle d'Agamemnon d'Achille, qui est le sujet de Vlliade, a pour point de départ l'enlèvement de riseis qu'Agamemnon envoya prendre par ses hérauts dans la tente d'Achille.

Si quelqu'un quiert {demande) pourquoi tu ne combats,

Le luth, la harpe, et l'amie et la nuit,

Tout cela est plus plaisant et moins nuit

Que batailler: c'est trop (beaucoup) plus grand' seul

Tenir sa dame en liesse (joie) et gaieté,

Sonner le luth, que tenir toute prête

La lance au poing et l'armet (casque) en la tête.

Mais autrefois pour les faits de repos

Les faits d'honneur t'étaient mieux à propos.

Ce ne t'était que tout plaisir et gloire

D'avoir acquis par guerre une victoire.

N'estimais-tu les faits chevaleureux

Que pour m'avoir? Et ton los (renommée) tant heureux

Avec ma ville est-il jamais au bas?

Fassent les dieux que ce n'advienne pas,.

Ains que plutôt ta lance roide et fière

D'un bras puissant Hector transperce et fière (frappe).

Envoyez-moi, ô Grecs, en ambassade

Vers mon seigneur, et je me persuade

Qu'entremêlant mes baisers aux prières,

Je ferai plus par mes douces manières

Qu'Ulysse sage, et qu'Ajax et Phénix.

C'est quelque cas d'avoir les bras unis,

Joints et serrés au col accoutumé,

Et faire voir le sein qu'on a aimé.

Bien que .tu sois cruel, rude et sévère

Plus que ne sont les ondes de ta mère,

Je me fais fort, encor que je me taise,

Vaincu seras, si pleurant je te baise.

Or maintenant (tous ses vieux ans ton père

Ainsi parfasse, et ton fils bien prospère

Te suive en faits de guerre heureusement)

Preux Achilles, jette piteusement

Ton œil dessus Briséis la pauvrette,

Pleine d'ennui, qui sans fin te regrette.

Toi, endurci, ne la trouble et tourmente

D'une tant longue et trop fâcheuse attente;

Ou, si l'amour qu'en moi tu avais pris

A tourné chance en dédain et mépris,

Contrains mourir celle, en peine et émoi,

Que tu contrains aussi vivre sans toi,

Ce que feras, ainsi que jà tu fais. '

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