V. Argot Ancien, 137, i3f), 1 Aq, iôy
GLOSSAIRE ÉTYMOLOGIQUE 3a3
CROME. crédit, J. i83G, I, 200 ; aujourd'hui croûme (Kossignol). Origine inconnue.
CROMPE, v. crampe.
CRONE, v. croie.
CRONÉE. écuelle, .T. 1849, I, 200, répondant à l'angevin crô~ nce, le contenu d'une crâne ou écuelle.
CROSLE, v. croie.
CROSSE, avocat du roi, Yid., II, 12;"), propr. bavard.
CROSSER, 1° Jaser, Rat, I, 33g ; Chaud., II, 92, aujourd'hui, médire (Rossignol) ; 2" Sonner, Yid., II, 12», 180; — dial., Berry, Anjou, crosser, glousser.
CROSSEUR, 1 Sonneur, Vid., II, ia5 ; 2° Récalcitrant, Gloss., II, \->..
CROTTES D'HERMITE, poires cuites, J. 1628,1, i93;Granv., I, 33 1 . Allusion de l'orme et de couleur,
CRUC, crochet, Myst Pass.. I, 272 <cf. I, 2G).
CRUCIFIX A RESSORT, pistolet, J. 1849, L 2o5 ; vid., II, ia5 : Gloss., II, 170. Appellation vulgaire qu'on lit déjà dans le Calendrier du Père Duchène de 1791 (v. Fr. -Michel).
CRUPAULT, v. corpault.
CUISINE, préfecture de police, Vid., II, ia5.
CUISINIER, 1° Mouchard, Yid., II, 125; 2° Avocat, J. 1849,
CUIT, condamné, Yid., II, 120. Métaphore tirée des opérations culinaires, II, io5.
CULBUTE, culotte, ChaulT., II, 91 ; J. i83G, I, 200 ; Granv.-',
I, 33 1 ; Vid., II, 120. Mot déformé, passé dans le bas-langage,
CUPIDON, chiflbnnier, Yid., II, 12a. V. Amour. [CURDEUX] = cardeuil, II, f>7.
CURIEUX, juge d'instruction, J. 1849. I, 200 ; Yid., II, i25, 191 : il met le ne/ dans les affairés d'autrui. CYGAULT ? Yill., I, i35, i37.
[CYGNE] = ciguë, U, 71.
DABE, roi, Yid., II, 120 ; Doc, II, i83. Forme tirée dedabot. Mot passé dans le bas-langage, II, 228.
DABÉRER. parler, terme des merciers juifs, dérivé du rolwelsch, II, 8, 9.
DABESSE, reine, Vid., II, ia5. Encore usuel, II, 228.
DABIN, tambour, J. 1849, I, 200; — cf. dauber, frapper.
DABOT, préfet de police, Vid., II, 126; — moy. fr. dabo, maître de la maison : « Je heurterai tout bellement à la porte, que il ne m'oseroit refuser, pour ce qu'il sçait que je suis le dabo », lit-on dans Le Morfondu de 1679, comédie de Larivey (acte III, se. 5). C'est primitivement un terme de jeu : « Celui qui donne, il est toujours le dabo, façon de parler pour dire, il paye d'ordinaire pour toute la compagnie ; de là ce mot s'est employé pour signifier le maître du logis » (Oudin, i64o). Le jargon s'en est emparé dès le xvne siècle (v. dabuche) et les formes argotiques de ce terme ont trouvé diverses applications dans le bas-langage, II, 228.
DABUCAL, royal, J. i836, I, 2o5.
DABUCHE, 1° Roi, J. 1628,1, 193 (dasbuche) ; Resp. I, 255, 257 (dasbuche); J. 1660, I, 240; Granv., I, 33i ; 2° Mère, Litt., II, 20 1 (cf. 228). Forme modifiée de dabo, maître (v. dabot).
DAGOTIER, poulailler, Chauff., II, 93.
DAGUE, poule, Chauff., II, 93; — cf. dial. daguer, piquer, picoter, avec picoter, manger, en parlant de la volaille. Dague serait alors le pendant de pique- en-terre (v. ce mot).
DAGUE (?), couteau, II, 25, 26. Mot français indûment considéré comme jargonnesque.
DAIM, dupe ; daim huppé, homme riche et niais, J. 1849, I, 2o5 ; Vid., II, 126. Le daim est le type de l'animal écervelé.
DALLE, écu de six francs, Vid., II, 126 ; — moy. fr. dalle, « monnoye en Allemaigne » (Tabourot, 1587), c'est-à-dire un dater flamand, allem. Thaler. Le mot a les deux sens suivants dans le bas-langage :
1° Argent, dans ces vers de Pierre Durand (v. Larchey) : Faut pas aller chez Paul Niquet ; Ça vous consomm' tout vot' pauv' dale.
2° Pas grande chose, rien :
C'est gniente et nib... c'est pouic et dalle .'
(Bruant, Dictionnaire, p. 57).
Dans ce dernier sens, on fait souvent précéder dalle de que (Idem, v° rien).
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DANDILLER, sonner, dandillon, cloche, J. i83G, I, 2o5. Onomatopée.
DANSER, sentir mauvais (de la bouche), Granv.-, I, 33i, principalement en parlant du fromage rempli de vers.
DARD, le membre, Vid., II, 126.
DARDANT, amour, Granv., I, 327, 328, 33i = J. 1728-1849, I, 2o5 ; Vid., II, 126, 181, 190.
DARDANT, pi. les yeux (?), Litt., II, 204 (= ardents). Rossignol rend le mot par « soleil ».
DARIOLES (par les), par derrière, Chauff., II, g5. Jeu de mots.
DARON. maître, père, Granv., I, 33i = J. 1728-1849, I, 2o5 ; Chauff., II, y3 ; Vid., II, 126 (cf. 108). Mot d'origine vulgaire, au sens propre de « ventru » (anc. fr. et dial. dare, bedaine), que Ph. Le Houx explique par « vieillard rusé », et d'Hautel, plus correctement, par « sobriquet que les ouvriers donnent à leurs bourgeois », II, 18. Il survit dans le baslangage, II, 229.
DARONNE, 1° Maîtresse, mère, Granv., I, 33i (v. daron); 2n Notre-Dame, Doc, II, 192.
DAUFFE. 1° Pince, Rat, I, 339 ; 2° Goutre, Chauff., II, 90 (doffe) ; 3° Membre, II, 108, sens encore usuel (Hayard, Rossignol). Forme abrégée de dauphin, au sens de fils aîné du roi de France, d'après un procédé familier au jargon de rendre les outils d'effraction par des titres de noblesse (v. monseigneur) ou par des noms propres (v. David).
DAULVAGE, mariage. Vie, I, i63 (daulnage), 166, daulver, marier. Vie, I, 166. Origine inconnue.
DAUPHIN, pince (v. daujje), mot passé récemment sous cette forme en français, II, 229.
DAUSSIÈRE, prostituée J. 1849, I, 2o5 î vid-> n> I27 (dossière). Origine inconnue.
DAVID, le roy David, crochet pour forcer les serrures, Coq., I, 97, io5 ; Vill., I, 137, métaphore à la fois jargonnesque et populaire, I, 85. Le procédé d'appeler les instruments des voleurs par des noms propres est commun au jargon, au rotwelsch et au cant l. Le langage vulgaire donne rarement à des outils un nom propre : c'est le cas de davit, dans l'ancienne langue, qui a survécu en anglais comme terme de raa-