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par des plans, n'est pas l'œuvre ardue d'un technicien : il y est question à la fois des mouvements des armées et des opérations du siège, dirigé en 1697 par Catinat.
Ce journal a été grandement utilisé dans la Relation du siège de la ville d'Ath en 1697, pub. p. Poncelet et Mathieu, Mons, 1910, in-8°, xvi-68 p. L'auteur, officier du génie ou ingénieur militaire, a transcrit parfois textuellement des passages du récit de Du Puy- Vauban : il le complète au point de vue technique, donne le détail des forces assiégeantes et assiégées, décrit les fortifications de la ville, indique les dispositions prises par Vauban pour avancer les travaux, et insiste sur la capitulation.
Le texte de cette dernière se trouve dans les Mémoires de Catinat, t. III, p. 55-58. Quant à la lettre du roi pour faire chanter le Te Deum, 10 juin 1697, Paris, 1697, in-4°, 4 p., elle est insignifiante.
Voir : — (Est. Milit. Zeit., 1829, viertes Heft, p. 3-34.
3973. RÉGION DU RHIN. — Massiac : n° 878.
— Mélac : n° 1164. — Sur la dévastation du Palatinat, voir les indications bibliographiques dans Saint-Simon, Mémoires, édit. A. de Boislisle, t. II, p. 152, note 2, — t. XII, p. 294, note 4, — t. XXVIII, p. 58, note 4, et p. 533.
Voir : — Fr. Walter, Mannheim. Gesch., 1902 (documents).
— Lettres de Louvois, Chamlay, Saint-Pouenge, Vauban, Catinat, Duras, etc., pub. dans Mémoires et correspondance de Catinat, édit. de 1819, t. I, p. 269-341.
Elles ont trait au siège de Philipsbourg en 1688 et donnent toutes les indications nécessaires. Elles rendent inutile la Lettre du roi écrite à Monseigneur V archevêque de Paris pour faire chanter le Te Deum, Paris, 1688, in-4°, 4 p. : lettre insignifiante du 4 novembre.
— Journal du siège de Mayence. . . par D. P. , en septembre 1689, si., 1690, in-8°, 48 p.
Récit méthodique, composé par un témoin oculaire : exposé de tous les petits faits par ordre chronologique de mai à septembre 1689. Correct, froid, très détaillé et fort utile. A été réimprimé dans
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la Relation du siège de G?°ave en 1674- et de celui de Mayence en 1689, Paris, 1750, in- 12°, p. 271-35(3. — Les accusations, portées contre Louvois et d'Huxelles, qui défendit Mayence, sont discutées par À. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. X, appendice XXVII, p. 594-597.
— Relation du siège et de la prise d Heidelberg (mai 1693).
Se trouve dans la Gazette, p. 246 et 271 : est à peu près la reproduction d'une relation conservée au D. G., t. 1201, et probablement œuvre d'un officier.
Voir : — A. Schulte, Markgraf Ludwig Wilhelm von Bade uncl der Reichskriecj (jegen Frankreich, Heidelberg, 1901, in-8°, 2 vol.
— Lorge (maréchal de). Lettres sur la campagne d'Allemagne en 1694 : n° 1232.
— Documents sur la campagne de 1697 en Allemagne (mai-octobre), pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. IV, appendice VIII, p. 464-487.
Ces documents sont extraits du D. G., t. 1407-1409. Ce sont des lettres du maréchal de Choiseul, de Chamilly, de Saint- Frémond, d'Huxelles, de Villars au roi et à Barbézieux, et de Louis XIV : au total, 19 lettres qui renseignent suffisamment sur les opérations, d'ailleurs peu importantes, dans la région du Rhin.
3974. ALPES et ITALIE. — Moreau de Brasey (Jacques). Journal de la campagne de Piémont sous le commandement de M. de Catinat, l'année 1690, Paris, 1690, in-12°, 218 p. — Journal de la campagne de Piémont pendant l'année 1691 et du siège de Montmèlian sous le commandement de M. de Catinat, Paris, 1692, in-12°, 201 p.
Ces deux ouvrages ont été publiés par Philibert Bernard Moreau de Mautour, oncle de l'auteur : celui-ci, capitaine dans le régiment de la Sarre, avait laissé des mémoires sur ses campagnes. Tandis que, dans la Bibliothèque historique du P. Lelong, l'appréciation est peu favorable, celle de Lenglet-JJufresnoy (IV, 514) est plus juste et reconnaît le mérite de ce témoin oculaire. '
L'auteur s'est, en effet, proposé « d'écrire simplement et en homme de ma profession un détail exact de ce qui s'est passé ». 11 a tenu parole, il ne faut pas lui demander plus que le récit correct, natu-
rel et précis des opérations commencées en 1690 et terminées pour lui au 25 décembre 1692. Bataille de Staffarde, campagne dans le comté de Nice, contre les Barbets, en Italie, siège et prise de Montmélian en Savoie, tels sont les faits exposés avec clarté et sans emphase, parfois un peu brièvement. Le capitaine ne se préoccupe nullement des questions politiques et morales : il se borne exclusivement au récit des opérations. On ne pourra pas trouver mauvais qu'il fasse l'éloge « de la valeur et de la sagesse d'un des plus grands généraux qui aient commandé depuis longtemps ». En somme, ces deux ouvrages sont fort utiles, même à côté des Mémoires de Catinat.
Voir : — G. Zavattari, Rev. milit. ital., novembre 1884; — G. Perrucchetti, Idem, 1894; — R. Menocchio, Memorie storiche délia cilà di Carmagnola, Turin, 1890, in-8°; — J. Lameire, Les occupations militaires en Italie pendant les guerres de Louis XIV, Paris, 1903, in-8°.
— Catinat. Relation du con\bat de Staffarde, 18 août 1690, pub. dans ses Mémoires et correspondance, édit. de 1819, t. I, p. 119- 133. — Lettre de Catinat à Louvois, 20 août 1690, pub. p. Lecestre, édit. des Mémoires de Saint-Hilaire, t. III, appendice II,
Ces deux documents, émanant du général lui-même, sont d'un intérêt exceptionnel.' Catinat relate d'abord les mouvements effectués pour s'emparer de Saluées, puis les dispositions préliminaires en vue du combat, enfin les diverses péripéties et les résultats de la bataille.
— Feuquières (Antoine Manassés du Pas, marquis de). Détail de la bataille de Piémont, si., 1690, in-12°; — inséré dans le Mercure, août 1690, p. 344-369; — pub. plus correctement par les éditeurs des Mémoires de Sourches, t. III, appendice VI, p. 506-512, et par A. de Jussieu, Rev. Soc. Sav. Dèp., 1874, 5e série, t. VIII, p. 270.
Feuquières (n° 856) commandait l'infanterie dans l'armée de Catinat. Il raconte la marche sur Saluées et le siège de cette ville et le combat de Staffarde. Récit détaillé, précis et vivant, aussi important que celui du chef.
— Relation de la bataille de Staffarde, pub. dans Bibliothèque
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militaire, historique et politique, Cosmopolis (Paris), 1760, in-12'\ t. III, p. 200-215.
Cette relation fut trouvée dans les papiers de M. de Surbeck, lieutenant général des armées du roi, inspecteur d'infanterie et colonel d'un régiment suisse (mort le 5 mai 1714). Témoin oculaire, qui expose seulement une partie de la bataille de Staffarde, celle qui concerne l'action des Suisses : sur ce point particulier, beaucoup de précision.
Voir : — Claretta, l prigioni fatli dai Francesi alla battaglia di Staffarda..., Rome, 1892, in-8°; — S. Muletti, Archiv. stor. Saluzzo, t. Il, 1903-1905; — R. Verzi, Il Piemonle, 1903, t. I, p. 27 (bref).
— Documents sur la guerre en Dauphiné et en Savoie de 1690 à 1696, pub. p. A. Prudbomme, Bul. Acad. Del., 1901, 4 e série, t. XV, p. 347-351, — p. Valfrid et Duplan, Mèm. Acad. Chablais, t. IX, X, XI, XIII et XIV, — et dans Bul. Soc. H. Alpes, 1884, t. III, p. 482-485.
Tous ces documents se rapportent aux ravages, aux excès, aux misères, qui sont le résultat de la guerre. Dans la première de ces publications, est le Verbal des incendies, voleries exercées dans la vallée de Château-Dauphin par l'armée du duc de Savoie en 1600, dressé par les conseillers de la commune. — Dans la seconde, les documents français et étrangers s'étendent de 1691 à 1696 : pour la plupart, ce sont des extraits des délibérations municipales à Thonon contre les soldats français et aussi une ordonnance de l'intendant Bouchu pour imposer les ordres du roi : cf. Piccard, Histoire de Thonon, t. I. — Dans la troisième est le récit d'André Challe, consul d'Aiguilles en 1693 (ext. du cadastre de cette commune et relatant toutes sortes de vols). — Plusieurs de ces récits sont fort émouvants.
— Les victoires du roi en Savoie par l'armée commandée par M . de Catinat, contenant le siège et la prise de Ville franche, du château de Montai ban, de la ville de Nice, 1691, in-4°.
Voir : — E. Jaubert, Atin. Soc. Alpes Mar., 1907, t. XX, p. 391-407.
— Relation sommaire du siège d'Embrun en 1692, pub. p. M. Thouard, Bul. Soc. H. Alpes, 1905, t. XXIV, p. 449-456.
Notice trouvée dans les minutes de Pierre Rispaud, notaire d'Embrun. Elle n'apporte rien de nouveau au point de vue militaire sur ce siège du 16 février 1692 au 30 avril 1693 : elle signale l'énormité de la contribution demandée par le duc de Savoie. Elle est au contraire très curieuse pour l'étude des mœurs du temps.
— Documents sur la guerre à Guillestre, pub. dans Ann. Alpes, 1899, t. III, p. 57-77.
Ces documents, qui s'étendent de 1692 à 1713, sont tirés des archives de la commune : ils montrent principalement les conséquences désastreuses de la guerre pour cette région.
— Documents inédits sur la campagne de 1692 dans le Haut- Dauphiné, pub. p. A. de Rochas d'Aiglun, Bul. Soc. ls., 1876, 3e série, t. V, p. 18-193.
Publication très utile. Elle comprend : — 1° la correspondance de Catinat et de ses officiers du 26 juillet au 23 septembre 1692; — 2° une relation intéressante de l'ingénieur Robert qui était dans la place d'Embrun et qui relate, chaque jour, les faits survenus du 4 août au 22 septembre; — 3° les doléances des habitants et des magistrats de la ville au sujet du siège; — 4° des extraits de la correspondance de Vauban (3 septembre 1692 8 janvier 1706) relativement aux places fortes des Alpes; — 5° un extrait des mémoires du capitaine Antoine Le Clair, qui commanda une compagnie des milices levées en 1692 (détails précis sur les opérations, les travaux, la nourriture, les prix, etc.); — 6° d'autres extraits moins importants.
— Lettres de Catinat, Barbèzieux, La Feuillade, etc., pub. p. A. Mailhet, Bul. Soc. Hist. P. F., 1909, 5e série, t. VII, p. 7-43.
Grâce à ces lettres, la légende de Philis deLaCharce « libératrice du Dauphiné » est fortement ébranlée.
Voir : — J. Perreau, Campagne des Alpes, 1692; Catinat et l'invasion du Dauphiné, Paris, 1892, in-8°, 80 p.; — de Léris, La comtesse de Verrue et la cour de Viclor-Amédée If de Savoie, chap, x-xn; — Journ. Se. milit., 1899, 10» série, t. I, p. 43^-443; — Bul. Soc. Dr., 1902, t. XXXVI, p. 102; — Duboys, Bul. Acad. Lyon, 1865, p. 80; — abbé Lesbros, Mademoiselle de La Charce, Paris, 1883, in-8°; — R. Rey, Bul. Soc. H. Alpes, 1884, t. III, p. 89; - abbé Eydoux, fini. Val. Dig., 1899, t. XIX, p 137-157; — R. Bittard des Portes, Rev. Et. Hist., 1899, t. LXX, p. 241-254.
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— Documents sur le bombardement de Pignerol en 1693, pub. p. V. Alessio, Bol. subalp., 1900, t. V, 3-4.
— Catinat. Relation de la bataille de La Marsaille, 4 octobre 1693, pub. dans l'édit. des Mémoires de 1819, t. Il, p. 219-228, — par les éditeurs du Journal de Dangeau, t. IV, p. 423-427.
Cette relation, importante, est en réalité le compte-rendu exact des marches ordonnées depuis le 2 octobre : puis viennent le récit très détaillé du combat du 4 et ses résultats. Le maréchal, très modeste, parle des autres et non de lui-même.
Cette relation a été utilisée par l'auteur d'un autre récit, pub. dans les Mémoires de Sourches, t. IV, appendice IV7, p. 491-496.
On publia aussi une Relation de la bataille donnée par Df. le maréchal de Catinat à l'armée des alliés en Piémont, Avignon, sd., in-4°, 3 p. Celle-ci est écrite du camp le lendemain du combat : l'auteur relate la marche de l'armée française, fait un rapport intéressant du combat et donne une liste des officiers tués et blessés. — Comparer avec le Mercure d'octobre 1693, supplément (exposé très complet).
3975. ESPAGNE. — Relation du passage du Ter et de la victoire remportée par l'armée du roi... sur l'armée d'Espagne..., Montpellier, 1694, in-f°, 5 p.
Détails militaires précis et intéressants; marche de l'armée, passage de la rivière, combat du 27 mai 1694 : des noms. Ne vaut pas cependant le récit suivant.
— Relation du passage du Ter et de la victoire remportée le 27 mai 1694 par le maréchal de Noailles, pub. dans Mémoires de Sourches, t. IV, appendice V, p. 496-502.
Beaucoup plus longue et plus détaillée : mouvements préparatoires, combat, résultats. L'auteur, qui est probablement un témoin oculaire, va même jusqu'à expliquer pourquoi le succès n'a pas été décisif.
— Sur le siège de Barcelone, v. n° 1254. — Sur le premier projet du siège en 1694, une lettre de Catinat et une du maréchal de Noailles ont été pub. dans Dul. Soc. H. F. : elles permettent de rectifier le récit de Saint-Simon. — Les articles de la capitulation sont pub. dans les Mémoires de Sourches, t. V, appendice, p. 386-394.
Voir : — (Est. Milit. Zeit., 1824; — J. Lameire, Les occupations militaires en Espagne pendant les guerres de l'ancien droit, Paris, 1905, in-8°, xv-755 p.
3976. IRLANDE. — Documents inédits, pub. p. Campana de Cavelli, Les derniers Stuarts à Saint- Germain, Paris, 1871, in-4°, 2 vol. : n°3971.
Les derniers documents seuls, à la fin du tome II, peuvent être utilisés : on trouve là en particulier le mémoire du comte d'Avaux du 23 avril 1089.
— Lauzun. Ses rapports sur les affaires d'Irlande ont servi à Ranke, Sàmmtliche Werke, t. XIX, qui ne les publie pas, et se borne à renvoyer à Y Histoire de la marine française d'Eugène Sue, t. \\, p. 332, dont il critique la publication.
— Fortin de La Hoguette (Charles). Extraits de la relation du combat de la Boyne, pub. p. A. de Lort-Sérignan, Guillaume 111, stathouder de Hollande et roi d'Angleterre, Paris, 1880, in-8°, p. 381 et sq.
Fortin de La Hoguette, sous-lieutenant aux mousquetaires gris, maréchal de camp depuis 1688, devint lieutenant général en 1693 et fut tué la même année à La Marsaille. Il prit une part active à la* bataille de la Boyne et ne cache pas les causes de l'échec, qui furent l'incapacité de Jacques II, les hésitations de Lauzun et le peu de courage des Irlandais. Quoiqu'il se fasse un peu trop valoir, il a écrit un récit véridique. Celui-ci peut être complété par les courts extraits des lettres de cet officier à Louvois, insérés par Macaulay dans son Histoire de Guillaume 111, Paris, 1861, in-8°, t. III, p. 123, note.
— Boisseleau (Alexandre de Rainier, marquis de), -j- 1698. Relation de ce qui s' est passé au siège de Limerick, pub. dans les Mémoires de Sourches, t. III, appendice 7, p. 512-517.
Capitaine aux gardes depuis 1679, major général auprès de Lauzun en Irlande, Boisseleau s'illustra par sa défense de Limerick en 1690, qui lui valut d'être nommé brigadier en 1690 et maréchal de camp en 1692. Il en a rédigé, le 10 septembre, un récit très fidèle, en suivant l'ordre chronologique. La précision est extrême et les détails minutieux. Roisseleau s'arrête à la levée du siège par les troupes de Guillaume d'Orange. Il n'a pas, en effet, à raconter la
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seconde attaque qui eut lieu seulement après son départ pour la France.
Voir : — P. Coquelle, Rev. hist. dipl., 1901, p. 433 et 591; — D. C. Boulger, The baille of Ihe Boyne..., Londres, 1911, in-8°, 388 p. (bon); — Graham, History of Ireland from Ihe relief of Londonderry in 1689 to Ihe survende)- of Limerick in 1691, Dublin, 1839, in-8°; — J. Dowd, Limerick and Us Sièges, Limerick, 1890, in-8°; — H. Mangan, JSine. Cent., 1901, t. L, p. 459- 478 (bibliog.).
3977. MANCHE et MER DU NORD. — Relation de ce qui s'est passé dans le combat entre l'armée navale du roi, commandée par M. de Château- Renaud, et l'armée anglaise, commandée par V amiral Herbert..., Rouen, sd., in-4°, 4 p. — Aut. édit. : Paris. 1689.
L'auteur, anonyme, a assisté à toutes les opérations qu'il rapporte. Il commence son récit au départ de Brest le 5 mai 1689, décrit les mouvements de la flotte et le combat de la baie de Bantry (12 mai) et termine avec le retour à Brest le 18. Sa narration, claire et précise, est utile.
— Relation du combat donné par l'armée navale du roi, commandée par le sieur comte de Tourville..., contre les flottes d'Angleterre et de Hollande à huit lieues du cap de Bévéziers . . . , Montpellier, 1690, in-4°, 5 p. — Aut. édit. : Soissons.
Même genre que la relation précédente : compte-rendu clair et exact des manœuvres de Tourville et récit complet de la bataille. Va du 23 juin au 15 juillet 1690. — On peut compléter avec la Description du combat naval donné, le 10 juillet 1690, entre la flotte du roi, commandée par le comte de Tourville..., et les flottes anglaise et hollandaise..., slnd., in -8°, 2 p. : cette description, avec gravure, est d'ordre tout à fait technique; elle est fort succincte, mais claire.
— Relation de la bataille de Bévéziers, pub. p. P. Clément, Lettres, instructions et mémoires de Colbert, t. III, 2e partie,
}). XLVII-Lr.
Relation due, sans doute, à Seignelay ou rédigée sur son ordre, d'après le rapport de Tourville et des chefs d'escadre : a une réelle valeur.
— Extrait du rapport de Chàteaurenault qui commandait l'avant-garde au moment de la bataille de Bévéziers, pub. p. Le
Chanteur de Pontaumont, Mèm. Soc. Cherbourg, 1843, t. IV, p. 47.
Extrait très court.
Voir : — A. Delacour, Rev. hebd., 1899, t. VIII, p. 522-528; — Hamy, Bul. Soc. hist. ?nécL, 1902, t. I, p. 37-52.
— Documents sur la bataille de La Hougue, pub. p. G. de Crisenoy, La campagne maritime de 1692, Paris, 1865, in-8°, 41 p.
Ce sont des extraits de lettres et rapports de Bonrepaus, de Louis Phélypeaux de Pontchartrain, de Louis XIV, et l'instruction à Tourville du 26 mars 1692.
— Documents sur la bataille de La Hougue, pub. p. G. ïoudouze, La bataille de La Hougue, Paris, 1899, in-8°, 91 p.
On trouve là principalement l'instruction à Tourville, des lettres de Tessé, des lettres de Tourville avec sa relation, très brève, de la bataille.
— Relation du combat de La Hougue, insérée dans les Mémoires de Villette, édit. Monmerqué, p. 113-143.
D'après Villette, cette relation fut écrite par un de ses. amis dont le fils, « enseigne de vaisseau », rédigea un récit « mieux circonstancié » du combat. Elle est fort détaillée. L'auteur montre les difficultés des préparatifs, décrit l'ordre de bataille et constate que la moitié seulement des vaisseaux français prit part à l'action. Il explique fort clairement la retraite de la flotte et la perte, qu'il attribue discrètement à Bellefonds, des vaisseaux ancrés à La Hougue. Il n'hésite pas à prendre parti dans les polémiques qui se sont élevées, défendant la conduite de Tourville, louant Villette et Coëtlogon, se montrant plus réservé pour Panetié et nettement hostile à Gabaret. Il termine en indiquant les pertes françaises et étrangères. Cette relation est vivante, parfois passionnée : malgré des défauts, elle retient l'attention.
— Relation du combat de La Hougue, pub. p. A. de Boislisle, Bul. Soc. H. F., 1877, p. 186.
Elle est l'œuvre d'un témoin oculaire, La Roche-Allard, neveu du marquis de Villette : serait-ce l'enseigne de vaisseau dont celui-ci parle à propos du récit précédent? En tout cas, l'auteur rapporte,
non pas tout le combat, mais ce qu'il a vu au corps de bataille où il était avec son oncle : sur ce point, la précision est extrême. L'auteur insiste aussi sur les difficultés de la retraite de la flotte française. — A. de Boislisle publie, en même temps, dans son article de nombreux extraits des rapports de Bonrepaus. — Cf. édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. I, appendice VIII, p. 528 et sq.
— Relations, extraites des manuscrits de Colbert, publiées par E. Sue, Histoire de la marine française, t. IV, p. 212-225, et par L. Guérin, Histoire de la marine française, t. II, p. 48-63.
— Relations, dans le Mercure, p. 114-133, 134-144.
La première a pour auteur un officier de la flotte française; la seconde, un officier général, probablement le contre-amiral Coètlogon. Toutes deux doivent être comparées aux précédentes.
— Relation d'un témoin oculaire, pub. p. L. Delisle, Les mémoires de Pierre Mangon, vicomte de Valognes, Saint-Lô, 1891, in-8°, p. 27 et sq.
Cette relation ne semble pas avoir été connue de Toudouze : elle est valable non pas tant pour le combat lui-même que pour le désastre qui suivit.
— Correspondance du maréchal de Belle fonds, commandant l'armée royale en Basse- Normandie , avec M. de Pontchar train, ministre de la Marine, au moment du désastre de La Hougue, pub. p. P. Le Cacheux, Mèl. Soc. Norm., 1907, 7e série, un volume in-8°, p. 131-194.
Ces lettres, échangées entre le maréchal et le ministre, traitent principalement deux questions : — avant le désastre, préparatifs pour constituer l'armée destinée pour l'Irlande; — après le désastre, mesures à prendre pour en diminuer l'étendue. Ces lettres ne permettent pas de déterminer avec exactitude le degré de responsabilité de Bellefonds.
— Foucault. Lettre et mémoire au ministre Pontchartrain sur le désastre de La Hougue, pub. p. S. Luce, Ann. Ma., 1858, lre par-, tie, p. 62-72.
L'intendant Foucault a été témoin de la perte des douze vaisseaux échoués et incendiés. Dans une lettre confidentielle au ministre, il établit avec une extrême vivacité les responsabilités : Jacques II et Bellefonds sont restés inertes et Bonrepaus n'est même pas sorti de
sa chambre. Le mémoire, développement de la lettre confidentielle, est du même ton : Foucault distribue le blâme sans ménagements, explique les mesures qu'il était indispensable de prendre, et ne déguise nullement la cruelle vérité. Les assertions passionnées de l'intendant doivent, de toute évidence, être contrôlées avec soin.
Voir : — Delarbre, Tourville et la marine de son temps, Paris, 1889, in-8°; — Desdevizes du Dézert, Mém. Acad. Caen, 1878, p. 435, ou, à part, Caen, 1878, in-8°; — de La Nicollière-Teijeiro, Rev. Bret. et Vend., 1900, t. XXIII, p. 187-194, 307-315; — Quart. Rev., 1893, t. CLXXV1, p. 461-489.
— Relations des deux bombardements de Saint- Malo par les Anglais en 1693 et en 1695, pub. p. Odorici, Invest., 1846, 2e série, t. VI, p. 26-32.
Deux relations anonymes dues à un ou des témoins oculaires. La première est un récit simple et naïf, relatant avec précision les effets, peu nombreux d'ailleurs, de la machine infernale (26-30 novembre 1693). La seconde paraît avoir été rédigée par un personnage très au courant des questions militaires : elle est aussi très précise sur le bombardement de juillet 1695.
— Documents, pub. p., A. de La Borderie, Le bombardement et la machine infernale des Anglais contre Saint- Malo, Nantes, 1885, in-8°, 96 p.
C'est un poème lyrique et une poésie latine, dont l'auteur est un témoin oculaire, un moine bénédictin, probablement Dom Placide Leduc; — la relation du Mercure galant, décembre 1693, composée avec des lettres écrites par des témoins du bombardement.
— Jamain. Relation sur la descente des Anglais à Camaret, pub. p. Mellmet, Mèl. Soc. Bret., 1878, t. I, p. 205.
Capitaine de vaisseau, Jamain a assisté à cette attaque du 18 juin 1694; il la raconte avec une précision suffisante, mais fort brièvement. Un autre compte-rendu, succinct, correct, et donnant les renseignements essentiels sur le même fait, se trouve dans le livre du docteur Hamy, François Panetié, Boulogne, 1903, in-8°, p. 152- 156. — Deux autres relations, dues à M. de Saint-Pierre et à M. de Nointel, sont pub. dans Rev. milit., 1900, t. II, avec des lettres de Louis XIV, Barbézieux, Vauban, intendants, commissaires. — Comparer tous ces documents avec la lettre insérée dans la Gazette de 1694, p. 309-311.
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Voir : — E. M. Lloyd, Eng. histi Rev., 1894, t. IX, p. 130-132; — G. Toudouze. Rev. huit. mod. et cont., 1899-1900, t. 1, p. 259-270.
— Bart (Jean). Rapport et relation sur le combat du 29 juin 1094, pub. p. Dussieux, Les grands marins du règne de Louis XIV, Paris, 1888, in-8°, p. 356-361.
Entre le Texel et l'embouchure de la Meuse, Jean Bart livre bataille aux Hollandais qui s'étaient emparés d'un convoi de grains à destination de la Fiance et le leur reprend. Son rapport est succinct, sa relation beaucoup plus détaillée. Le célèbre chef d'escadre s'applique à rendre hommage à tous ceux qui servent sous ses ordres.
— Relations sur le bombardement de Dieppe en juillet 1694, pub. p. A. Héron, Mèl. Soc. Norm., 1898, 5e série, p. 47-118.
La première est une lettre (1er novembre) d'un nouveau converti à un protestant réfugié en Angleterre : elle est surtout curieuse pour connaître l'état d'esprit à Dieppe après le bombardement; les habitants attribuent l'incendie de la ville, non pas aux Anglais, mais aux protestants convertis ou encore aux chefs militaires. — La seconde est un chapitre d'une histoire inédite de Dieppe par Laurent Croisé, procureur du roi au siège de l'amirauté : de caractère officiel, elle est exacte et impartiale. Le narrateur ne recherche pas les responsabilités : il signale simplement les résultats du bombardement et esquisse des projets de reconstruction de la ville.
— Document sur la descente des Anglais dans l'île de Chausey en 1695, pub. p. P. LeCacheux, Rev. Avr., 1900-1901, t. X, p. 292-
Relation officielle, tirée des archives anciennes de la Marine : l'auteur est le commandant de la petite garnison française, qui relate scrupuleusement l'incendie et le pillage.
— Document sur le bombardement de 1695 à Granville, pub. p. R. Du Coudret, Bul. P. Granville, 1907, t. III, p. 225-231.
Liste des dégâts commis par le bombardement du 18 juillet.
— Rapport sur le bombardement de Dunkerque en 1695, pub. p. G. Toudouze, Car. Hist. Lit., 1898, t. II, p. 854-861.
Ce rapport a été probablement adressé à Barbézieux par l'ingénieur Clément d'Affin court (1652-1704), un des auxiliaires de Vauban. Il est net, précis, contient des renseignements sur les effets du bombardement et explique les causes de l'insuccès des ennemis.
3978. SUCCESSION DE POLOGNE. — Polignac (abbé de). Extraits de ses dépêches, dans L. Bastard, Négociations de l'abbé de Polignac en Pologne concernant l'élection du prince de Conii comme roi de Pologne, 1696-1697, Auxerre, 1864, in-8°.
— Saint-Pierre : n° 3952.
— Documents, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. IV, appendice IX, p. 488-502.
Lettres, extr. des Archives des A. E. et jusqu'ici inconnues des historiens, en particulier lettres de Louis XIV et de Polignac. La pièce la plus importante est une Relation de l'élection, extr. des papiers réunis par le P. Léonard sur la Pologne (A. N., K 1317) : elle est très complète et permet de se rendre compte de la façon dont les élections se faisaient en Pologne.
— La Bizardière (M. de). Histoire de la scission ou division arrivée en Pologne, le 27 juin 1697, au sujet de l'élection d'un roi., Paris, 1699.
L'auteur rend hommage à l'habileté de Polignac : son récit permet de contrôler ceux de Dangeau et de Saint-Simon.
Voir : — De Piépape, Rev. D. M., 15 novembre 1910.
3979. PAIX DE TURIN ET DE RYSWICK, 1696-1697. — Manifeste ou préliminaire des offres faites par Sa Majesté Très Chrétienne à Sa Majesté Impériale pour la conclusion de la paix, slnd.,
Daté du 5 avril 1694 et présenté à la diète de Ratisbonne : maintien des traités de Westphalie et de Nimègue, propositions relatives aux villes du Rhin et à la Lorraine, révision des réunions, le cas échéant.
— Tessé : — n° 1234. — Cf. G. de Léris, La comtesse de Verrue et la cour de Victor-Amèdèe de Savoie, Paris, 1881, in 8°.
— Traité de paix entre la France et la Savoie; conclu à Turin le 29 août 1696, Paris, 1697, in-4°. — Se trouve aussi dans Du mont, Corps diplomatique, t. VII, p. 368-375, et dans Vast, Les grands traités du règne de Louis XIV, t. IL
— Contrat de mariage de Monseigneur le duc de Bourgogne avec Madame la princesse de Savoie, Paris, 1697, in-4°, 20 p.
Daté du 15 septembre 1696 : texte des dix articles et des ratifi-
louis xiv, 1679-1715. 351
cations. — Cf. comte d'Haussonville, La duchesse de Bourgogne et l'alliance savoyarde sous Louis XIV, Paris, 1898, in-8°.
— Actes et mémoires des négociations de la paix de Ryswick en 1696, 1697 et 1698, avec les traités, La Haye, 1699, in-12°, 4 vol.
— Aut. édit. : 1707 et 1725, 5 vol.
Là sont réunies les déclarations et les notes officielles des diverses puissances et des médiateurs : les matières sont disposées par ordre chronologique. — Compléter avec Legrelle, Notes et documents sur la paix de Ryswick, Lille, 1894, in-8°, 136 p. (pièces inédites).
— Les divers traités, conclus à Ryswick entre la France et les autres puissances, ont été publiés à part à Paris, 1697, in-4°, et sont réunis dans Vast, ouv. cit., t. IL
Voir : — J. C. Neuhaus, Der Friede von Ryswick und die A btretung Strassburgs an Frankreich, Fribourg en Brisgau, 1873, in-80; — J. H. Hara Siccama, Haagsch Jaarboekje, 1896, 35; — H. C. Rogge, Eigen Haard, 1897, 276, 294;
— G. Koch, Die Friedensbestrebungen Wilhelms III von England in den Jahren 1694-1697, Tùbingen, 1903, in-8% 105 p. (bibliog.).
10° Succession d'Espagne, 1698-1715.
(Voir nos 3053-3079.)
3980. Sur la période, qui s'étend de 1698 à 1715, des renseignements, plus ou moins étendus, plus ou moins impartiaux, sont fournis par les histoires générales, les mémoires, les lettres, les biographies, les journaux et les pamphlets. En outre, de nombreux documents, d'ordre diplomatique et militaire, sont rassemblés dans des publications citées précédemment, en particulier aux nos 1056, 1057 et 3211 à 3214. Il conviendra donc de recourir tout d'abord à ces sources diverses.
Mais beaucoup d'auteurs ont traité, directement ou indirectement, des relations de la France avec les autres puissances pendant la dernière partie du règne de Louis XIV : explorant avec soin les archives d'état et même les collections privées, ils ont inséré dans leurs livres des pièces, officielles ou non, qui sont fréquemment d'un intérêt incontestable. D'autres, — et déjà dès le xvme siècle, — se sont bornés à composer un récit, mais en utilisant les documents dont on leur avait donné communication et, en l'absence de tout
autre, ce récit a, tout au moins provisoirement, la valeur d'une source. Cette variété extrême et la réunion, dans un même ouvrage, de pièces si différentes par l'origine et le caractère, rendent un classement, sinon impossible, du moins fort malaisé et dont le résultat inévitable serait de disperser à l'excès les renseignements et, presque, de compliquer les recherches. Il est donc préférable, semble-t-il, d'énumérer ici les études principales dans lesquelles on rencontre surtout des documents français et de réserver pour le chapitre Sources étrangères celles qui renferment surtout des documents étrangers.
— Legrelle (A.). La diplomatie française et la succession d'Espagne, Gand, 1888-1892, in-8°, 4 vol. : 2e édit. (plus complète), Braine le Comte, 1895-1900, in-8°, 6 vol. Ouvrage capital, que l'on peut considérer comme la continuation de celui de Mignet. Dans l'avant-propos, étude bibliographique, consciencieuse et parfois sévère, des sources imprimées et manuscrites et des ouvrages déjà parus. Dans le cours du récit, masse de documents, analysés ou reproduits soit complètement soit en partie : extraits des correspondances des souverains, ministres, ambassadeurs, etc., d'après les archives de nombreux états d'Europe. Dans chacun des volumes, appendices contenant des pièces essentielles : contrat de mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse, deux renonciations de cette princesse, testament de Philippe IV, traité de partage de janvier 16G8, traité de partage de 1698, traité d'alliance entre les Pays-Bas et l'électeur de Bavière, traité du 3 et 25 mars 1700, testament de Charles II, mémoire rédigé le 10 novembre 1700 à propos de ce testament, traité de la Grande-Alliance de 1701, instructions diverses, etc.
— Moret (E.). Quinze ans du règne de Louis XIV, 1700-1715, Paris, 1851-1859, in-8°, 3 vol. : bibliographie très abondante, mais pas de discussion critique sur la valeur des sources employées; documents inédits indiqués, mais non cités in extenso, empruntés pour la plupart aux archives du ministère de la Guerre : valable pour l'histoire de France, intérieure et extérieure en même temps.
— Pour l'Angleterre et les Provinces-Unies, Sirtema de Grovestins, Guillaume 111 et Louis XIV, Paris, 1868, in-8°, 8 vol. (s'ar-
louis xiv, 1679-1715. 353
rcle à 1702) : v. t. Vil et t. VIII, appendices (traités de partage du 1 1 octobre 1098 et du 25 mars 1700, testament de Charles II, lettres de Louis XIV aux Etats-Généraux, traité de la Grande-Alliance de 1701), etc. — Keynald (H.), Louis XIV et Guillaume III, histoire des deu.r traités de partage et du testament de Charles II, Paris, 1883, in-8°, 2 vol. : lettres de Louis XIV, Guillaume III, mais surtout correspondance de Tallard (n° 1253) : transcription des pièces, parfois défectueuse, association de pièces sans indications précises, etc. — Klopp (0.), Der Fall des Hauses Stuart..., v. chapitre Sources étrangères. — Doesburg (J.), Tijds. Gesch., 1888, p. 106 et 157 (bibliog. dans les notes).
— Pour l'Autriche, Gœdeke (A.), Die Politik OEsterreichs . . . , v. chapitre Sources étrangères. — Vogué (marquis de), Rev. D. M., 1886, t. CCLXXXV, p. 284 (négociations de Villars à Vienne, d'après les mémoires de Villars, les archives d'Autriche, les archives du ministère des Affaires étrangères à Paris). — Cf. Landau (M.), Rom, Wien, Neapel wàhrend des spanischen Erbfolgekrieges, Leipzig, 1885, in-8°.
— Pour l'Espagne, Dupin (Louis Ellies), Histoire des révolutions d'Espagne, Paris, 1724, in-12°, 5 vol. : aut. édit., Paris, 1729, — Amsterdam, 1730 : les livres XII et XIII du tome V peuvent être utilisés pour la période de 1698 à 1715, mais pas de textes. — Targe, Histoire de l'avènement de la maison de Bourbon au trône d'Espagne, Paris, 1772, in-12°, 6 vol. : va de 1697 à 1715; l'auteur s'est proposé de « réunir en un seul corps d'ouvrage ce qui se trouve répandu dans un grand nombre de volumes français et étrangers ». — Reynald (H.), A. S. M. P., 1877 et 1878. — Topin (M.), L'Europe et les Bourbons sous Louis XIV, Paris, 4e édit., in-12° (surtout pour les négociations de Polignac). — Courcy (de), La coalition de II 01 contre la France, Paris, 1886, in-8°, 2 vol. (lettres de Louis XIV, Torcy, principalement pour l'année 1713 : au t. II, p. 572, traité de Rastadt); — Renonciation des Bourbons au trône fCEspagne, Paris, 1889, in-8° (lettres de Louis XIV, Torcy, Philippe V, princesse des Ursins, Bonnac, etc., surtout pour l'année 1712); — L'Espagne après la paix d'Utrecht, 17 13-17 15, Paris, 1891, in-8°(dans le cours de l'ouvrage, citation de documents fran-
çais et espagnols jusqu'à 1715). — Baudrillart (A.), Philippe V et la cour de France, Paris, 1889, in-8°, t. I (documents extraits des archives espagnoles et françaises, lettres de Louis XI V, Philippe V, etc.; dans l'introduction, critique des sources). — Kirkpatrick de Closerurn, Les renonciations des Bourbons et la succession d'Espagne, Paris, 1907, in-8°, 327 p. (en appendice, contrat de mariage de Louis XIV, renonciations de Marie-Thérèse, testament de Charles II). — Cf. Kallen (F. van), La fin du régime espagnol aux Pays-Bas, 1907.
— Pour les divers pays de l'empire, Ennen, Der spanische Erbfolgekrieg und der Churf. Josep Clemens von Coin, Iéna, 1851, in-8° (documents de toutes sortes, en particulier des lettres de Torcy, de Boufflers, de Fénelon, et la correspondance de Joseph Clément et de son chancelier Karl de Bebenbourg). V. au chapitre des Sources étrangères les ouvrages ou articles de Droysen, Waddington, Noorden, Preuss, Heigel, Schwencke, etc.
— Pour la Suisse, Zellweger (J. C), Geschichte der diplomatischen Verhàltnisse der Schweiz mit Frankreich, 1698-1784, Saint- Gall et Berne, 1848-1849, in-8°, t. I (documents allant de 1698 à 1717, relatifs à l'ambassade de Puyzieulx, à Neuchàtel, etc. : intéressent parce que certains indiquent l'état des cantons et de leurs relations avec la France, surtout pendant l'ambassade du comte du Luc, 1709-1715). — Boislisle (J. de), Les Suisses et le marquis de Puyzieulx, n° 1259 (p. 1-21, Mémoire pour servir d'instruction, 24 février 1698, — p. 64-79, Mémoire concernant les principales questions dont j'ai été chargé pendant que j'ai eu l'honneur d'être ambassadeur du roi en Suisse, 1698-1708, etc.). — Bourgeois (E.), Neuchàtel et la politique prussienne en Franche-Comté, Paris, 1887, in-8°, 259 p. (documents en appendice, en particulier lettres de Torcy, Puyzieulx, La Chappelle).
— Pour la papauté, outre l'ouvrage de Landau, cité ci-dessus, v. F. Pometti, La santa sede nella guerra di successione al tro)io di Spagna, Rome, 1898, in-8° , 183 p.
— Pour le Danemark, Mémoire sur la participation des troupes danoises à la guerre de la Succession d' Espagne, pub. p. Forchhammer, Hist. tid., série VI, t. II, partie I (les Danois servirent en Italie sous le prince Eugène).
louis xiv, 1679-1715. 355
— Pour la Russie, v. Wassilef (M.), Russisch-franzôsische Politik. 1689-1717, Gotha, 1902.
— Pour la Suède, Bellerive (chevalier de), Relation d'un voyage d'Espagne à Bender..., Paris, 171 H, in- 12°, 244 p. (pub. en partie par A. de Marsy, Paris, 1872, in-8°, 50 p. : voyage en 1711-1712; peu utile). — V. Chr. Schefer, Ann. Se. Polit., t. V, 1890, p. 201- 244, et t. VIII, 1893, p. 575-595; — G. Syveton, Louis XIV et Charles XII. Au camp d'Altrandstadt, Paris, 1900, in-8° (mission du baron de Bezenval); — Brulin (H.), Sverige och Frankrike under Xordiskakriget och Spanska Successionskrisen, Upsal, 1905, in-8°, 235 p. (bibliog.; en appendice, documents, en particulier let. de Charles XII).
— Pour la Turquie, Schefer (Ch.), Mémoire historique sur l'ambassade de France à Constantinople, Paris, 1904, in-8° (d'abord, exposé des relations franco -turques au xvne siècle; puis, surtout, publication de mémoires de divers ambassadeurs, Chasteauneuf (1689-1699), Ferriol (1699-1711), marquis de Bonnac (1718) : la lecture de ces mémoires est indispensable). — Tournefort : n° 441.
— Cf. L. Rousseau, Les relations diplomatiques de la France et de la Turquie au début du XVIIIe siècle, Paris, 1908, in-8°, 396 p. (de 1700 à 1716 : analyse, cite ou reproduit des mémoires, instructions, lettres, mais sans indiquer la provenance : v. n° 1262).
Ajouter aux bistoires générales, von C. Noorden, Europaische Geschichte im achtzehnten Jahrliundert, Leipzig, 1870, t. I,in-8° (pas de textes); — A. Parnell, The war of the Succession in Spain during the reign of Queen Anne, Londres, 1888, in-8° (fait d'après les documents); — comte Stanhope, lord Manon, History of the war of the Succession in Spain, Londres, 1832, in-8°;
— Lahorderie, F. hist., 1909, t. II, p. 289-302 (juridique).
3981. ACCEPTATION DU TESTAMENT. — Relation de toutes les cérémonies faites à Versailles par le roi..., à la réception et reconnaissance de Monseigneur le duc d'Anjou, roi oV Espagne, Paris, 1700, in-4°, 4 p.
Ecrit le 19 novembre, trois jours après la cérémonie officielle : rapport net et exact.
— Tessé. Mémoire sur le testament de Charles II d'Espagne, pub. dans ses mémoires (n° 887), t. I, p. 176-181 .
Tessé accompagna le duc d'Anjou jusqu'à la frontière espagnole : il est donc bien informé, et il s'est renseigné, en outre, auprès du duc d'Uzeda. Il montre que Charles II n'a pas été poussé par Louis XIV à choisir un prince français et qu'il a agi de sa propre initiative.
— Breteuil. Mémoires (n° 876) : fragment publié dans édit. du Journal de Dangeau, t. XVIII, p. 339.
Breteuil complète Dangeau par rapport à l'audience du 16 novembre et aux cérémonies des jours suivants : d'après lui, Louis XIV aurait pris sa décision dès le 10 novembre.
— Diverses particularités qui se sont passées à Versailles au sujet de l'appellation de Philippe V, ci-devant duc d'Anjou, pour régner dans tous les ^royaumes qui composent la monarchie d'Espagne..., pub. dans édit. du Journal de Dangeau, t. XVIII, p. 359.
L'auteur, anonyme, qui a participé au voyage de Philippe V et qui est, dit-il, accoutumé à faire trois repas par jour, est assez hostile à Louis XIV et l'accuse d'avoir « trompé toute l'Europe pour donner une couronne à son petit-fils » . Il raconte les préparatifs et le voyage jusqu'à Bordeaux et se plaît à relater des aventures plaisantes. Il semble avoir écrit vers 1710.
— Morey. — V. n° 902.
— Mémoire des puissances contredisant l'acceptation du testament du roi d'Espagne Charles II (26 novembre 1700). Avec la réponse du roi Très Chrétien aux puissances, en forme de manifeste, sur les raisons de l'acceptation dudit testament... , Amsterdam, 1701, in-16°, 39 p.
La première partie, très courte, concerne la démarche de l'ambassadeur des Provinces-Unies auprès de Louis XIV pour qu'il s'en tienne au traité de partage. La seconde est la réponse ou plutôt le manifeste du roi. Louis XIV expose le changement survenu dans la situation générale par la décision de Charles IL Le désir de la paix est réalisé par l'acceptation du testament : car les Espagnols sont hostiles au partage, que d'ailleurs l'empereur n'a pas encore accepté. Louis XIV examine ensuite les deux alternatives : la guerre est à tous égards inévitable, il est donc juste de la faire pour soutenir les dispositions de Charles IL Enfin, après avoir reproché leurs
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atermoiements aux Hollandais, le roi espère que ceux-ci reconnaîtront Philippe V.
3982. FLANDRE et PAYS-BAS. — Relations diverses contenant la journée de Nimègue et tout ce qui s'est passé depuis ce jour à l'armée de Monseigneur le duc de Bourgogne..., Paris, 1702, in-12*.
Tirage à part du Mercure galant de Donheau de Vizé : sert à contrôler les assertions de Saint-Simon, qui reproche au duc de Bourgogne et à Boufflers de n'avoir pas osé, le 11 juin, en vue de Nimègue livrer hataille aux ennemis.
— Maine (duc du). Journal, extraits relatifs à la campagne du duc de Bourgogne en Flandre, 1702, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. X, appendice XIV, p. 512-518.
Le duc du Maine prit part à cette campagne d'avril à octobre 1702 et commanda la cavalerie. Il s'étend sur ce que l'on a appelé la canonnade de Nimègue du 11 juin : il expose exclusivement les opérations de l'aile gauche où il était avec la cavalerie et où les ennemis ne firent aucune résistance. De sa narration, il ressort que l'affaire fut engagée d'une façon décousue et que l'occasion fut perdue d'écraser les adversaires désemparés.
— Millox (Louis François de Sanson de), 16507-1716. Correspondance avec Boufflers, Chamillart, Puységur, etc., pub. p. R. de Linière, Rev. hist. arch. Maine, 1903, t. LIV, p. 201-274.
Mi lion défendit vaillamment Liège et Huy contre Marlborough en 1702-1703 : sa correspondance porte constamment sur des faits d'ordre militaire, attaques, besoins des troupes, etc. : elle est utile.
Voir : — Mrae Lagrange, Le duc de Marlborough en Belgique, Bruxelles, 1892, in-8% 380 p.; — F. Taylor, The Wars of Marlborough, Oxford, 1921, in-8°, 2 vol.
— Campagne de M. le maréchal duc de Villeroy et de M. le marquis de Bedmar en Flandre l'an 1704-, Amsterdam, 1762, in-8°, 184 p.
Campagne insignifiante au point de vue militaire : publication, peut-être due à Carlet de LaRozière, de lettres de Villeroy, marquis de Bedmar, marquis d'Aligre, etc., d'après les originaux des archives du ministère de la Guerre; à la fin, Journal des mouvements
de l'armée des deux couronnes et de l'armée des ennemis, clair et précis, mais d'un intérêt fort restreint, puisque aucun résultat ne fut atteint pendant ces opérations.
— Sur la bataille de Ramillies (1706), voir les indications bibliographiques d'A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 371, note 1. — Cf. A. Britsch, Rev. Et. Hist., 1917, t. LXXXIII, p. 497-512.
— Lefebvre d'Orval. Correspondance, pub. p. A. Preux... : n° 1279.
Depuis cette publication, dont le titre prête à l'erreur, un manuscrit authentique de Lefebvre d'Orval a été pub. p. A. Crapet, Rev. Nord, 1910, t. I, p. 105-143. L'auteur raconte ce qu'il a fait depuis la défaite de Ramillies et poursuit son récit jusqu'à la conclusion de la paix : ce mémoire, fort détaillé, a une importance indéniable, surtout à propos de la bataille de Denain (v. ci-après).
— Bellerive (Jules Alexis Bernard, dit le chevalier de). La campagne du duc de Vendôme en 1708 et 1709, Flandre, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XVI, append. VI, p. 541, — t. XVII, append. VIII, p. 569, — t. XVIII, append. XI, p. 483.
Peut-être fils naturel du grand prieur, favori et confident du duc de Vendôme, dans l'armée duquel il servit en Espagne en 1710- 1711, il dut démissionner et fut envoyé en mission à Bender auprès de Charles XII. Il entreprit une histoire de son protecteur, et pour cela recopia presque intégralement la correspondance du duc (B. N., f. fr., mss. 14177 et 14178). Outre ces deux volumes, la B. N. en possède encore six autres représentant la mise en œuvre de ces documents (f. fr., mss. 14169-14174). Arrêté pour épigrammes contre Louis XV en 1749, Bellerive fut enfermé à la Bastille, puis à Vincennes où il mourut en 1770.
A ce partisan ardent de Vendôme il ne faut pas demander une calme impartialité : d'autre part Bellerive n'hésite pas, dans le but de faire valoir son protecteur, à modifier le texte des documents. Malgré ces graves défauts, son récit permet de contrôler ceux des défenseurs du duc de Bourgogne, p. ex. Saint-Simon, non moins passionnés que lui.
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La narration de Bellerive est entremêlée de lettres de Chamillart, du duc de Bourgogne, de Louis XIV, du grand dauphin, de Philippe V, de Madame de Maintenon, du duc de Vendôme, etc. La partie la plus importante est celle qui a trait à la bataille d'Oudenarde du 11 juillet 1708. La publication se poursuit jusqu'à celle de Malplaquet.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XVI, p. 181, note 1, et append. V, p. 526 (indications bibliogr. très nombreuses); — E. Bourgeois, Ann. Se. Polit., 1900, p. 173-177; — d'Haussonville, Rev. D. M., 1902, juin-juillet; — Raddatz, Vendôme und der Feldzug in Flandern, 1708, Scbwerin, 1878 (dissertation).
— Galand, chanoine d'Arras. Lettre du 13 août 1708, pub. p. Pouy, Bul. Corn. Hist., 1884, t. II, p. 317.
Cette lettre renseigne sur la manière dont les ennemis font la guerre : elle annonce le commencement du siège de Lille.
— Caton de Court (Charles). La campagne de Lille, contenant un journal fidèle de ce qui s'est passé au siège de cette importante place, La Haye, 1709, in-12°.
Dédié au prince d'Orange : très détaillé, mais trop hostile aux Français : un extr. a été publié par Brun-Lavainne, Les sept sièges de Lille, Lille, 1838, in-8°.
— Extrait d'un journal manuscrit, pub. p. Brun-Lavainne, même ouvrage.
Journal tenu pendant le siège de 1708 par le gouverneur des orphelins, dits Bapaumes : permet de se rendre compte de la situation des assiégés.
— Relation du siège de Lille, dans abbé Proyart, Vie du dauphin, père de Louis XV, t. I, p. 197 et sq.
Il n'y a pas là de documents, mais le récit est très complet, parce que l'auteur, pour écrire son ouvrage sur le duc de Bourgogne, avait eu communication de toutes sortes de pièces.
— Relation inédite, pub. p. Th. Leuridan, Le siège de Lille en ÎIOS, Lille, 1910, in-8°, 41 p.
L'auteur, maître de l'hôpital, est Maximilien Prévost, habitant à Seclin, près de Lille. Il parle surtout des excès commis par les troupes soit françaises soit étrangères : peu de renseignements sur le siège lui-même.
— Documents dans M. Sautai, Le siège de la ville et de la citadelle de Lille en 1708, Paris, 1899, in-8°.
Ouvrage essentiel, à cause des nombreuses pièces citées ou reproduites d'après les archives des A. E., du D. G., du département du Nord, de Lille et de La Haye : états de troupes et de matériel, texte des deux capitulations. Utilisation de mss. inédits, en particulier du Journal du siège de Lille par le marquis de La Frézelière qui y commandait l'artillerie (cf. du même auteur, Les Frèzeau de La Frézelière, Paris, 1901, in-8°).
Voir : — E. Griselle, Bul. Soc. Cambrai, 1902, t. IV, p. 297-311.
— Bourgogne (duc de). Projet pendant le siège de Lille, pub. p. l'abbé Proyart, Vie du dauphin, père de Louis XV, 1782, in-12°, t. I, p. 231.
Projet élaboré par le duc en prévision de la chute de Lille : il faut couvrir la frontière pour interdire les courses aux ennemis. — Comparer avec celui du duc du Maine, n° 1282.
— Lettres sur le forcement du passage de l'Escaut en 1708, pub. p. M. Sautai, Rev. E. AL, 1905, t. XVIII, p. 385-440.
Série de lettres, publiées intégralement ou en extr., émanant de Vendôme, Mesgrigny, Artagnan, Afîry, Saint-Frémond, duc de Bourgogne, comte Dauger, Max Emmanuel de Bavière, Bergheiek, Marlborough, etc. : ces documents proviennent, pour la plupart, du D. G. et montrent les conséquences de la mésentente entre le duc de Bourgogne et Vendôme. — P. 413, indications bibliog.
— Sur la bataille de Malplaquet, A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XVIII, p. 510-514, a dressé une longue liste bibliographique qu'il est indispensable de consulter. Parmi tous les écrits signalés, les principaux sont les suivants, outre les mémoires (Villars, Quincy, Saint-Hilaire, Valory, etc.), les gazettes, etc.
Les deux rapports de Villars et de Boufflers, très courts l'un et l'autre, mais utiles, ont été pub. p. Ch. Giraud, La bataille de Malplaquet, Paris, 1879, in-4°.
Entre les relations du temps, que possède la B. N., la meilleure (Lb37 4354) est la Relation de ce qui s'est passé à la bataille donnée le 1 1 septembre 1709 auprès de Mons, Paris, sd., in-4°, 8 p. : Tau-
louis xiv, 1679-171;). 361
leur, anonyme, ne se borne pas à raconter le combat, mais il cherche à en expliquer le caractère et les résultats : « D'un côté, dit-il, nous avons perdu le champ de bataille qui est demeuré aux ennemis, mais leur perte est des deux tiers plus grande que celle qu'ont faite les Jroupes du roi. » — Dans une autre relation, source étrangère (Lb37 4360), est insérée une Lettre d'un officiel' de distinction de l'armée de France... écrite du camp le 17 septembre 1709 .-cette lettre n'ajoute rien aux renseignements fournis par la relation précédente.
Dans son ouvrage, La bataille de Malplaquet, Paris, 1904, in-8°, le lieutenant M. Sautai a inséré des relations dont huit sont l'œuvre d'officiers français. Comme ceux-ci ont participé au combat, mais dans des endroits différents, on peut avoir ainsi une idée complète. Ces relations ont été rédigées par Saint-Hilaire qui commandait l'artillerie (v. n° 855 et additions), le chevalier de Rozel qui est à la tète des carabiniers, combat à l'extrême gauche et couvre la retraite (p. 134-139), le comte Jacques Dauger qui charge au centre avec Boufflers (p. 139-153 : cf. p. 94-95), le comte de Goësbriand qui est à la gauche avec l'infanterie et tient tête au prince Eugène (p. 154-157), le chevalier de Folard, son ami et aide de camp (p. 157-181 : importante, parce que Folard non seulement raconte, mais encore critique, parfois sévèrement, les opérations), le marquis de La Frézelière qui est à la droite de la seconde ligne avec l'infanterie (p. 182-204 : vue d'ensemble exacte et complète; cf. p. 125), un officier de cavalerie (p. 2U5-209), et M. des Bournays, exempt aux gardes du corps, aide de camp de Boufflers (p. 210-216). Les deux dernières ont beaucoup moins d'intérêt que les autres. — En outre, plan de la bataille par Naudin, dressé sur les lieux mêmes à l'époque du combat.
On peut ajouter à ces documents deux lettres écrites, l'une par Joseph Du vergé, cavalier au régiment du comte de Mclun, pub. dans C. S., 1909, 2e série, t. VIII, p. 318 (blessé à plusieurs reprises, le narrateur s'adresse au secrétaire d'état Voysin pour savoir où est son régiment), — l'autre par le major Pierre de La Farge, pub. dans Rev. H. Auvergne, 1909, t. XL p. 316-319 (pertes «les ennemis, blessés français, opérations futures).
Voir : — Ch. Giraud, A. S. M. P., 1872, 5U série, t. XWII, |>. 273, 481, et
t. XXVIII, p. 79, 211; — de Vogué, Cor., 1887, t. CXLVIII et CXLI.X: —chapitre Sources étrangères.
— Documents inédits sur le siège de Douai en il 10, pub. p. A. Preux, Souv. Flandre WaL, t. HIV et X, 1862-1864 et 1870.
Utilisation des registres paroissiaux, du Journal des assiégés, du Journal du siège de Douai en 1710, de la relation de la campagne de 1710 : extraits publiés. — Extraits plus nombreux des mémoires de Martin Joseph Bernard Dérazières (né en 1686), de sentiments antifrançais, rallié plus tard. — Surtout mémoires de Charles Borrornée Caudron, bourgeois de Douai. Celui-ci, dans un style incorrect, montre son animosité contre les Français : peu intéressé par les faits militaires, il s'occupe surtout des réquisitions effectuées par la garnison à son préjudice; il fournit aussi des renseignements d'ordre économique, prix du blé, du beurre, etc. Malgré sa partialité, il a composé un récit poignant en ce qui touche l'état d'esprit des habitants, la misère des troupes, etc.
D'autres documents (Relation de la campagne de 1710, pub. à La Haye, relation ms. du siège attribuée à Valory) ont été utilisés par Allard, Spect. mil., 1833-1834, t. XVI, p. 353 : complément utile des récits précédents.
Voir : — n° 3910.
— Marissal, échevin de Saint-Omer. Lettres, pub. p. L. de Lauwcreyns de Roosendaele, Bul. Soc. Mor., 1877-1881, t. VI, p. 711.
Marissal fut envoyé dans les Provinces- Unies par les états d'Artois : il y séjourna du 4 mars au 25 mai 1710 et partit avant la rupture des conférences de Gertruydemberg. Dans onze lettres il fait l'office de gazetier, curieux et appliqué, signalant les moindres bruits qui lui parviennent, tantôt les espérances, tantôt les déceptions, à ses compatriotes de Saint-Omer, désireux de voir conclure la paix.
Compléter avec les documents publiés dans Bul. Soc. Mor.. 1X77- 1881, t. VI, p. 641, et Mém. Soc. antiq. Moi., 1886-1887. t. XX, p. 1 : pièces tirées des archives municipales et départementales, du D. G., lettres du magistrat de Saint-Omer, du secrétaire d'état Voy-
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sin, de Marlborough, etc.; intéressent les relations avec les alliés, le ravitaillement de la ville, etc.
— Journal du siège de la ville a" Aire, touchant ce qui s'y est passé de plus remarquable et les principaux désordres qui y sont arrivés, pub. p. N. Dubois, BuL Soc. Mor., 1872, t. IV, p. 198-230.
Relation en quelque sorte officielle; le narrateur est Dutron, major de la place. Son journal donne des détails précis et nombreux, en particulier sur les dégâts commis dans la ville par le feu des assiégeants de septembre à novembre 1710.
1- Documents, pub. p. l'abbé Haigneré, BuL Soc. Boulogne, 1885-1890, t. IV, p. 458.
Document d'octobre 1710 qui signale les désordres excessifs coinmis par les troupes royales.
— Leroy (Jean Baptiste). Lettre, pub. p. l'abbé Debout, BuL Soc. Cambrai, 1901-1902, t. III, p. 183.
Excessivement courte : le vicaire de Saint- Vaast à Cambrai annonce seulement la marche de l'armée française contre celle des alliés : c'est l'ouverture de la campagne de Denain.
— Sur la bataille de Denain, la bibliographie est donnée par A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXIII, p. 96, note 8. Dans ce volume on trouve en outre, p. 417, une Addition au Journal de Dangeau sur le rôle du maréchal de Montesquiou ; — p. 465-471, des lettres du commis des aides à Dunkerque, Boutillier, pour annoncer et confirmer la victoire, et un extrait des Mémoires du munitionnaire Paris de La Montagne qui parle spécialement de l'organisation de la campagne de 1712 (vivres, équipages, etc.).
Le livre essentiel est celui de M. Sautai, La manœuvre de Denain, Lille et Paris, 1902, in-8°, 299 p. : comme pour Malplaquet, l'auteur a fouillé les dépôts d'archives et en a tiré de nombreux documents qu'il publie, surtout des lettres de Louis XIV, Lefebvre d'Orval, Villars, Voysin, Montesquiou-Artagnan, etc.; en outre, bibliographie étendue et étude bibliographique importante. — Compléter avec le mémoire de Lefebvre d'Orval, pub. p. A. Crapet et signalé ci-dessus.
Villars envoya au duc d'Ormond une relation de la bataille : il y
expose brièvement, mais avec précision, les dispositions prises pour la marche et pour l'attaque et indique les résultats avec des chiffres à l'appui. Cette relation est pub. dans ses Mémoires, édit. de Vogué, t. III, p. 336*339.
Villars fournit une relation à Gayot de Pitaval qui s'en servit pour écrire la Campagne du maréchal de Villars en l'année 1712, Paris, 1713, in-12°, 112 p. Cet ouvrage n'est pas négligeable, malgré l'emphase qui le dépare. L'auteur donne des renseignements d'ordre diplomatique et militaire et il insiste sur la bataille de Denain : son récit est net et correct.
Voir : — Ch. Giraud, Rev. D. M., octobre 1870, et A. S. M. P., 1879, nouvelle série, t. XI et XII; — J. B. Blin, Mém. Soc. Camb., 1876, t. XXXIII, 2* partie, p. 47; — E. Leroy, Étude sur le combat de Denain, Douai, 1879, in-8°; — Défossé, Mém. Soc. Dunk., 1881-3, t. XXII, p. 68 (discours); — de Courcy, La coalition de 1101 contre la France, t. 1, p. 424; — de Vogué, Cor., 1887, t. CXLVIII et CXLIX; — 0. Weber, H. P. ZeiL, 1893, nouvelle série, t. XXXV, p. 401-413: — F. Mourlot, Le maréchal de Villars et la victoire de Denain, Valenciennes, 1895, in-8°, 171 p.; — Malo, J. D., 11 février 1903; — de Vogué, Cor., 1903, t. CCXI, p. 1045-1068; — M. Sautai, Les dernières années de Lefcbvre d'Orval, Lille, 1912, in-8°, 55 p.; — J. Coroënne, MontesquioM d'Artagnan, vainqueur de Denain, Paris, 1913, in-8% 272 p. (cf. Rev. hist., 1918, t. CXXIX, p. 311, et Rev. Nord, août 1914); — Fabreguettes, Gr. Rev., 1916, t. XC, p. 600-629; — de Vogué, ld., 1916, t. XCI, p. 432-436; — M. Lange, Rev. P., septembre 1918; — R. Sauliol, La manœuvre de Denain, Paris, 1921, in-8", 107 p. (documents); — J. Renard, La victoire de Denain, Denain, 1924, in-16°.
— Relation du siège de Marchiennes, arrivé le 24 juillet 1712, pub. dans Souv . Flandre WaL, 1862, t. II, p. 97.
Relation écrite par un assiégé tout à fait impartial : quelques erreurs de fait, néanmoins précise. Le texte de la capitulation est dans les Mémoires militaires..., t. XI, p. 508-509.
— Relation, pub. p. M. Sautai, Le retour de Lille à la France en 171 3, Lille, 1913, in-8°, 41 p.
Dans cette relation contemporaine, on décrit le cortège, les cérémonies, les sentiments des habitants.
3983. RHIN et ALLEMAGNE. — Bréande(de)'. Journal du siège de Landau, Metz, 1702, in-12°, 192 p.
Capitaine au quatrième bataillon du régiment royal d'artillerie,
louis xiv, 1679-1715. 365
Fauteur a dédié son ouvrage au grand maître, le duc du Maine. Il invoque sa « droiture » et sa « sincérité » : en effet, il raconte naturellement et simplement ce qu'il a vu pendant le siège. D'avril à septembre, il note chaque jour les événements et insère le texte de la capitulation. Il a accompli consciencieusement ce qu'il s'était proposé et a fait une œuvre utile, que l'on peut confronter avec le récit du Mercure galant, octobre 1702.
Voir : — E. Heuser, Die Belagerungen von Landau in clen Jahren 110'> und 1703, Landau, 1894, in-8\ 208 p.; — Œst. Milit. Zeit., 1843.
— Lettre du roi en action de grâces de la victoire [FriedlingenJ remportée en Allemagne..., Paris, 1702, in-4°, 4 p.
Lettre du 23 octobre, contenant des détails succincts. Bien plus importantes sont les pièces pub. p. A. deBoislisle, édit. àesAfémoires de Saint-Simon, t. X, append. XXIII, p. 578-586 : lettres de Villars, surtout celle du 15 octobre qui est un compte-rendu complet des opérations et du combat, — lettre du lieutenant général, comte de Magnac, qui commandait la cavalerie et auquel certains attribuèrent l'honneur de la victoire.
Voir : — Wieland, liasl. Tasch., 1856; — G. Bernoulli, Basl. Zeit., 1903, t. II, p. 1-32; — E. von Millier, Zeit. Oberrh., 1903, t. XVIII, p. 113 et sq.; — M. Braubach, Hist. Jahr., 1923, t. XLIII.
— Campagnes de M. le maréchal de Villars en Allemagne en 1103, Amsterdam, 1762, in-8°, 2 vol.
Ces volumes forment le début d'une série dont le titre général est Campagnes de messieurs les maréchaux de Villars, Marsin, Tallard, etc., en 1703 et 1704, et qui comprend sept vol. avec une table générale à la fin. L'éditeur, anonyme, a extrait du D. G. de très nombreuses lettres de Louis XIV, Villars, Chamillart, Max Emmanuel de Bavière, du 11 avril au 28 décembre 1703.
Cet éditeur semble devoir être Carlet de La Rozière (Louis François), 1733-1808; il a écrit la Campagne du maréchal de Villars et Maximilien Emmanuel, électeur de Bavière, en 1103, Paris, 1766, in-12°, 194 p., avec 2 cartes : il s'est servi presque uniquement des lettres de Villars qu'il analyse et dont il donne des extraits en note.
Voir : — Œst. Milit. Zeit., 1846, 1847.
— Madaillax de Massy (Jean Baptiste). Lettre sur la bataille fVHochstœdt (1703), pub. p. M. Campagne, Histoire de la maison de Madaillan, Bergerac, 1900, in-4°, 434 p.
Capitaine dans le régiment Dauphin qui a participé à l'action, l'auteur la décrit fort longuement : la précision et l'abondance extrême des détails rendent sa narration utile.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XI, p. 265, note 5 (bibliog.) ; — Laudmann, Die Kriegsfilhrung Max E manuel von Bayern, Munich, 1898, in-8°; — E. von Mùller, Zeit. Oberrh., 1906, t. XXXI, p. 99.
— Marsigli (Louis Ferdinand, comte), 1658-1730. Répliques touchant récrit ci-joint de l'auteur anonyme, intitulé Innocence imaginaire de MM. les deux gènèraux^comtes d'Arco et Marsigli touchant la reddition trop précipitée de l'importante forteresse de Brisach..., imprimé Van 1704, si., 1705, in-4°, 52 p.
D'abord au service de l'Autriche, Marsigli vit sa carrière interrompue en 1703 par la reddition de Brisach aux Français. Tandis que d'Arco était exécuté, il s'échappa et passa en France. Il rédigea une protestation contre les accusations portées sur sa conduite. Il publie en allemand et en français l'écrit anonyme qui l'a attaqué avec violence et réfute point par point toutes ses assertions. Cette justification, très serrée et parfois indignée, fut approuvée par Yauban et le mérite : elle renseigne en outre sur ce qui s'est passé à l'attaque de Brisach, sur le mauvais état de la place, etc., et complète'le Journal du siège de Brisach, vol. du Mercure galant, novembre 1703.
Sur l'auteur, voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XI, p. 299, note 2.
— Lettre du roi... en action de grâces de la victoire remportée près de Spire et de la prise de Landau par les troupes de Sa Majesté, Paris, 1703, in-4°, 4 p.
Cette lettre du 26 novembre donne des détails assez précis sur la victoire remportée par Tallard, mais ne vaut pas les relations du Mercure galant, n° de décembre, p. 263-338.
Voir : — E. Heuser, Die Belagerungen von Landau in den Jahren 1702 und 1103, Landau, 1894, in-8°, 208 p.; — Dalwigk, Hessenland, 1903, t. XVII; — von Henning auf Schônhof, Milit. Woch., 1903, col. 3019 et 3091; — Ken-
«.ouïs xiv, 1679-1713. 367
nel, Programm des Kôniqleichen Gymnasiums Speier, 1895; — F. von Apell, Der Versuch zum Enlsatze Landaus und die Schlacht am Speyerbach..., Marburg, 1906, in-8°, 111 p.; — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint- Simon, t. XI, p. 301, note 1.
— Campagne de M. le maréchal de Tallard en Allemagne l'an 170i, Amsterdam, 1703, in-8°, 2 vol.
Même éditeur que celui des campagnes de Villars (v. ci-dessus) : lettres, du 2 janvier au 31 août 1704, écrites par Tallard, Chamillart, Laubanie, Marsin, etc.
— Campagne de M. le maréchal de Marsin en Allemagne l'an 170 'i. Amsterdam, 1762, in-8°, 3 vol.
Même genre que le précédent : publication de lettres, jusqu'au 28 décembre 1704, écrites par Marsin, Chamillart, Tallard, Max Emmanuel de Bavière, etc. Important pour la défaite d'Hochstœdt du 13 août 1704, parce qu'on y trouve des relations françaises et étrangères, des lettres particulières, etc.
Voir : Laudmann, Die Kriegsfiihrung des Kurfursten Max Emanuel von Bayer n, Munich, 1899, in-89; — Baignol, La campagne de 110k en Allemagne, Paris, 1909, in-8° (ext. de Re?j. milit:).
— Ciioiseul-Traves (comte de). Lettre à son beau-frère Villars, pub. p. de Vogué, édit. des Mémoires de Villars, t. II, appendice II, p. 323-326.
Le narrateur faisait partie de l'armée de Marsin : il renseigne Villars, alors dans les Cévennes. Il rejette toute la responsabilité de la défaite sur Tallard et insiste sur la situation piteuse des troupes après la bataille.
— Dexun ville (Pierre René de Brisay, comte de). Lettre à son père, pub. dans J. Verd., p. 390-403.
Denonville, colonel du régiment royal d'infanterie, fut cassé après la bataille : il rend compte des principales péripéties et tente de justifier sa conduite (reddition de nombreux régiments déterminée par ses discours).
— Liste exacte des officiers de considération faits prisonniers sur /ennemi à la bataille d'Hochstœdt, 13 août, slnd., in-f,J, 4 p.
Simple énumération de noms : total des tués et blessés.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XII, p. 169
et sq., notes; — (Est. Milit. Zeit., 1841-1842; — Rôhl, Programm der Realschule zu Spremberg, 1877, in-4°.
— Laubanie (Yrieix de Magontier de), 164-1-1706. Relation de la défense de Landau en l'année 1704, pub. dans Campagne de M. le maréchal de Marsin... (v. ci-dessus), t. II, p. 316 et sq., et dans Pelet, Mémoires militaires..., t. IV, appendice, p. 949-964.
Laubanie avait été nommé gouverneur de Landau après la reprise de cette ville en 1703 : il y soutint, de septembre à novembre 1704, un siège avec une énergie admirable, au cours duquel il perdit la vue. Il fit rédiger un récit détaillé de cet événement. L'auteur dit en effet : « Comme c'est par l'ordre de M. de Laubanie que j'ai écrit cette relation, je ne dirai rien de lui » ; en réalité, il expose les efforts faits par le gouverneur de la place pour retarder les progrès de l'ennemi et, comme il est abondamment et exactement informé, sa narration a de la valeur.
— Villemont (de) et Jonville (de). Journal de la défense de la place de Landau en 1704, pub. p. Augoyat, Mémoires inédits du maréchal de Vauban sur Landau, Luxembourg..., Paris, 1841, in-8°, p. 81-186.
Les deux auteurs étaient ingénieurs dans la place où Villemont fut tué le 20 octobre. Leur rapport est un complément fort utile de la relation précédente ; car il signale la situation peu avantageuse de la forteresse, le nombre insuffisant des troupes, la pénurie des munitions et prouve que, malgré tout, la résistance fut acharnée. — A la suite, texte des conditions de la capitulation du 23 novembre.
Voir : — E. Heuser, Die drilte undvierle Belagerung Landaus (1704. 1713), Landau, 1896, in-8°, 318 p.
— Du Tronchoy (Gautier). Relation de ce qui s'est passé à la surprise que voulut faire la garnison de Fribourg sur les villes des deux Brisach, le 10 novembre 1704, pub. dans son Journal de la campagne des îles d'Amérique, Troyes, 1709, in-12°, p. 242 et sq.
Major du régiment de Pertuis et ayant pris part à l'action, l'auteur raconte avec précision la tentative faite par la garnison impériale de Fribourg pour s'emparer par surprise de Brisach' : épisode curieux qui renseigne sur l'état d'esprit des militaires de cette
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époque, le mépris des conventions, les ruses de guerre. — A la fin, lettre piquante et indignée de Raousset, commandant à Brisach, au commandant de Fri bourg et réponse de celui-ci. — Comparer avec la relation attribuée à Raousset et pub. dans C. S., 1910, 2e série, t. XIX, p. 371-377.
— Daurée (Maximilien de Lamothe), 1087-1732. Lettres, pub. p. Ph. Lauzun, Rev. Ag., 1915 et 1916, t. XLII et XLIII.
Ces lettres, écrites par un cadet d'Agenais, vont de 1706 à 1712. Sans prétention, elles renseignent sur les opérations militaires autour de Wissembourg, Landau, Fribourg, Fontarabie et Saint-Sébastien : mais elles sont surtout intéressantes pour connaître l'état d'esprit, la vie des camps, etc.
— Relation contenant Ventrée des troupes du roi dans V Empire, commandées par M. le maréchal de Villars, avec le détail de tout ce qui s'est passé en la défaite et fuite des Allemands hors de leurs lignes..., slnd., in-4°, 4 p.
Compte-rendu consciencieux, simple et correct d'après les nouvelles reçues du camp de Rastadt sur l'offensive de Villars au mois de mai 1707 : passage du Rhin, attaque des lignes ennemies, défaite des Impériaux qui abandonnent une partie de leur artillerie et de leurs bagages.
— Relation contenant la bataille gagnée en Allemagne par l'armée du roi, commandée par le maréchal d'Harcourt, slnd., in-4°, 2 p.
Récit simple, net, précis, mais bref, du combat de Rumersheim, près de Brisach, 26 août 1709, — Comparer avec celui de Sourches, Mémoires, t. XII, p. 46-50, et, surtout, compléter avec les lettres du maréchal d'Harcourt au duc du Maine, pub. dans Rev. Quest. Hist., 1904.
— Journal du siège de Landau pris en 17 13 par l'armée du roi, commandée par M. le maréchal de Bezons, slnd., in-4°.
Récit bref : quelque utilité.
Voir : — E. Heuser, Die drille und vierte Belagcruruj Landaus, Landau, 1896, in-8°, 318 p.; — G. Joret-Desclozières, Mém. Soc. Bayeu.x, 1891, t. I, p. 1 (indications bibliog.); — de Nettancourt, Esquisse du travail à faire sur la défense et conservation de l'Alsace de 1710 à 17 lu, Poitiers, 1877, in-4°, 43 p. (indications bibliog.).
S. H. y. XV. — ANDRÉ 5. 24
— Gayot de Pitaval. Campagne du maréchal de Villars de 1713, suivie de la paix de Rastadt, Paris, 1715, in-12°, 464 p.
Même genre que l'ouvrage sur la campagne de 1712 (n° 3982). Dédicace emphatique au fils de Villars : mais l'auteur a reçu, du maréchal, des mémoires d'après lesquels il a composé son livre et pu exposer avec exactitude les faits militaires et les négociations en même temps; a donc de l'utilité.
— Capitulation du château et des forts de la ville de Fribourg, slnd., in-4°, 4 p.
Texte des quatorze articles de la capitulation du 1er novembre 1713, avec les décisions de Villars sur chacun d'eux.
Voir : — (Est. Milit. Zeit., 1811, 1812, 1813; — Peter P. Albert, Atem., 1900-1902, nouvelle série, t. 1 et III; — Fr. von Wengen, Ibid., t. IV; — Zeit. Oberrh., 1893, t. XVIII; — Zeit. Freiburg, 1898, t. XIV.
3984. ALPES et ITALIE. — Villeroy (maréchal de). Lettres, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. X, appendice 4, p. 467-471.
Deux lettres, 15 et 18 février 1702, à Chamillart et au cardinal d'Estrées sur la « surprise » de Crémone où le maréchal fut fait prisonnier, mais où les Impériaux furent ensuite battus. Le Mercure galant (tirage à part, février) contient plusieurs relations sur ce fait. Le maréchal tâche d'expliquer son « malheur ».
— Tessé(J. B. René de Froulay, comte de). Journal du blocus de Mantoue, inséré dans ses Mémoires, édit. 1706, t. I. p. 230-323. — Cf. Mercure galant (tirage à part, juillet 1702), récit attribué par Barbier à Tessé, à juste titre puisque c'est celui qui a été ensuite reproduit par Grimoard dans les Mémoires.
Tessé commandait dans la place : il a tenu un journal de ce blocus, d'ailleurs très lâche, qui dura de décembre 1701 à mai 1702. Ce journal, où aucun détail n'est oublié, est une source capitale.
— Journal de tout ce qui s'est passé en Italie entre les armées françaises et espagnoles contre celles de l'Empereur, slnd., in-4°, 2P.
Des vers d'abord; ensuite compte-rendu, succinct et précis, d'un combat livré par Vendôme à la fin de juillet pour forcer le passage du Crostolo.
louis xiv, 1679-1715. Mi
— Lettre sur les campagnes de M. de Vendôme en Italie, par le sieur abbé P"\ Paris, 1706, in-12°, 61 p.
Des vers, éloge de Vendôme. Résumé des campagnes depuis 1702; quelques renseignements sur la bataille de Luzzara, la défection du duc de Savoie, les conquêtes de Verceil, Ivrée, Bard et Verrue, les combats de Cassano et de Calcinato : verbiage emphatique et éloges outrés dans toute la dernière partie.
— Tessé. Lettre à la duchesse de Bourgogne sur la bataille de Luzzara, pub. dans l'édit. des Mémoires de Sourches, t. Vil, appendice 12, p. 480-483.
Témoin oculaire, Tessé commandait l'aile gauche avec Philippe V; il ne s'occupe que de cette partie et décrit d'une façon alerte ce qu'il a vu, l'acharnement du combat, et il ne dissimule pas que d'un côté comme de l'autre les mouvements des troupes ne furent pas dictés par la logique.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. X, p. 222 et sq., notes, — append. 1, p. 437 et sq. (lettres de Louville), — append. 7 (lettres de Louis XIV, surtout p. 492); — Œst. Milit. Zeit., 1848.
— Phélypeaux nu Verger (Raymond Balthazar), -j- 1713. Mémoires contenant les intrigues secrètes et malversations du duc de Savoie, avec les rigueurs qu'il a exercées contre M. de Phélypeaux, ambassadeur de France auprès de lui à Turin, Saint-Jean de Maurienne, 1704, in-12°, 42 p. — Aut. édit. : Bàle, 1705. — Inséré intégralement dans les Mémoires de Tessé, t. II, p. 8-98.
D'abord militaire, maréchal de camp en 1696, Phélypeaux fut envoyé l'année suivante à Cologne et en 1 700 à Turin : il entraîna le duc de Savoie dans l'alliance française, mais ne put, en 1703, l'empêcher de faire volte-face et fut fort mal traité par lui. Lieutenant général, puis gouverneur des îles d'Amérique (1709), il mourut à la Martinique.
Les mémoires furent rédigés à Antibes du 15 au 21 mai 170». Phélypeaux y résume ce qu'il avait exposé dans sa correspondance avec la cour, les raisons qui lui ont fait douter de la bonne foi du duc de Savoie, les négociations secrètes de celui-ci avec les Impériaux, la rupture définitive et les mauvais traitements qui on! été infligés à L'ambassadeur du roi. C'est, dit à juste titre Saint-Simon, un « morceau curieux, instructif cl amusant ».
Casimir Fresehot a arrangé l'édition de Bàle, a inséré des pièces et a ainsi publié un ouvrage intitulé : Intrigues secrètes du duc de Savoie, 1705. — Aut. édit. : 1706, in-12°.
Voir : — Carutti, Mêm. Torino, 1863, 2e série, t. XX, p. 141.
— Lettre du roi Louis XIV au pape concernant les motifs de la guerre de Savoie, Paris, 1704, in-4°, 24 p. — Aut. édit. : Lyon, 1704, in-12°.
Louis XIV écrit au pape Clément XI pour expliquer sa conduite. Il rappelle les traités- de partage, l'acceptation du testament, l'alliance avec la Savoie, les exigences du duc, son entente secrète avec les ennemis, ses démarches, son alliance avec les coalisés : la guerre contre lui est donc justifiée. C'est un véritable mémoire diplomatique très net et très clair.
— Lettre du roi en action de grâces de la prise de Verceil..., Paris, 1704, in-4°, 4 p.
Brièveté extrême sur cette conquête, effectuée par Vendôme le 19 juillet. Il vaut mieux recourir au Mercure de juin, juillet et août et aux Mémoires de Sourches.
— Lettre du roi en action de grâces de la prise de la ville et des châteaux d'Jvrée..., Paris, 1704, in-4°, 4 p.
Même genre que la précédente, mais moins étendue encore (19 et 29 septembre).
Voir : — (Est. Milit. Zeit., 1845; — Patrucco, Bib. Soc. subalp., 1900, t. VII, p. 201 et sq. (chapitre h).
— Lettre du roi en action de grâces de la prise de Vente..., Paris, 1705, in-4°, 4 p.
Lettre assez précise. Le roi comprend l'importance de cette conquête et annonce les mesures nouvelles qu'il prend au point de vue militaire du côté de l'Italie. — Sur le siège lui-même, qui dura d'octobre 1704 à avril 1705, le Mercure galant publia un Journal à partir d'octobre.
Voir : — A. Bazzi, Attl Tor., 1902-1903, t. XXXVIII, p. 1011 (bibliog.); — (Est. Milit. ZeiL, 1847.
— Relation du combat gagné et remporté en Italie par l'armée
louis xiv, 1679-1715. 373
du roi commandée par Sou Altesse le prince de Vendôme..., slnd., in-4°, 2 p.
Combat de Cassano (16 août 1705) : récit bref, mais précis et net.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 93, note 4 (bibliog.), et appendice 2, p. 517; — Mllit. Woch., 1900, n° 75, col. 1789-
— Suite de la relation des avantages remportés par les armées du roi en Italie et en Piémont, slnd., in-4°, 2 p.
Exposé précis des marches effectuées au nord et au sud de Turin pour menacer cette ville.
— Lettre du roi en action de grâces de la victoire remportée en Italie par l'armée de Sa Majesté..., Paris, 1706, in-4°, 4 p.
Combat de Calcinato (mars 1706). Cette lettre présente quelque intérêt pour connaître la campagne de Vendôme jusqu'au Trentin.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 349, note 2, et p. 351, note 3. — Cf. C. Lorenzi, Lïinvasione francese del 1703 nel Trentino, Trente, 1900, in-8°, 107 p.
— Lettres sur le siège de Turin en 1706, pub. p. E. Mengin, Relation du siège de Turin en 1706, Paris, 1832, in-4°, 290 p., et par A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XIV, appendice 2, p. 491-518.
Ces lettres émanent de nombreux personnages : Louis XIV, Chamillart, La Feuillade, Philippe d'Orléans, Desmaretz, abbé Dubois, Vendôme, Vauban et de plusieurs officiers généraux. Elles sont très importantes en ce sens qu'elles prouvent abondamment les divergences de vues sur la façon de mener le siège, sur la question de livrer bataille dans les lignes ou en rase campagne quand les ennemis accourent, etc. — Ces documents complètent ceux publiés par Pelet, ' Mémoires militaires.. .
Des lettres de la duchesse de Bourgogne au duc de Savoie, son père, ont été pub. p. P. Boselli, Atti Tor., 1891-1892, t. XXVII, p. 47(1 : elles vont de 1698 à 1712 et réfutent l'accusation, portée contre la duchesse, d'avoir trahi la France.
Voir : — A. Manno, Mise. stor. il., 1878, 2e série, t. II, p. 359 (bibliog.); — Callegari, L'assedio di Torino del 1706, Venise, 1893, in-8°; — Riv. stor. Haï., 1900, 3e série, t. V, p. 4G6-467 (analyse d'ouvrages); — G. B. Francesia,
L'assedio e la liberqzione di Torino, San Benigno Canavese, 1907, in-8°; — Ferrero, Contessa, etc., Campagne di guerra in Piemonte e l'assedio di Torino, Turin, 1907-1908, in-8°, 4 vol.; — Antonio Manno et Vincenzo Annando, Bibliografxa delV assedio di Torino dell' anno 1706, Turin, 1909, in-4°, 55 ]>. (bibliog. importante); — chapitre Sources étrangères.
— Berwick. Mémoire pour servir à la défense des frontières de Provence, Dauphinè et Savoie, pub. p. la vicomtesse de Vaulchier, N. Rev., 1891, t. LXIX, p. 267-281. — Lettres, pub. p. A. Templier, Bul. Soc. H. Alpes,, 1883, t. II, p. 119, 199 et 337.
Le mémoire, présenté au roi le 23 novembre 1709, est fort long • Berwick y examine toutes les éventualités possibles pour empêcher les ennemis' de franchir la frontière. Les cinq lettres, du 28 juillet au 15 octobre 1710, éclairent et complètent le mémoire : elles sont adressées au lieutenant-colonel La Motte de Lapeyrouse et à d'autres officiers pour leur ordonner les mesures qu'il convient de prendre. L'ensemble présente un réel intérêt.
Voir : — Valot, Les opérations militaires sur la frontière de Savoie et du Haut-Dauphiné au XV II Ie siècle, Paris, 1896, in-8°, 68 p.; — Journ. Se. milit., 1899, 10e série, t. III, p. 463-476; — E. de Rossi, Riv. milit. ital, 1897, t. XLI1; — Borson, Mém. Acad. Sav., 1897, 4e série, t. VI, p. xvn.
3985. PYRÉNÉES et PROVENGE. — Pour les Cévennes et la révolte des Camisards, v. chapitre Histoire religieuse, Protestantisme.
— Documents, pub. p. de Lassus, Rev. Com., 1893, t. VIII, p. 223-300.
Les pièces les plus importantes sont les lettres de l'intendant Le Gendre, des lieutenants généraux de Rozel et d'Arpajon : elles décrivent la situation du pays de Gomminges et les mesures de surveillance prises sur la frontière pyrénéenne; elles embrassent la période 1701-1715.
— Documents, pub. p. l'abbé F. Marsan, Bul. Soc. Ramond, 1910, t. V, p. 21-41.
Ges documents divers, de 1701 à 1719, intéressent la vallée d'Aure : il s'agit de questions d'argent, de réquisitions, d'impositions extraordinaires, de levées d'hommes, etc.; en somme, situation très malheureuse des habitants.
— Donneau de Vizé. Histoire du siège de Toulon où l'on voit les
louis xiv, 1679-4715. 375
raisons politiques qui ont fait agir ceux qui l'ont entrepris et tout ce qui s'est passé depuis le jour que M. de Savoie est entré en Provence jusqu'au jour qu'il en est sorti, avec un plan qui n'a point encore été vu, Paris, 1707, in-i°.
C'est le Père Lelong qui attribue cet ouvrage à Donneau de Vizé. L'auteur déclare avoir fait toutes sortes de recherches pour être informé « non seulement de tout ce qui s'est fait dans le cabinet, qui a regardé l'invasion des alliés en Provence, mais aussi de toutes les actions qui se sont passées », et il assure même qu'il a vu à peu près tout ce qui a été écrit sur ce sujet.- Et, de fait, au cours de son récit, il publie toutes sortes de documents contemporains, relations, lettres de Louis XIV et de divers, listes d'officiers, chansons françaises et provençales, dont certaines sont spirituelles, sur la retraite du duc de Savoie, des odes même. 11 est évident que tout n'est pas à retenir : néanmoins l'ouvrage est fort intéressant. — Comparer avec le Mercure d'octobre 1707.
— Documents, utilisés ou pub. p. Ch. Landet de LaLonde, Siège de Toulon par le duc de Savoie en 1707, Toulon, 1834, in-8°, 167 p.
• C'est l'ouvrage auquel les écrivains postérieurs ont toujours recouru. L'auteur, en effet, publie, à partir de la page 87, des pièces inédites très variées. Ce sont des extraits de relations écrites par le consul Ferrand, le chevalier Bernard, — des délibérations du conseil de ville de Toulon, — des lettres de Louis XIV, Chamillart, Pontchartrain, etc., — une liste des officiers de mer et de terre, — une chanson. Le tout est très utile.
— Documents, pu)), dans Rev. hist. Prov., 1901, t. I, p. 338, 413. 579 et 546.
Rares extraits de la relation du consul Ferrand, et d'une autre duc à un aide de camp.
— La Blottiere (de). Mémoire historique, pub. p. A. de Rochas, Bul. Soc. //. Alpes, 1888, t. VII, p. 101.
Cet ingénieur servit dans les Alpes de 1707 à 1713. Il divise son mémoire en six campagnes : résumé fait avec clarté et qui doit être retenu.
' — Lettres, pub. p. A. de Roislisle, édit. des Mémoires de Saint- Simon, t. XV, appendice 5, p. 525-535.
Lettres écrites par l'évèque de Fréjus, Fleury, et Chamillart, de juillet à septembre 1707, au moment de l'invasion ennemie en Provence : elles donnent des renseignements >>ur la marche des Piémontais et des Impériaux; elles prouvent que l'évèque avait quitté Fréjus avant leur arrivée et qu'il n'a donc pas chanté le Te Deum en l'honneur du duc de Savoie, comme l'en a accusé Saint-Simon.
— Grignan. Lettres : n° 1281.
— Saint-Pater (Jacques Le Coustellier de). Journal du siège de Toulon.
Saint-Pater commandait à Toulon en 1707 et avait rédigé un Journal. Celui-ci, encore inédit, se trouve, avec d'autres documents, au château du Yal-Pineau dans la Sarthe; — v. Bul. Com. Hist., 1894, p. 450.
— Relation du combat de Sainte-Catherine, insérée dans les Mémoires de Sourches, t. X, p. 383-385.
Sourches déclare que cette relation lui « parut la plus naturelle ». Ecrite simplement, elle rend compte, avec précision et clarté, d'une attaque ordonnée par ïessé, le 14 août 1707, contre les postes ennemis, installés devant Toulon.
— Documents, pub. p. Mireur, Bul. Com. Hist., 1806, t. IV, p. 319.
En 1714, les habitants de Nice envoyèrent au duc de Savoie, alors roi de Sicile, pour le remercier d'avoir épargné leur ville en 1707. Les délégués adressent la relation de leur entrevue à Fleury; d'après eux, le duc de Savoie attribue la levée du siège de Toulon à la menace, faite par Charles XII de Suède, d'envahir la Bohème et la Silésie : curieux, mais peu vraisemblable.
— Documents, publiés dans C. Soc. Sav. Prov., 1910, t. Il,
Ce sont un extrait d'une relation d'un habitant de Signes, — un autre, plus important, du registre des délibérations communales, — une lettre des consuls à Chamillart. Ces pièces montrent à la fois la courageuse résistance des habitants, l'échec des ennemis en Provence, et la misère qui en est résultée pour le pays.
— La folle entreprise du duc de Savoie, pub. p. A. N. Emmanuel, Nice hist., 1909, t. XII, p. 306.
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Une des chansons composées en 1707 après l'échec de Yietor- Amédée II : spirituelle, gaie, elle rappelle, plus que les autres, les souvenirs historiques et cite des noms.
Voir : — G. Lambert, Histoire du siège de Toulon en 1707; — de Saporta, La famille de Madame de sêvigné en Provence, 1889, in-8° (rôle de Grignan) ; — Œst. Milit. Zeil., 1825; — Teytor de Ravisi, Ann. Soc. Loire, 1877, t. XXI, 1>. 3-1 i 4. 177-184; — G. de Grossouvre, Bul. Soc. Draguignan, 1888-1889, t. X VIII, p. 317.
3986. ESPAGNE. — Lettres, pu h. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XII, appendices 4 et 5, p. 534-540.
(les lettres de Louville et de Mine des Ursins à ïorcy et à Beauvilliers, du 18 juillet au 17 octobre 1703, dépeignent la situation de l'Espagne, son dénuement, ses besoins, l'inertie générale, etc. Les deux lettres qui suivent, écrites par Ghamillart et Torcy le 27 septembre, ont trait sans doute à un conflit d'attributions entre ministres : toutefois celle de Ghamillart peut être utilisée, parce qu'elle renseigne sur plusieurs événements.
— Daurée : v. n° 3983.
— Relation contenant la prise et réduction de la ville de Cart/iagène et de plusieurs places soumises à l'obéissance du roi d'Espagne par l'armée du roi, commandée par M. le maréchal duc de Berwîck slnd., in-4°, 4 p.
Assez mal rédigée et désordonnée : mais des renseignements et des dates sur les opérations menées en 1706 par Berwick dans diverses parties de l'Espagne. — Doit être complétée par une Lettre écrite de Londres contenant une relation de la campagne de 1706 en Espagne, Cologne (Hollande), 1707, in-12°.
Voir : — Œst. Milit. Zeil., 1839.
— Relation contenant la victoire remportée par l'armée du roi, commandée par M. le maréchal duc de Berwick. contre les Anglais, Hollandais et Portugais, slnd., in-4°, 4 p.
Détails sur la bataille d'Almanza et aussi nouvelles sur la situalion en Espagnej brièveté excessive.
— Description de la bataille d'Almanza, le 2.) avril 1707, pub. dans Bibliothèque militaire, historique et jwlitique, Cosmopolis (Paris), 1760, in-l2\ t. III, p. 257-289.
Cette description a été composée d'après lés mémoires du marquis d'Asfeld, encore inédits et se trouvant au British Muséum. Asfeld a pris une grande part à la bataille d'Almanza : il raconte ce qu'il a fait et n'hésite pas à signaler les fautes commises. Son compte-rendu, complet et exact, est important.
— Lettres relatives à la bataille d'Almanza, pub. p. Lecestre, édit. des Mémoires de Saint-Hilaire, t. V, appendice 1, p. 271-277.
Quatre lettres, dont deux de Philippe d'Orléans, qui regrette d'arriver après la bataille : elles n'ajoutent que quelques détails.
Une lettre de Philippe d'Orléans et la réponse de Chamillart ont été pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XIV, appendice 17, p. (328.
Voir : — Maldonado-Macanaz, liev. tient, milil., 1886, 3e série, t. III, |». 49; — Œst. Milil. Zeil., 1839.
— Lettre du roi en action de grâces de la prise de Lërida en Espagne..., Paris, 1707, in-4°, 4 p.
Ne donne pas beaucoup de détails sur cette conquête des Franco- Espagnols commandés par Philippe d'Orléans (13 octobre). Pour la bibliographie, v. Mémoires de Saint-Simon, édit. A. de Boislisle, t. XIV, p. 428etsq., notes.
— Lettre du roi en action de grâces de la prise de Tortose.... Paris, 1708, in-4°, 4 p.
Même genre que le précédent : opération du 11 juillet 1708. — Pour la bibliographie, v. Mémoires de Saint-Simou, édit. A. de Boislisle, t. XVI, p. 165, note 4.
Voir : — Œst. Milil. Zeit., 1840.
— Lettres, pub. p. Baudrillart, Rev. hist., 1890, t. XLIII. p. 1 et 241.
Extraits de lettres de Louis XIV, Philippe V, Chamillart, Philippe d'Orléans, ambassadeur de France à Madrid Amelot : elles sont relatives aux intrigues du duc d'Orléans qui finit par être rappelé.
Voir : — Œst. Milil. Zeit., 1842.
— Gayot de Pitaval. Histoire des combats dWlmenar et de Peu-
louis xiv, 1679-1715. 379
nul va, des batailles de Saragosse, de Villaviciosa et du siège de droite, imprimée à la suite de la Campagne du maréchal de Villa rs en (712 ip* 3982).
Dédicace emphatique au duc d'Ossuna, délégué espagnol au congrès d'Utiecht. L'auteur fait le récit des événements de 1710-1711, depuis le combat indécis d'Almenara (27 juillet) jusqu'à la bataille de Villaviciosa (décembre) et au siège de Girone (1711). Il s'attache surtout à décrire les mouvements des armées, et, à cet égard, son livre est utile.
— Relation du combat d' Al menar, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 4, p. 402-404.
Cette relation, envoyée par Blécourt le 4 août, a été rédigée par un témoin oculaire, un officier, qui a pris part à ce combat du 27 juillet 1710. L'auteur s'efforce d'expliquer les causes de l'insuccès : l'infanterie espagnole, prise de panique, a jeté ses armes sans combattre, la cavalerie a sauvé l'honneur. Relation courte, mais intéressante.
— Lettres sur la bataille de Saragosse (20 août 1710), pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 4, p. 404-407.
Deux lettres adressées au secrétaire d'état de la guerre Voysin. Le marquis de Bay, qu'on rendit responsable de la défaite, se justifie en exposant l'état piteux des troupes espagnoles et leur manque de courage. Le comte de Mahony dresse le compte-rendu détaillé de la bataille et arrive à peu près aux mêmes conclusions que le marquis de Bay.
— Documents, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 4, p. 407-419.
Ce sont des lettres de Vendôme, de Philippe V, de sa femme, etc., d'août à décembre 1710. Elles sont intéressantes parce qu'elles montrent la situation fâcheuse de l'Espagne, l'occupation de la capitale par les alliés, etc., au moment où Vendôme est envoyé dans la péninsule.
— Belleiuve (chevalier de). Histoire des dernières campagnes de S. A. S. Monseigneur le duc de Vendôme, qui contient la fidélité héroïque des Espagnols au service de Philippe V, les divers événe-
ments qui se sont passés en Espagne depuis l'arrivée de M. de Vendôme jusqu'à sa mort, Paris, 1714? in-12°, 479 p — Aut édit •
Sur Fauteur, nos 3980 et 3982. — L'auteur décerne des éloges à tout le monde, et le ton laudatif ne fait que s'accentuer à la fin. Cependant Bellerive est un témoin oculaire, il a été blessé à Villaviciosa et il a eu en mains les papiers de Vendôme. Il convient donc de consulter son ouvrage, en particulier pour le récit de la bataille de Villaviciosa.
Bellerive a ajouté à son livre des lettres adressées à Vendôme, de 1694 à 1710, par Louis XIV, Philippe V, la reine d'Espagne, Mnie des Ursins, à propos de ses nominations et de ses succès. Cf. les lettres de félicitations pub. p. A. deBoislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 4, p. 433 et sq. — Dans toutes ces pièces, on aura peu à glaner.
Voir : — Le duc de Vendôme en Espagne, précis historique de sa vie et de ses campagnes, par un ancien militaire, Paris, 1824, in-8°.
— Sur la bataille de Villaviciosa, les documents français sont assez nombreux. Ils sont publiés dans :
1° Lettres historiques contenant ce qui s'est passé de plus important en Europe et les réflexions convenables à ce sujet, La Haye et Amsterdam, in-12°, t. XXXIX. — P. 87, Relation publiée par la cour de France : elle est très détaillée, mais ressemble beaucoup à celle qu'envoya Philippe V à Louis XIV et à celle que Maldonado- Macanaz a traduite en espagnol, Rev. aient, milit., 1886, 3e série, t. III, p. 56. — P. 93, Lettre du secrétaire de Vendôme; datée du 22 décembre 1710, elle rend un compte exact des deux combats qui ont eu lieu successivement et ont abouti à la défaite des Anglais et des Impériaux. — P. 98, Relation écrite de Paris, le 6 janvier 1711 (?) : celle-ci est beaucoup plus réservée, elle affirme moins catégoriquement la victoire franco-espagnole et fait même l'éloge de Stahren-
berg.
2° Saint-Simon, Mémoires, édit. A. de Boislisle, t. XX, appendice 4, p. 420 et sq. — Lettre de Vendôme à Voysin du 11 décembre : résumé succinct, dans lequel Vendôme attribue tout l'honneur à Philippe V, par courtoisie évidemment. — Lettre du comte
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de Mahony à Voysin du 14 décembre : l'auteur a pris part aux deux actions, explique les manœuvres et. déclare que la victoire de Villaviciosa est due à ses efforts et à son initiative. — Lettre du chevalier de Bourck à Voysin du 18 décembre : s'efforce d'expliquer les causes de la défaite de Stahrenberg et l'attribue à la faible résistance de Stanhope à Brihuega. — Lettre du marquis de Thouv à Voysin du 18 décembre : a commandé l'attaque de Brihuega et a été blessé; prend part quand même à la bataille de Villaviciosa, mais n'en rend guère compte, préoccupé seulement de parler de son sort personnel. — Relation extraite des Mémoires de Sourclies : ajoute quelques détails. — P. 420, texte de la capitulation de Stanhope à Brihuega. — P. 433 et sq., lettres de félicitations à Vendôme : v. ci-dessus.
Voir : — Œst. Miiit. Zeit., 1843; — R. Bittard des Portes, Car. Hist. LU., 1899, t. IV, p. 12-26, et Rev. Quest. Mr., 1898-1899, t. î, p. 489-496; — chapitre Sources étrangères.
— Delorme. Journal d'un capitaine de mineurs, pub. dans C. S., 1896-1898, t. IV, V, VI.
Ce journal est relatif surtout à la campagne faite en Espagne par Vendôme et fournit des détails nombreux et excessivement précis sur les opération en Catalogne en 1711. L'auteur a assisté à tous les événements qu'il rapporte et a rédigé pour lui seul son journal : « Ce que j'écris, dit-il, ne sera jamais imprimé, il n'y a pas matière pour le mettre au jour : dès lors, pourquoi me refuserais-je le plaisir d'écrire et ce que je pense et ce que j'ai vu. » Delorme est trop modeste. Son journal mérite l'impression, non seulement à cause des renseignements précieux qu'il contient, mais surtout à cause de la sincérité constante et de la franchise du narrateur. Celui-ci se montre même très différent de beaucoup de ses contemporains par la sensibilité morale qu'il possède à un haut degré : il est hostile à toutes les cruautés que la guerre ne rend pas indispensables, il s'élève fortement contre les violences des officiers, etc. En somme, ce journal est à la fois une mine de renseignements et une curieuse peinture de la vie militaire.
— Relation de la prise de Girone par l'armée du roi, commandée par M. le duc de Xoailles, Toulouse, sd., in-4°, 8 p.
Relation écrite au camp par un officier le 24 janvier 1711. Elle donne des détails intéressants sur les préparatifs de l'assaut et sur l'assaut lui-même. — Elle est" heureusement complétée par les lettres du duc de Noailles à Vendôme, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 4, p. 441-442, et appendice 5, p. 534-537. Dans la première, Nuailles expose les travaux et l'avancement du siège; dans les deux autres, la prise de Girone et les projets que le duc forme pour continuer la campagne. — Le texte de la capitulation est dans les Lettres historiques {y. cidessus), t. XXXIX, p. 339-347.
Voir : — Œst. Milit. Zeit., 1844.
— Lettres sur les affaires d'Espagne en 17 lé, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXIV, appendice 5, p. 428-449.
Lettres du 1er janvier au 20 août 1714, écrites par Louis XIV, Philippe V, Torcy, Mme des Ursins, l'ambassadeur de France à Madrid marquis de Brancas, etc. Elles se rapportent à la mort de la reine d'Espagne, à l'influence combattue de Mme des Ursins, à l'envoi de Berwick pour assiéger Barcelone, etc.
— Viguier (Jacques, chevalier de), 1680-1729. Lettres, pub. p. J. Audouard, Le siège de Barcelone en 17 M raconté par un Artésien à un Arlésien, Paris, 1910, in-8°, 30 p. (extrait de C. Soc. Sav. Prov., 1910, t. II, p. 85-110).
Officier dans la marine royale, il la quittera pour se faire religieux : neveu de l'évêque de Castres, Quiqueran-Beaujeu, il lui adresse, pendant le siège de Barcelone, du 13 juillet au 11 septembre 1714, dix lettres, sorte de rapports hebdomadaires sur les opérations militaires : la précision est extrême et la valeur indéniable.
— Amaùlry (Thomas). Histoire de la dernière révolte des Catalans et du siège de Barcelone, Lyon, 1714, in-12°, 355 p. — Aut. édit. ': 1715.
Ce livre est dédié au maréchal de Berwick : il est bien fait, clair et fournit beaucoup de renseignements variés, politiques et militaires. Il parut aussi un Journal historique du siège de Barcelone, 7 juillet- 11 septembre 17 lé, tiré de plusieurs relations espagnoles
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et françaises , slnd., in-12", 72 p. Si l'on compare ce récit à celui de Y Histoire de la dernière révolte..., on constate qu'il est à peu près le même: citation dès personnages, phrases semblables, chronique quotidienne d'une précision identique, quelques modifications de (orme seulement. On peut donc supposer avec vraisemblance que le Journal est une première édition et Y Histoire une seconde, revue, augmentée et s'étendant à toute l'affaire de la Catalogne, révoltée et soumise.
Compléter avec les extr. de lettres de Louis XIV, Philippe V, etc., insérés par S. Sanpere y Miguel dans son ouvrage Fin de la nation catalana, Barcelone, 1905, in-4°, 693 p. (bibliog. importante).
Voir : — (Est. Milit. Zeit., 1845; — Joaquin de La Llave, El silio de Barcelona en 1713-1714, Madrid, 1903, in-8°, 268 p. (nombreuses citations de sources).
3987. GUERRE NAVALE. — Pour la guerre navale hors d'Europe, v. chapitre Histoire maritime et coloniale.
— Relation, pub. dans Bul. Soc. Finistère, 1884, t. XI, p. 57. Un anonyme, qui était « du nombre des assiégés et en âge de
porter les armes », décrit l'arrivée de la flotte hollandaise devant Belle-Isle, Houat et Hœdik en 1701-1702 : il raconte, avec détails et un réel talent d'observation, les diverses péripéties et la retraite des ennemis.
— Lettres sur le désastre de Vigo, 1702, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. X, appendice 19, p. 533-535.
Ce sont des lettres de Louis XIV, la reine d'Espagne, Mmc des l'rsins, du 31 octobre au 10 novembre 1702 : elles montrent toute retendue du désastre, causé par l'incendie des galions.
Voir : — Calmon-Maison, Rev. D. M., 1903, mai, p. 112; — Jal, Abraham Duque&ne, t. II, p. 359-3(31; — (Est. Milit. Zeit., 1835.
— Ricouart (de). Relation du combat naval de Lisbonne, 22 mai 1703, pub. p. Ravaisson, Archives de la Bastille, t. XI, p. 94-95.
Relation officielle adressée à Pontchartrain. Combat de deux heures livré par le comte de Coëtlogon aux Hollandais qui escortaient un grand convoi : défaite totale des ennemis. Le récit est à la fois succinct et clair.
— Documents, pub. p. H. Glotin, Bul. Ass. Bref., 1898, 3e série, t. XVII, lpe partie, p. 273.
Publication de deux délibérations de la paroisse de Batz et de la ville du Croisic, qui constatent l'émotion soulevée par l'apparition de la flotte anglo-hollandaise qui, du reste, n'a tenté aucune entreprise (1703).
— Duquesne-Mosnier (Abraham), 1654?-! 726. Rapport sur la surprise d'Aquilée, inséré dans le Mercure d'août 1703, p. 94-104;
Neveu de Duquesne, ce chef d'escadre croisait en juillet 1703 dans la mer Adriatique : il opéra subitement une descente, fit attaquer Aquilée et brûler ses magasins, portant ainsi un grand préjudice aux ennemis.
Voir : — Jal, Abraham Duquesne, t. II, p. 567-574.
— Lettres sur la bataille de Velez-Malaga, pub. p. A; Communay, Ann. Fac. Bord., 1884, nouvelle série, t. I.
Ce sont des lettres du comte de Toulouse et de l'ambassadeur en Espagne, duc de Gramont. Elles expliquent longuement les mouvements, les effectifs en présence, la bataille, les raisons qui en empêchèrent la reprise (1704).
Il faut les confronter avec divers rapports dus à des officiers généraux et dont les principaux sont les suivants : — Yillette (marquis de), Lettre à Pontchartrain du 25 août 1704, pub. p. Monmerqué, édit. des Mémoires, p. 349-354 : s'étend beaucoup plus que dans ses Mémoires sur l'action de l'avant-garde qu'il commandait. — Infreville (chevalier d'). Détail de la conduite qu'il a tenue dans le dernier combat naval, commandant les six premiers vaisseaux à la tête de l'avant-garde de l'armée, slnd., in-16°, 22 p. C'est le récit détaillé de toute la bataille et il est clair malgré tous les multiples incidents qui sont rapportés : par suite, fort utile. — Sourdeval. Rapport adressé à Pontchartrain, pub. p. E. Sue, Histoire de la marine française, t. V, p. 280. L'intérêt de ce rapport consiste surtout dans le fait que l'auteur regrette que le comte de Toulouse n'ait pas recommencé le combat le lendemain.
Voir : — Ch. de La Roncière, La bataille de Velez-Malaga et ses conséquences, Paris, 1924, in-8°, 24 p.; — Poggi, Mem. stor. ital., 1901; — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XII, p. 216, note 5; — Tamizey de Larroque, Rev. cril., 1885, p. 433.
— Forbin (Claude, comte de), 1656-1733. Lettres, pub. p. Lecestre, édit. des Mémoires de Saint-Hilaire, t. V, appendice H, p. 278-286.
Ces deux lettres sont les rapports adressés à Pontchartrain par Forbin sur ses expéditions maritimes en 1707. La première (14 mai) raconte le combat livré dans le Pas de Calais à la flotte anglaise qui escortait un convoi : prise de deux vaisseaux de guerre et de dixhuit bateaux marchands. La seconde (24 septembre) a trait à une expédition en Laponie russe pour contrecarrer le commerce anglais et hollandais : capture ou destruction de nombreux bateaux ennemis.
Voir : — n° 883; — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XV, p. 189, notes 5 et 6, et p. 190, note 3.
— A melot (Michel), 1655-1724. Lettres, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XVI, appendice 12, p. 652-
Six lettres adressées à Desmaretz en septembre-octobre 1708. Le diplomate informe le ministre de l'arrivée de la flotte espagnole et surtout des expéditions de l'amiral anglais Leake contre la Sardaigne et Minorque, où les habitants ont trahi la cause de Philippe V.
— Relation de ce qui s'est passé dans la descente que les ennemis ont faite au port de Cette, Montpellier, 1710, in-4°.
Il s'agit d'un débarquement de troupes anglaises sous les ordres d'un ancien major français, Gautier de Seissan, qui avait été cassé. La tentative pour occuper Agde fut inutile : au bout de cinq jours, les renforts amenés de Perpignan par le duc de Noailles forcèrent les ennemis à se rembarquer. Sur tous ces faits, la relation donne des détails d'une grande précision.
Voir : — A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, p. 99, note 4 (bibliog.).
— Documents inédits sur les corsaires, pub. p. P. Demolière, Les corsaires dunkerquois sous Louis XIV, Paris, 1909, in-8°, 32 p. (extr. des Mèm. Soc. Dunk., 1909, t. XLIX, p. 5-127).
Vingt documents, rapports des capitaines de divers navires,
adressés au lieutenant-général de l'amirauté sur leurs opérations navales : ces rapports vont du 18 janvier 1710 au 26 octobre 1711 et renseignent exactement sur des faits de médiocre envergure, mais qui montrent l'activité de la marine.
3988. NÉGOCIATIONS, TRAITÉS D'UTRECHT et DE RAS- TADT. — Histoire des négociations secrètes de la France avec la Hollande qui précédèrent le traité d'Utrecht, dans Grifîet, Histoire de Tancrède de Rohan, Liège, 1767, in-12°, p. 121-237.
L'auteur anonyme, favorable aux alliés, présente son recueil de documents comme un « supplément » aux mémoires de Torcy. Il est exactement et abondamment informé. Il connaît et publie des pièces officielles, p. ex. l'instruction à Huxelles et Polignac du 4 mars 1710, et surtout il utilise une relation manuscrite de La Blinière, qui accompagna ces négociateurs en Hollande comme secrétaire et fut chargé par Torcy de rédiger un exposé 'des pourparlers (v. Recueil des Instructions, Hollande, t. II, p.v 224, note 5). Cet ouvrage, qui embrasse la période 1705-1710, sera donc très utile.
— Lettres, pub. p. Legrelle, Une négociation inconnue entre Berwick et Marlborough, Paris, 1893, in-8°.
Lettres de Berwick, Torcy, Chamillart, Boufflers, Marlborough, etc., sur ces négociations secrètes de 1708-1709, qui n'aboutirent pas. — Cf. Ed. Rev., 1894, t. CLXXX, p. 158 et sq.
— Louis XIV. Lettre aux gouverneurs de province.
Cette lettre du 12 juin 1709 a été souvent publiée, en particulier par A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XVII, appendice 10, p. 605-607. Elle annonce l'échec des négociations en Hollande, en rejette la responsabilité sur les prétentions exagérées des ennemis et fait appel à la nation.
— Recueil de diverses pièces touchant les préliminaires de paix proposés par les alliés et rejetés par le roi, Paris, 1709, in-8°.
Ce recueil a été quelquefois attribué à Donneau de Vizé. Il contient le récit des incidents qui suivent le retour de Torcy en France, — la lettre du roi du 5 juin 1709 pour exposer la situation sous un jour favorable et raffermir le courage, — le commentaire sur les préliminaires, — le texte du manifeste de Louis XIV, — et des lettres donnant des nouvelles de Hollande et d'Angleterre. Le tout forme un ensemble intéressant.
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— Pièces curieuses sur les dernières négociations de paix tenues à Gerlruydenberg, slnd., in-4°, 16 p. — Publié aussi dans Actes, mémoires et autres pièces authentiques (v. ci-dessous).
Contient la lettre de rupture envoyée par Huxelles etPolignac (20 juillet 1710), — et deux extraits du registre des délibérations des Etats-Généraux des Provinces-Unies. Par le premier (23 juillet), ceux-ci déclarent qu'il n'y aura plus de conférences avec la France ; par le second (27 juillet), ils s'efforcent de rétorquer les arguments des plénipotentiaires français et, dans ce but, résument toutes les négociations. Ce dernier extrait est vraiment, comme l'indique le titre de l'ouvrage, une pièce curieuse.
— Mémoire au roi tendant à proposer une nouvelle voie pour parvenir à la paix avec les Hollandais, ledit mémoire donné le 20 septembre 1710, depuis le retour des plénipotentiaires de Sainte- Gertruydenberg, pub. p. À. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XX, appendice 3, p. 399-401.
Ce mémoire aurait pour auteur un gentilhomme auvergnat, Blau ou Blauf, marié avec une Hollandaise convertie et agent secret : il fut communiqué à Pontchartrain et ensuite à Torcy. L'auteur y propose un partage de la monarchie espagnole, prétendant que les Hollandais consentiraient à donner à Philippe V les royaumes de Naples, de Sicile et de Sardaigne, et demandant l'ouverture d'une négociation secrète sur ces bases.
— Maine (duc du). Mémoire sur la mort de l'Empereur, présenté au roi le 7 mai 1711, pub. p. A. de Boislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXI, appendice 5, p. 450-456.
Le duc du Maine examine les conséquences que peut avoir la mort de Joseph Ier, en particulier pour la France. Si l'archiduc Charles veut devenir empereur, il devra abandonner la Catalogne et, par suite, rendre la situation en Espagne plus avantageuse : dans ce cas, il serait utile que la France lui fît des avances. De même, pour attirer le duc de Savoie, l'Espagne lui céderait le Milanais. Les Hollandais seraient ainsi amenés à entamer des négociations nouvelles. La France n'aurait pas à les précipiter par une offensive hardie : « Il faut attendre et écouter pour se faire craindre. »
— Relation du voyage que fit M. Pr. [Prior], gentilhomme an-
y lais, à la cour de France, en juillet 1711, au sujet de la négociation de la paix, Cologne (Hollande), 1711, in-12°. — Aut. édit. : 1712, 1713.
C'est le début des négociations avec l'Angleterre : l'auteur anonyme paraît bien informé.
— Torcy. Mémoire, pub. p. L. G. Wickham Legg, Eng. hist. Rev., 1914, t. XXIX, p. 525-532.
Mémoire rédigé au sujet des négociations avec Mat. Prior en juillet 1711 à Fontainebleau : sur les journées des 21 et 22, il fournit des renseignements beaucoup plus étendus et plus complets que ceux que l'on trouve dans les mémoires du ministre français.
— Documents inédits, pub. p. M. Sautai, Bul. Com. Nord, 1909, t. XXVII, p. 281-288.
L'intendant de la Flandre, Bernières, dans une lettre à Voysin du 14 octobre 1711, annonce que Marlborough désire avoir une entrevue avec Fénelon, dont il fait l'éloge. Le 18, le ministre refuse d'entamer des négociations pour ne pas éveiller les soupçons et les clameurs des Hollandais.
— Conditions offertes et demandées par le roi Très Chrétien pour la paix à faire avec la maison d'Autriche et l'Empire, pub. p. de Courcy, La coalition de 1701 contre la France, t. I, p. 497-500.
Texte des propositions faites par Huxelles et Mesnager le 1 1 avril
— Relation de l'entrée de M. le duc d'Aumont, ambassadeur extraordinaire de France à la cour de Londres, le 12 juillet 1713, dans Curiosités historiques ou Recueil de pièces utiles à l'histoire de France et qui n ont jamais paru, t. II, p. 264-290.
Reprise des relations avec l'Angleterre : précision extrême et détails fort nombreux sur la cérémonie ; harangue de l'ambassadeur français.
— Fénelon. Lettre au duc de Beauvillier, pub. p. A. deBoislisle, édit. des Mémoires de Saint-Simon, t. XXIV, appendice 2, p. 418-
Cette lettre, du 7 octobre 1713, rend compte des conversations que l'archevêque de Cambrai a eues avec le diplomate hollandais E. Pesters. Elle est suivie d'un mémoire que le duc de Beauvillier
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pourrait présenter au roi et à Torcy et dans lequel Fénelon expose ses vues sur les conjonctures présentes.
— Actes, mémoires et autres pièces authentiques concernant la paix d'Utrecht depuis l'année 1700 jusqu'à présent, Utrecht, 1713, in-12>, 3 vol. — Aut. édit. : 1711-1715, 6 vol., — 1723, 5 vol. in- 18°.
Recueil attribué, mais sans raisons probantes, à G. Freschot : analogue à celui publié à propos de la paix de Ryswick. Il y a là une masse de pièces, pour la plupart documents officiels, dont la transcription serait à vérifier, mais dont l'intérêt- est grand.
— Freschot (Casimir). Histoire du congrès et de la paix d' Utrecht, comme aussi de celles de Rasladt, et de Bade, contenant les particularités les plus remarquables et les plus intéressantes desdites négociations depuis les premières ouvertures jusqu'à la conclusion de la paix générale, Utrecht, 1716, in-12°, 503 p.
L'auteur, né à Morteau vers 1640, bénédictin d'abord, quitta la Franche-Comté lors de la conquête française en 1674. Après un long séjour en Italie, il abandonna la vie monastique et, en 1704, alla enseigner à Utrecht les belles-lettres et l'histoire. Il y publia de nombreux ouvrages de divers caractères, puis redevint bénédictin et alla mourir à Luxeuil en 1720.
Son histoire du congrès d'Utrecht a de la valeur à cause des pièces qui y sont insérées. Mais il faut faire des réserves sur les jugements de l'auteur qui est peu favorable à la France et écrit au moment où les passions politiques ne sont pas encore éteintes. Dom Calmet, Bibliothèque de Lorraine, supplément, col. 23-25, émet des doutes sur l'exactitude du compilateur. L. Delavaud (Scènes de la vie diplomatique au XVIIIe siècle, Paris, 1914, in-4°) dit que l'auteur « avait à sa disposition des documents authentiques, savait les ordonner et écrivait ». Cette opinion est exacte : Freschot était le type du pamphlétaire sans l'être réellement.
— Documents, pub. p. 0. Weber, Der Friede von Utrecht, Gotha, 1891, in-8°, 485 p.
Extr. de lettres de Louis XIV, Torcy, Mesnager, abbé Gaultier : en outre, documents étrangers.
• — Documents, pub. p. Ch. Giraud, Le traité d'Utrecht, Paris, 1847, in-8°, 191 p.
Nombreuses pièces justificatives extraites le plus souvent du Corps diplomatique de J. Dumont et des Actes, mémoires et pièces authentiques (v. ci-dessus).
Voir : — W. Gérard, The peace of Utrechl, Londres, 1835, in-8°; — J. Maintrieu, Le traité d'Utrecht et les polémiques du commerce anglais, Paris, 1909, in-8°, 152 p.; — O. Weber, Deuts. ZeiL, 1892, t. VIII, p. 273-310; — Hyrvoix de Landosle, Hev. Quest. HisL, janvier 1923; — prince Sixte de Bourbon-Parme, Le traité d'Utrecht et les lois fondamentales du royaume, Paris, 1924, in-8°, vi-394 p. (nombr. pièces justifie).
10° La fin de Louis XIV.
3989. Bonnac (marquis de). Mémoires dressés depuis la mort du roi sur les affaires étrangères dans les mois de septembre, octobre et novembre 1715, pub. p. Ch. Schefer, Rev. hist. dipL, 1890 et 1891, t. IVetV.
Ces mémoires résument les vues sur la politique extérieure à la fin du règne. Le premier expose les intérêts présents de la France et la situation de l'Europe; le second, très court, porte sur la manière de négocier dans les cours étrangères.
3990. Recueil général des pièces touchant l'affaire des princes légitimés et légitimes, mises en ordre, Rotterdam (Paris), 1717, in-12°, 4 vol.
Recueil de toutes sortes de pièces relatives à cette affaire qui passionna tout au moins la noblesse, en particulier Saint-Simon. Il commence à l'édit de juillet 1714 et à la déclaration du 23 mai 1715. Outre des édits et des déclarations, on trouve là des mémoires, requêtes, défenses, justifications, lettres et réfutations, réflexions, apologies, etc. Par suite, ce recueil est fort commode.
3991. Testament du roi et la régence, slnd., in-18° (non paginé). Comprend le testament du 2 août 1714 et le codicille du 13 avril
Voir : — G. Krohn, Die letzten Lebensjahre Ludiwgs XI V, Iéna, 1865, in-8°, 399 p. (médiocre).